Comment se faire de vrais amis à 50 ans et plus, en dehors du réseau de vos enfants ?

Se faire des amis à 50 ans, quand on est plus libre de son temps mais que l’on n’a plus le réseau des écoles et des activités des enfants sur lequel s’appuyer, est-ce possible ? L’amitié peut se construire toute la vie, mais à condition de se mettre dans une situation de nouveauté. Dans quelles conditions avons-nous rencontré nos meilleurs copains ? Souvent à l’école, parfois au bureau ou dans des clubs d’activités communes.

Une chose est sûre : l’amitié nous apporte une liberté que ne nous donne pas notre conjoint, qui est là matin, midi et soir. On a vu pendant l’année 2020 des couples flancher, par obligation de cohabiter continuellement pour le meilleur ou pour le pire : ni l’un ni l’autre ne pouvait avoir sa bulle d’air, consistant à voir sa bande, ou à s’évader quelques heure avec sa meilleure copine.

Les amies ont cette caractéristique d’être nos vraies égales. On ne leur doit rien, on est donc très généreuses avec elles. A la fois proches et libres. On se soutient dans les moments difficiles, on rit dans les moments faciles.

1- C’est dans les situations d’apprentissage que l’on sympathise

De tous les moments passés à l’école et à l’université, puis au bureau et dans les réunions, les meilleurs étaient ceux où étaient aussi mes amies. Leur diversité est égale à la variété de choses qui m’intéressent, de situations que j’ai vécues. J’ai déménagé de nombreuses fois, et je me suis promis de ne jamais repartir sans avoir trouvé une vraie amie.

1- L’âge compte

Mais il y a un côté douloureux, celui de perdre les gens. Plusieurs de mes proches très intimes, rencontrées à l’étranger notamment, ont changé d’adresse email, ou de lieu, ou de nom de famille, et je les ai perdues de vue définitivement. J’ai réalisé que beaucoup n’utilisaient pas Facebook. Et que beaucoup avaient des noms très communs : il est impossible de savoir qui est la bonne, dans une liste d’une trentaine de noms identiques.

Une des raisons pour lesquelles j’ai monté ce blog, c’est de me rapprocher de personnes dispersées à travers le monde qui seraient dans la même interrogation que moi : que faire de sa vie quand les enfants partent, qui soit aussi valorisant ? Comment utiliser la liberté et la créativité qui déboulent, et en faire quelque chose chose d’utile et de signifiant ?

Je cherchais une forme d’amitié professionnelle et d’entraide, qui j’ai découvert pouvait être très fortes. Car j’étais sûre de ne pas être la seule dans ce cas. Et j’ai beaucoup travaillé à résoudre ce problème, pour aider celles qui arrivent à la position où j’étais il y a quelques années.

2- Les circonstances comptent aussi

Puisque j’ai souvent déménagé, j’ai appris à rencontrer et apprécier des personnes de tous âges et de toutes conditions. J’ai mon réseau d’amis de collège et de lycée, puis d’études supérieures, puis de collègues, puis de parents d’élèves dans les pays où j’ai résidé. Et aussi des copines de Volkshochschule, ces établissements pour adultes où j’ai appris l’allemand. Je me suis liée aux élèves, mais aussi aux profs !

En réalité, il m’est difficile de me passer d’amitié. C’est pour moi une source primordiale de mon goût de la vie. Car j’ai aussi vécu des grands moments de solitude, quand je parlais mal l’anglais ou l’allemand et que je me sentais tellement différente une fois installée dans un nouveau pays. Je me souviens quand j’étais enfant et que je vivais en pleine campagne, le manque d’humains avec lesquels communiquer m’a souvent angoissée.

2- Prenons conscience de notre besoin d’amour et d’échanges

1- La communication interpersonnelle se cultive et s’entretient

Dès enfant, j’ai découvert que les capacités de communication se développent et s’entretiennent, activement. Et que beaucoup de personnes n’osent pas sortir de leur réseau familial, professionnel et amical de peur de se retrouver seules. Et c’est de pire en pire quand on vieillit : se faire des amies à 50 ans peut apparaitre comme un “travail” supplémentaire, et non pas comme une détente, un plaisir.

