Lorsqu’on redevient une femme après avoir été une mère

Les étapes de la vie d’une femme culminent lorsque l’on devient mère. Non pas en termes d’intérêt ou d’accomplissement (quoique) mais en termes de saturation de son espace mental et émotionnel. C’est typiquement le moment où la vie est la plus intense, pour le meilleur ou pour le pire.

Une fois les enfants partis, c’est une autoroute qui s’offre à nous. Mais où mène-t-elle ? Le soulagement peut laisser la place à une forme de vide. Pour déterminer sa place, il faut bien se connaitre, et particulièrement savoir bien se positionner dans l’échelle des âges de la vie.

Vers 50 ans on redevient une femme à part entière, non plus continuellement tournée vers ses enfants. Mais vers les autres : la société, son conjoint, présent ou futur, ses amies intimes. Et aussi tournée vers soi-même : on en a besoin, après avoir passé des années à penser à la famille. Et là, on a souvent du rattrapage à faire.

Pour mieux s’y prendre et vivre pleinement notre renouveau de femme, remettons notre âge à sa place. Pour comprendre l’échelle du temps : comment nous étions avant, et comment nous serons après.

1- Voir que les étapes de vie sont personnelles et collectives

1- A chaque génération son propre planning

Les étapes de la vie, c’est quelque chose que l’on ne m’a pas enseigné. Et cela m’a énormément manqué. Les transitions biologiques, les phases sociologiques, ce que l’on peut réellement faire de sa vie à tel ou tel âge, je n’en avais quasiment aucune idée.

Je me souviens simplement que je ne supportais pas ces mères qui ne cessaient de demander à mes copines quand elles se trouveraient un conjoint, et quand elles auraient des enfants. C’est comme si on réduisait la vie à un homme, puis à la maternité : cela me hérissait instinctivement. Et cela me donnait l’impression de ne pas être normale.

Au final, je n’ai jamais pris le fait d’être une mère comme une obligation sociale, mais j’ai adoré l’être. Tard. A 36 ans tout juste. Jusque là, ça n’était pas ma vie. Alors que l’on me “bassinait” sur le sujet dès 25 ans. Mais il faut dire que j’habitais à la campagne ; peut-être qu’en milieu urbain les gens étaient moins conventionnels ? Cela dit, j’ai des amies qui sont devenues mères jeunes, et qui en ont été très heureuses…

2- La vie est plus longue, les périodes de liberté s’additionnent

Quand j’y pense, on a gagné plusieurs décennies de vraie liberté par rapport à la génération de nos mères :

  • D’abord entre 25 et 35 ans, grosso modo, la période d’épanouissement professionnel par excellence, où l’on change plusieurs fois de poste,
  • Puis de nouveau entre 50 et 60 ans, où l’on est désormais beaucoup plus entreprenante que grand-mère,
  • Et encore quelque part entre 75 et 85 ans, où l’on sera active (voire performante), autonome et entourée.

Car bien sûr, on vit plus longtemps, et en meilleure santé, surtout nous les femmes. Les politiques de santé publiques finissent par porter leurs fruits :

  • On mange sain,
  • On boit moins,
  • On ne fume pas,
  • On entretient son corps par l’activité physique et intellectuelle,
  • On fait les examens médicaux de rigueur,
  • On construit intentionnellement son réseau social…

Au final, on sait comment s’y prendre pour ajouter des années de vie qui valent de coup d’être vécues.

Beaucoup de vous, qui lisez ce texte, vivront jusqu’à 95 ans ou plus, sans souci majeur. Vos problèmes viendront du cumul des désagréments liés au vieillissement… et de la durée du temps. Que faire, pendant ces longues années en perspective ? Et comment les financer ?

Le choix d’un logement adéquat sera déterminant pour votre bien-être, il suffit de regarder nos parents pour s’en convaincre. Mais on reparlera de tout ça dans un autre article.

2- Connaitre les étapes de la vie d’une femme

1- La dépendance de l’enfance

L’enfance commence à la naissance, et on ne sait pas trop où ça s’arrête. Au jour où on quitte le foyer familial ? L’adolescence, cette période de construction personnelle où l’on est encore chez ses parents, tend à s’allonger, souvent jusqu’à 25 ans ou pour les étudiants ou les chômeurs.

De mon côté, je suis entrée à l’internat à 14 ans, pendant mes années de lycée. J’ai donc passé l’adolescence sur plusieurs lieux de vie, encadrée (ou pas) par plusieurs types de personnes. Avec du recul, je considère que la dépendance est structurante si l’on est pris en charge par les bonnes personnes, celles qui ont vraiment envie de s’occuper de vous, de vous faire grandir. Sinon, c’est une période qui se termine par un vrai rejet de “l’adulte”.

2- L’indépendance

Ce sont des années d’intense construction, souvent mouvementées, où l’on essaie, rate, recommence autre chose. Le fait de changer de parcours à cette époque est vraiment utile, j’allais dire indispensable, car si on l’a fait une fois et que l’on a “survécu”, on pourra le refaire plus tard.

