Surmontez le départ de vos enfants en comprenant les raisons de votre souffrance

Dépasser le syndrome du nid vide, c’est un sacré défi. Quand on s’est profondément identifiée à son rôle de mère, que l’on ait une profession ou pas, le départ des enfants est une épreuve. J’ai beaucoup craint moi-même d’en être affligée, tant j’étais attachée à la vie familiale avec mon fils à la maison.

Mais finalement je l’ai tellement redouté que je l’ai aussi très bien préparé et au final la séparation s’est bien déroulée.

Et pour vous, c’est comment ? Vous êtes triste, déprimée, extrêmement sensible et émue à l’idée que votre petit dernier quitte le foyer ? Vous n’arrivez pas à dépasser le syndrome du nid vide, ce sentiment d’abandon, de vide intérieur qui fait que vous n’avez plus aucun but ni aucune joie ?

Vous avez l’impression que plus rien ne pourra remplacer le dévouement que vous avez mis dans votre famille ?

Vous n’êtes pas la seule. Un tiers des femmes connaissent cette phase. D’autant plus que le départ des enfants du cercle familial coïncide souvent avec d’autres étapes cruciales chez les femmes : l’entrée dans la seconde partie de la vie et la survenue de la ménopause.

Examinons quels sont les symptômes physiques et émotionnels induits chez les mères, et quoi faire pour changer de perspective, se sentir bien durablement et dépasser le syndrome du nid vide pour de bon.

1- Comprendre la tristesse qui submerge lorsque les enfants partent

1- Se sentir seule et accablée est plus fort que soi

Le syndrome du nid vide, ou empty nester syndrom, est une forme de dépression qui affecte les mères de familles (parfois les pères, mais beaucoup moins souvent) dont les enfants quittent le foyer familial. Elles ont pu élever elles-mêmes leurs enfants, elles ont pu avoir une activité professionnelle extérieure ou pas et elles ont parfois développé une relation fusionnelle avec eux.

1- Ne plus avoir à s’occuper de personne

Ces mères ont donc consacré une partie importante de leur vie privée à prendre soin de leur famille et s’en sont occupée pendant de nombreuses années. Lorsque le petit dernier part faire ses études ou occuper un emploi, l’absence et le vide glissent irrésistiblement vers une forme d’accablement et de désespoir. 

Plusieurs raisons expliquent cela : le départ d’une personne dont on est très proche et qui a été le centre de notre activité, qui a littéralement rempli le quotidien, ainsi que le changement de rythme que cela suppose. On se sent absolument seule, déroutée, on ne sait pas quoi faire, on n’a aucun projet d’avenir. Le souvenir du passé heureux et affairé surgit à tout moment et empêche de regarder le futur avec sérénité.

2- Ressentir la solitude et la perte de motivation

Certaines d’entre nous n’arrivent pas à ranger la chambre de leurs enfants, ni même à y pénétrer. Elles pleurent toutes les larmes de leur corps, subissent de front l’épreuve de la séparation et sont incapables de se projeter dans un autre rôle que celui de mère.

Cette dépression répond à celle que vivent certaines femmes une fois qu’elles ont accouché, le baby blues, mais les larmes coulent cette fois quand l’enfant quitte le nid.

Dans les deux cas, elles marquent la prise de conscience d’un changement irréversible : l’arrivée d’un enfant, puis son départ. Sans aide, dépasser le syndrome du nid vide peut prendre des mois. Il est vécu comme une rupture très forte, une sorte de deuil, qui se produit souvent au moment de la ménopause, à un âge où nous sentons que nous vieillissons à toute vitesse.

Les bouleversements hormonaux, les changements du corps, l’achèvement d’un cycle familial, la distanciation possible du couple parental, la peur de la solitude et l’entrée de plain-pied dans la deuxième partie de son existence donnent un relief distinct à cette crise intime. C’est la fin définitive d’une époque : on réalise dans la douleur que l’on ne reviendra jamais en arrière.

Si rien ne surpasse les joies de l’amour maternel, rien aussi ne surpasse ses douleurs

Jean-Benjamin de Laborde

2- Surmonter la peur de l’abandon quand les enfants quittent le domicile familial

Deux personnes se détachent, donc les deux doivent prendre part à ce processus. Du côté de l’enfant, il s’agit d’anticiper longtemps avant son départ. Il faut l’inciter à prendre des initiatives, à le laisser gérer ses rendez-vous scolaires, médicaux, à le pousser à organiser lui-même ses déplacements ou à préparer son orientation scolaire.