Il existe plusieurs formes de solitude chez les femmes. Parfois c’est un soulagement, elles en ont vraiment besoin pour se libérer d’une relation douloureuse. Mais en cas d’isolement mal vécu, il faut reconnaitre sa détresse, et décider sciemment d’y mettre un terme dans une période de temps donnée : par exemple un an.

Chercher activement à rebâtir un réseau, duquel émergeront une ou deux personnes, peut-être plus, avec lesquelles on sera très proche. Il y a autant de personnes que de liens: on peut apprécier les conversations de couloir avec ses voisins et sa boulangère, sincèrement, et parfois ces liens sont les seuls qui nous tiennent en vie.

2- Commencer par le plus simple : parler de tout et de rien

Quand j’habitais Chicago dans un immeuble, être accueillie avec quelques mots sympas par les portiers m’a toujours paru être un luxe extraordinaire. Souvent, c’était les seules personnes à qui je parlais dans la journée. Je ne peux pas les appeler “mes amis” puisque c’était leur métier de le faire, mais pourtant je les ressentais comme tel.

Depuis, je prends les conversations quotidiennes sur la pluie et le beau temps très sérieusement, car peut-être que pour certaines personnes, ce seront les seules de la journée. Alors j’offre toujours mon plus beau sourire, surtout à Berlin où l’attitude habituelle des inconnus est distante.

Donc pour moi l’amitié commence avec la courtoisie, celle qui consiste à montrer que l’on est contente de voir autrui. N’importe quel autrui. Avant de devenir proche de quelqu’un il faut créer une atmosphère propice à l’échange et à la confiance.

3- Comment rencontrer des amis en suivant un processus pas à pas

1- Se faire des amis quand on est adulte demande de l’engagement et du temps

S’intéresser à l’autre, lui poser une question neutre, sourire, lui rendre un minuscule service, comme celui de lui tendre une chaise pour s’assoir, aide à inspirer confiance. “Cela ne me regarde pas”, “je ne suis pas là pour me mêler des affaires d’autrui”, “j’ai peur de gêner” : ces phrases qui expriment notre embarras peuvent aussi être une façon de se distancier des autres, sans s’en rendre compte.

L’amitié implique un processus actif de notre part, une volonté. C’est donc aussi une activité chronophage. Ceux et celles qui se sont fait de bons amis à 50 ans et après y ont passé du temps, par exemple en regardant moins la télé. Soyez patiente, et savourez ce moment où vous construisez l’échange, c’est souvent ce qui vous restera en mémoire toute votre vie.

2- Les 7 étapes pour se rapprocher d’autrui

  1. Soyez à l’aise avec vous-même, et donc se mettre dans des situations où l’on est à l’aise : dehors ou dedans, avec peu de monde ou pas, dans un cours, une réunion, dans un magasin, au théâtre, etc. Il est plus facile d’entrer en contact avec autrui quand on se sent bien soi-même.
  2. Faites quelque chose que vous aimez : du sport, de la marche, de la cuisine, aller au ciné, etc. Un goût commun pour une activité (ou un dégoût, d’ailleurs) est un excellent moyen de commencer une série de conversations durables.
  3. Souriez. Le sourire est une invitation en soi, celle d’échanger dans des conditions détendues. Offrez cela, volontairement, à votre entourage.
  4. Posez des question sur l’autre et intéressez vous vraiment à lui/elle. Votre but est de vous ouvrir, pas de raconter votre vie à vous, sauf si on vous le demande.
  5. Parlez à toutes les personnes qui vous semblent intéressantes, en plusieurs fois. Certaines ne vous plairont pas, mais il y en aura certaines avec qui le courant va passer.
  6. Retrouvez-vous d’abord ailleurs qu’à l’endroit que vous fréquentez ensemble, mais dans un lieu neutre (pas chez l’une ou l’autre) pour ne pas mettre la pression sociale en jeu.
  7. Soyez patiente. Il faut des centaines d’heures cumulées pour apprendre le piano ou la photographie. Idem pour apprendre à connaitre quelqu’un, à approfondir la relation.

4- Comment se mettre en situation pour faire des rencontres

1- Admettez que vous vous sentez seule

N’oubliez jamais que la solitude est un sentiment très présent dans la société d’aujourd’hui, renforcée par la vie urbaine, les divorces et bien entendu le départ des enfants. La solitude rend triste et froid. Tout le monde.

Donc si vous voyez des personnes tristes et détachées, habillées de façon terne, distantes, c’est probablement car elles se sentent seules. Soyez la première à faire le premier pas, les autres n’oseront sans doute pas. Soyez généreuse : faites-le.

2- Surmontez votre timidité

Le sentiment de timidité est le deuxième facteur qui retient les gens de se mêler aux autres, et donc de se créer de nouvelles amitiés. Près d’une personne sur deux se déclare timide, donc si c’est votre cas, vous n’êtes pas la seule. Les timides sont des hyper-sensibles qui notent instantanément toutes les sensations désagréables qui les mettent dans des situations inconfortables.

J’ai été une grande timide, essentiellement parce que j’ai été élevée en rase campagne où j’ai été littéralement privée de contacts sociaux. La timidité se résout en se mêlant aux autres, de façon volontaire et sans jugement. Pratiquez l’exercice physique de vous mêlez à des groupes d’inconnus, ne serait-ce que dans des magasins, jusqu’à vous sentir à l’aise. Demandez votre chemin dans la rue, aidez une personne à porter sa valise dans le métro. Adressez-vous aux autres spontanément et quotidiennement.

Le malaise de la timidité se résoudre par la pratique de fréquenter des personnes en chair et en os. D’oser les regarder, d’oser leur sourire. De leur donner une poignée de main ou de les embrasser, de leur poser quelques questions sans conséquence. C’est une activité physique, un peu comme un nouveau sport, social cette fois.

3- Faites preuve d’ouverture d’esprit

Soyez ouvert à tous. Je suis toujours très surprise de voir les critères extrêmement restrictifs des personnes qui cherchent l’âme soeur, et par extension qui cherchent des amis. Personne ne correspond à leurs exigences, et si par bonheur un ou l’autre leur convenait, elles sont promptes à rompre à la moindre défaillance.

Soyez souple avec autrui, soyez intéressée justement par ce qu’elles ont de différent de vous. L’amitié, notamment après 50 ans, ne consiste pas à sélectionner des qualités et des défauts, et à vérifier ensuite qu’ils sont bien en adéquation avec les vôtres. Elle consiste à construire une relation. Quel est l’intérêt de rencontrer des personnes “comme vous” ? Vous êtes unique, personne ne vous ressemble.

Allez plutôt à la rencontre d’une autre personne, bien distincte de vous, avec laquelle vous grandirez conjointement. Oui, on grandit encore après 50 ans, si on le veut bien.

4- Prenez un cours “grand débutant”

Faites des cours version “grand débutant”. Rien ne rapproche plus que de se sentir totalement nulle avec d’autres personnes. Toutes les activités physiques ou intellectuelles qui comportent un sacré défi rapprochent les gens. Se retrouver en classe de yoga ou d’aquarelle pour la première fois est embarrassant, mais on finit très vite par en rire.

Il n’y a aucune compétition entre vous, seulement la gène à surmonter. De grandes amitiés ont été construites à partir de groupes de personnes incapables de se dépatouiller avec telle ou telle technique.

5- Inscrivez-vous à des activités variées

Cette fois, au lieu de choisir un cours dans lequel vous n’y connaissez rien, vous plongez dans ce qui vous réconforte : chanter, faire du théâtre, cuisiner, jouer au poker ou aux échecs, randonner, etc. Poussez-vous pour suivre ce qui vous plait au moins une fois par semaine et une autre par weekend.

Il est vite plus agréable de passer ses soirées avec d’autres en s’amusant que tout seul devant sa télé ou son ordinateur. Vos enfants ne sont plus là, ou sont grands, alors profitez-en. Pour une expérience plus accomplie et pour être sûre de rencontrer des gens différents, essayez de combiner plusieurs thèmes :

  • activité physique/sportive
  • activité manuelle/artistique
  • activité intellectuelle/culturelle
  • activité spirituelle/religieuse
  • activité sociale/politique

Vous n’êtes pas obligée de vous ruiner pour faire cela. Vous pouvez même monter vous-même une association, recruter des membres sur Internet et pratiquer votre hobby à tour de rôle chez les bénévoles.