1- Privilégier l’autonomie des enfants

Savoir qu’il est capable de se débrouiller seul est essentiel, même si cela ne résout pas tout. Laisser partir un enfant immature que l’on a systématiquement protégé des petites et grandes misères de la vie accentue l’angoisse qu’il ne puisse pas s’en sortir tout seul. S’il n’a pas une personnalité indépendante, ou si l’on habite dans une zone du globe où il est impossible de se déplacer ou d’explorer les alentours seul, il faut s’y prendre encore plus longtemps en avance.

On peut lui donner l’habitude de partir en camp de vacances à l’étranger, de faire du bénévolat, de travailler le weekend pour se faire de l’argent de poche, de prendre des responsabilités de façon générale, d’avoir des activités extra-scolaires engageantes qui le font partir régulièrement sans vous. Plus l’échéance approche, et plus il doit s’éloigner, même si vous êtes tentée de le garder plus près de vous.

2- Prendre l’habitude de mener ses propres activités

Ainsi, quand le grand jour du départ arrivera, vous aurez déjà l’habitude de ces mini-séparations. Vous n’aurez pas la crainte que la vie ne s’arrête, mais la certitude de vous revoir bientôt : le départ à l’université ou au travail ne signifie évidemment pas l’arrêt des relations, mais de nouvelles relations, celles que l’on aura avec un nouvel adulte.

De votre côté, programmez un temps privilégié avec votre conjoint, vos parents ou votre meilleure amie. Vous flottez entre deux mondes, l’ancien que vous connaissez bien et le nouveau que vous ne connaissez pas, et vous devez effectuer cette traversée tumultueuse en assurant votre sécurité émotionnelle et votre bien-être. Être accompagnée quelques jours d’une personne de confiance vous permettra de vivre cette transition plus sereinement : vous n’êtes pas seule, vous avez d’autres attaches.

3- Vos routes se séparent, chacun doit faire sa vie

Être mère vous a occupé des années, quotidiennement. Vous serez toujours mère, mais en dehors du quotidien. Il va donc falloir réorganiser votre temps pour que l’énergie que vous déployiez envers votre progéniture s’écoule ailleurs. C’est pour cela que vous allez commencer votre propre reconversion, au moment même où votre enfant entame la sienne.

Tous les deux, lui et vous, allez changer d’orientation. Lui et vous prenez activement en charge cette partie essentielle de votre plan de vie. Vous avez mené cette recherche personnelle de façon concomitante, en vous entraidant, en vous conseillant, en vous faisant confiance.

3- Passer du rôle de mère à une autre mission de vie

Toutes les catégories de femmes peuvent être affectées par le syndrome du nid vide, mais certaines en souffrent davantage que les autres :

1- Les mères expatriées

Les expatriées qui ne travaillent pas sont sur des sables mouvants, puisqu’elles ont consacré toute leur énergie à protéger leurs enfants de la sensation d’abandon vécue lorsqu’on déménage souvent, en développant une vie familiale riche et rassurante pour y pallier. Pour vous, le départ des enfants peut signifier un éloignement géographique significatif : vous n’allez pas vous revoir tous les weekends, et peut-être même qu’une fois par an.

Anticiper et dépasser le syndrome du nid vide sera un vrai challenge. Et vous allez vous retrouver dans ce pays qui n’est pas le vôtre, déstabilisée, dépourvue de confiance en vous, malheureuse et sans repère. Pour vous qui lisez ces lignes, l’appui psychologique et logistique pour reprendre pied est indispensable et efficace, faites-le dès maintenant pour repartir de plus belle.

2- Les mères célibataires

Vivre seule avec ses enfants, c’est porter une responsabilité bien plus grande sur ses épaules que lorsqu’elle est partagée avec un conjoint. Leur départ du foyer est un grand poids en moins, mais un grand vide en plus. On va se retrouver seule le soir devant son assiette pour le diner, idem le weekend. Pour qui n’est pas préparée, l’épreuve de la solitude permanente peut être lourde.

Même si beaucoup d’enfants de couple séparés ont l’habitude de changer d’univers et que les mères ont déjà expérimenté le fait de ne pas vivre avec eux une partie du temps. Pour celles qui ont continuellement leurs enfants à leurs côtés et qui n’ont pas d’autres liens affectifs qu’eux, le choc est rude.

Forcez-vous un an avant leur départ à organiser des activités sociales, à construire des amitiés, à vous inscrire dans de nouveaux groupes, y compris des groupes de parole.

3- Les mères qui travaillent à temps plein

Celles qui travaillent beaucoup souffrent particulièrement : elles n’ont eu que peu de temps à consacrer à leurs enfants et ont souvent culpabilisé pendant des années, même si leur carrière les satisfaisait par ailleurs. Lorsque le dernier enfant de la fratrie s’en va, elles réalisent qu’elles ne pourront jamais rattraper les années perdues.