6- Adoptez un chien

Avoir un chien, et devoir le sortir plusieurs fois par jour, est une excellente façon de rencontrer d’autres propriétaires de chiens, qui ont l’immense avantage d’habiter dans le même quartier que vous, et de sortir aux mêmes horaires.

Sautez- sur l’occasion : non seulement votre toutou sera un ami fidèle à lui tout seul, mais il sera aussi un formidable prétexte pour faire des rencontres… humaines.

7- Déplacez-vous ou voyagez avec un groupe

Toutes les écoles dignes de ce nom, grands ou petites, connaissent le pouvoir de créer une cohésion en plaçant leurs membres dans un lieu nouveau. Surtout la nuit. Car la soirée est un moment très personnel, et la partager avec d’autres ouvrent des tas de portes intimes que l’on n’aurait jamais franchit en temps normal.

Si on vous propose de passer quelques jours ensemble dans un lieu nouveau, dites OUI. Tout le monde a peur de se retrouver avec des inconnus dans un lieu nouveau, mais personne ne le regrette. En partageant vos soirées avec d’autres, votre connaissance d’eux s’accélère incroyablement. C’est le pouvoir des colonies de vacances et des séminaires.

Vous ne les aimiez pas à l’époque ? Faites un effort cette fois-ci. Essayez une fois. Qu’est-ce que le coût d’une nuit ou deux passées loin de chez vous, si c’est le moyen de se faire des amis à vie ?

8- Rejoignez ou créer un groupe Facebook

Si vous ne pouvez pas vous déplacer, car par exemple vous êtes malade, invalide, débordée par le travail ou en charge de vos parents, vous pouvez joindre des groupes online. Vous êtes passionnée par la politique locale, par la graphologie ou par la culture tamoule ? Plongez dedans sur Internet.

Et si votre centre d’intérêt n’y figure pas, apprenez à créer un groupe dédié et à le faire vivre. Au fur et à mesure, vous pourrez proposer un webinaire ; voir d’autres membres en chair et en os vous procurera un plaisir fou.

9- Faites du bénévolat

Enfin je ne peux que vous recommander de faire du bénévolat. J’ai rencontré de nombreux amis grâce à ces réseaux d’entraide où l’on ne cherche qu’à promouvoir et valoriser les autres. Les bénévoles sont des personnes chaleureuses, généreuses et désintéressées. Elles cherchent à vivre des expériences partagées et utiles.

Et leur motivation première est très souvent la lutte contre leur propre solitude et le désir de se faire des amis. Les associations et autres organisations qui s’appuient sur le volontariat sont très au fait de cette particularité de leurs membres et s’emploieront à vous mettre à l’aise. Et un jour, c’est vous qui accueillerez les nouveaux de cette façon.

10- Admettez que vous pouvez échouer, et recommencez

Dans la cour de récré, vous vous êtes parfois fâchée avec vos copines. Ca ne vous a pas empêchée de vous rabibocher avec elles, ou de vous en faire d’autres. L’amitié n’est pas une relation figée, mais évolutive. Prenez sur vous si ça ne marche pas, si vos efforts d’approche ne sont pas récompensés. Recommencez avec d’autres personnes, trouvez d’autres groupes ou d’autres situations plus accueillantes.

Etre rejetée (ou penser qu’on l’est) fait mal et nous blesse, au moins on a essayé. Et rester seule fait encore plus mal à long terme, car il n’y a aucune raison que change. Le risque de se sentir vraiment abandonnée devient réel. Rencontrer des amis à 50 ans et après, c’est une mission de vie si vous vous sentez seule, alors mettez l’effort et l’énergie nécessaires pour réussir.

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Et vous, comment avez-vous rencontré vos amies après 50 ans ?

Est-ce le hasard, ou avez-vous planifié ces rencontres ? Quels sont vos conseils pour créer et renforcer vos amitiés ? Comment éviter les bévues ? Partagez votre expérience, ou écrivez-moi directement pour me faire part de vos préoccupations sur le sujet.


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