Cet épisode les remet en situation d’incertitude, avec la sensation de ne pas avoir eu le temps nécessaire, de ne pas avoir été suffisamment présente. Réinvestir dans son couple va permettre à ces femmes de passer le cap, en renouant des liens distendus après des années passées à travailler à l’extérieur et à élever sa famille. Parfois cela ne fonctionne pas et pour certaines, la fin de la famille au quotidien signifiera aussi la fin du couple.

4- Se projeter dans l’avenir pour dépasser le syndrome du nid vide

Tourner le dos au passé et faire des projets, voilà la clé. Pour mieux la comprendre, je vous conseille de réaliser cette petite expérience symbolique, mais marquante.

1- Visualiser sa vie future

Placez-vous devant votre maison ou devant votre immeuble, le dos contre la porte d’entrée, face au dehors. Respirez profondément et regardez franchement vers l’avant.

Vous allez entrer dans un autre monde, votre vie de demain :

  • Quelle est la direction qui vous appelle ?
  • Que vous susurre votre imagination ?
  • Quelles idées traversent votre cerveau ?
  • Dans quel état émotionnel vous sentez-vous ?

Préparez-vous au changement, anticipez le changement, accueillez le changement dans votre cœur. Profitez de la nouvelle vie qui s’offre à vous. 

2- Percevoir l’appel de la nouveauté

Il est temps de penser à votre avenir. Quand vous y êtes vous penchée la dernière fois ?

  • Avant votre bac, dans l’affolement général ?
  • Quand vous avez échoué à un entretien d’embauche pour un job tellement convoité ?
  • Quand vous êtes tombée enceinte la première fois ?
  • La première fois que vous avez déménagé à l’étranger ?

Aujourd’hui, vous revenez à cet état d’esprit, ce mélange d’excitation, d’espoir et de candeur probablement enseveli sous une grosse couche de manque de confiance en soi et d’appréhension.

Vous allez partir pour une nouvelle aventure, que la maturité et l’expérience de la vie vont rendre beaucoup plus appropriée que celle que vous auriez choisie à 20 ou 30 ans. C’est votre heure, celle où vous allez enfin pouvoir vous réaliser et accomplir votre mission unique.

2- Se reconstruire après que les enfants aient quittés la maison

1- Faire le bilan de son passé

Retourner en arrière pour faire le bilan de son passé s’avère être à double tranchant : on peut facilement ne voir que les ratages, ou même se cacher les yeux en ne regardant pas les dommages collatéraux que nous avons produit, par exemple sur autrui. En fait, tout dépend de notre personnalité, de la façon dont on se comporte d’une façon générale.

Si l’on est optimiste, on regarde les problèmes avec optimisme, en pensant que l’on peut les résoudre – même si pratiquement ça va être très très compliqué. 

Si l’on est marquée par la culture française du doute, on peut facilement se méfier de tout, soupçonner la malhonnêteté rampante et ne jamais bouger de sa chaise par manque de confiance, alors que l’effort à fournir n’est peut-être pas si grand.

Donc pour faire ce type d’exercice, cela vaut le coup de passer par un tiers qui vous conseille et vous accompagne, surtout s’il est neutre et qu’il ne vous connait pas. 

2- Examiner ce que l’on a appris

Qu’a-t-on appris d’utile dans la vie ? On peut rarement répondre directement à cette question. On le distingue lorsque l’on fouille dans un dédale de données, que l’on récolte en interrogeant, en reformulant, en creusant telle et telle anecdote, en comparant avec d’autres parcours. Recouper vos réponses, classer, vérifier, permet de dégager des grandes lignes de compétences que vous n’auriez jamais trouvé vous-même. 

Les savoir-faire et les savoir-être que l’on a accumulés et que l’on ne soupçonne pas constituent souvent la base de notre futur. Cet exercice est un excellent préliminaire pour dépasser le syndrome du nid vide, en nous replaçant dans une destinée globale qui englobe beaucoup plus que nos difficultés actuelles, et même beaucoup plus que notre vie de mère.

3- Examiner ce qui nous a manqué

Ce qui nous a manqué, on peut habituellement le formuler facilement. On en a énormément parlé à ses copines, on l’a ressassé pendant des nuits, après des échecs, on pense avoir fait le tour de la question. Mais prenons garde, on parle ici presque toujours de manques émotionnels liés à autrui : d’attention, d’encouragement, d’affection, d’intimité, etc.

Ce sont des états qu’il est très difficile de définir exactement, et qui parfois n’ont rien à voir avec une situation factuelle. On « se sent » rejetée, et donc l’acception de telle personne nous a énormément manquée et a anéantie tel pan de notre futur. 

4- Se détacher des relations stériles

On met notre sort dans les mains d’un ou deux individus à qui on décide qu’ils ont déterminé notre destin. Est-ce toujours vrai ? N’avons-nous pas déposé beaucoup trop d’importance entre leurs mains ? Ont-ils eu vraiment autant d’impact, au point de changer le cours de notre vie sans que nous ne puissions rien y faire ?

Peut-être avons-nous abandonné une partie de notre libre arbitre pour ne pas à avoir à nous occuper de nous-même, qu’il était juste plus facile ou moins douloureux de le faire à ce moment-là. Bref, évitons l’amertume et concentrons-nous sur ce qui nous concerne nous, pas les autres. Autrement dit, ne laissons pas ceux qui nous ont fait du mal intervenir dans le choix de nos projets d’avenir.

5- Créer de nouveaux projets pour remplacer les anciens

Essayons d’avoir une vision pratique de ce qui nous fait défaut, en particulier en termes de connaissances, car elles sont directement liées aux compétences. Souvent, le manque de connaissances sur un sujet développe notre frustration et le sentiment de ne pas pouvoir avancer, surtout quand le sujet nous intéresse. 

On le verra par ailleurs, mais se former sera une étape phare dans notre processus de reconversion personnelle et professionnelle, quel que soit le sujet : tout s’apprend, absolument tout.

Enfin, il faudra anticiper le syndrome de l’imposteur, cette impression pernicieuse de ne pas être à la hauteur, d’accomplir une tâche pour laquelle on n’est pas compétente pour laquelle on ne mérite si rétribution ni reconnaissance. Préparez-vous et ayez confiance !

6- Déterminer ce qui a vraiment de la valeur

Qu’est ce qui a le plus d’importance pour nous dans la vie ? Ce simple thème, passionnant à décrypter, va nous permettre de nous distinguer par rapport à tous les autres. Nos valeurs, on y tient comme à la prunelle de nos yeux, c’est ce à quoi on s’accroche lorsque l’on est sur le fil, très malade, déchirée entre deux options.

Dans une situation inconfortable, se reposer sur notre idée du sens de la vie offre un réconfort certain qui est lié à notre pleine conscience. On fait des choix que l’on ne regrettera pas, car leur impact raisonne profondément en nous et nous permet de surmonter les aléas de notre vie.

Travailler sur la définition de nos valeurs est la clé pour découvrir notre unicité, ce qui nous fait avancer dans la vie, ce qui nous guide, pourquoi on agit et on réagit de telle et telle façon. Cela nous donne l’élan d’avancer, de suivre notre voie, et de passer d’une étape à l’autre sans peur, car on sait que c’est vital et que cela nous correspond pleinement.

A l’aide de ce bilan, que l’on gagnera très largement à effectuer avec un accompagnant, on peut prendre du recul et respirer un peu, puis beaucoup. Et progressivement passer à une autre vie, celle de “après les enfants”.

3- Dépasser le syndrome du nid vide : le récapitulatif

  1. Vivez pleinement votre peine, ressentez-la au plus profond de vous sans la nier ni la minimiser,
  2. Puis lâchez prise, ayez conscience qu’il faut abandonner ce poids qui vous freine et vous empêche de vivre,
  3. Rêvez au futur, plongez vous dans ce qui donne un sens à votre vie, ce qui est vital pour vous,
  4. Marchez vers cette source sans vous laisser distraire par d’autres sollicitations, et savourez votre bien-être.

Un jour où l’autre, vous sortirez de la tristesse qui vous empoigne. car que l’on ait 45 ou 55 ans quand notre petit dernier part, il nous reste encore quasiment la moitié de notre existence à vivre. Ça vaut le coup de s’y pencher sérieusement.

C’est ça, au fond, qui m’a fait rebondir, la perspective de passer à une nouvelle vie.

ENVIE DE CHANGER à 50 ans et + ?

Inscrivez-vous à ma newsletter du dimanche, et bénéficiez de conseils uniques et efficaces !

Ces autres articles du blog vont vous intéresser

 

Et vous, avez-vous vécu le syndrome du nid vide ?

Vous avez expérimenté le syndrome du nid vide ? Ou vous le redoutez ? Partagez vos idées dans les commentaires. Soyez inspirée et créative, pour que nous puissions toutes en profiter et avancer dans notre parcours.

Et si vous voulez que je fasse un article séparé sur un sujet qui vous chagrine ou qui vous passionne, dites-le moi !


Leave a Reply

Your email address will not be published.