Le stress peut être très important : réussir l’examen d’entrée dans une école spécialisée, être embauchée au poste dont on rêve, déménager à l’endroit qui nous tente… Sans compter le fait de trouver un job, ou un simple stage, qui prend une énergie considérable.

Différentes expériences se combinent, pas forcément dans l’ordre :

  • Etudes,
  • Voyages,
  • Chômage,
  • Travail temporaire,
  • Travail stable.

Cette étape inclut évidemment la construction de la vie affective, qui elle aussi passe par des hauts et des bas. Finalement, ce sont des années où l’on expérimente sa propre capacité de dosage entre :

  • La prise de risques et la capacité de création,
  • La rapidité de la prise de conscience et de rebondissement,
  • La résistance à l’échec, à l’ennui, à la séparation, à l’isolement, aux aléas extérieurs,
  • L’expression du désir sexuel et la compréhension du cadre social de la sexualité,
  • L’auto-discipline et la mise en place de routines constructives,
  • La construction du réseau social, la formation de liens solides,
  • Le courage : de poursuivre ou de changer.

3- La vie de couple

Cette période tend à s’allonger. Rares sont ceux qui se mettent en couple pour avoir immédiatement des enfants. Mais ces années-là ne sont pas si nombreuses, typiquement de 2 à 8 ans.

C’est une période où l’on est supposée être jeune, heureuse, en bonne santé et en pleine ascension. Mais c’est aussi une grande période de déceptions sur la réalité de la vie professionnelle, de pression sociale marquée, de ruptures amoureuses, de divergence possible de parcours vis à vis de sa famille ou ses amis de longue date.

4- L’interdépendance familiale

Que le couple parental vive ensemble, soit séparé ou réinvesti dans une autre cellule, la vie familiale est réelle. Il faut s’occuper des enfants au quotidien, qu’ils soient présents ou non. Les contacts sont forcément nombreux, et concernent avant tout la logistique : l’école, les vacances, les examens, les repas, etc.

Cette période dure grosso-modo 20 à 30 ans, suivant la taille de la famille. C’est la période de la vie la plus chargée pour les femmes. Pour progresser par la suite, on a vraiment intérêt à faire le point et à en tirer des leçons une fois que les enfants sont partis.

5- Le nid vide et la nouvelle indépendance

Finalement la période post-famille, ou celle du nid vide, correspond à l’essentiel de notre existence. On voit couramment des mères passer 40 ans ou plus dans cette situation, avec parfois un retour ponctuel des enfants. Il est donc parfaitement légitime de prendre son destin en main pour en faire une étape constructive et épanouissante.

La phase de transition, quand la maison se vide, dure plusieurs années (avec souvent des retours partiels, quand l’un des enfants est en vacances ou au chômage). Cette phase doit être mise à profit : transformez-vous socialement, remettez votre corps en route pour la suite.

Tous les points concernant l’indépendance vus ci-dessus sont aussi valables pendant cette période : on se reconstruit, on se renouvelle en tant que femme, sur le plan personnel et sur le plan social.

6- La vieillesse puis le retour de la dépendance

Je suis toujours frappée de voir que l’enfance se divise en de multiples étapes : de 0 à 6 mois, la petite enfance, les 10-12 ans, etc. Mais pour la vieillesse, on n’a quasiment qu’un seul bloc, qui concerne la moitié de la vie. C’est ce manque de découpage qui fait que l’on a l’impression de tomber dans un gouffre une fois passé 50 ans.

De la ménopause à la retraite, on marcherait vers un lent déclin : voilà toute notre perspective pour les 15 ans à venir. C’est quand même super négatif, comme vision. A nous de changer le vocabulaire. Pour moi, il s’agit à la fois de l’âge de la société et de l’âge de la liberté. Celui de la liberté sociale ?

En réalité, les étapes avant la mort sont nombreuses, autant que celles à partir de la naissance. On n’est pas la même à 50, 60, 70, 80 ou 90 ans. Ni physiquement, ni socialement. On ne passe pas instantanément à la grande vieillesse, puis à la fin de vie !

A la fin de notre parcours, la boucle est bouclée. On redevient dépendante de son entourage. A nous de bien le choisir par avance en bâtissant des liens forts. Et de ne pas attendre que les circonstances choisissent pour nous.

3- Comment articuler les phases de changement de vie

1ère transition : de fille à jeune femme

Une étape de vie commune à toutes

Le début des règles marque la transformation ultra rapide du corps, qui sera achevée en quelques années pour les filles. Celles-ci ne grandissent quasiment plus après 15 ans. Mais la transformation physique et le démarrage de la sexualité n’en font pas pour autant des femmes.

Une femme n’est plus une enfant, ni une jeune fille. C’est une adulte, qui a non seulement atteint le terme de sa croissance physique, mais fait preuve de maturité intellectuelle et émotionnelle.

La phase intermédiaire qui conduit à cet état est l’adolescence. Elle commence de plus en plus jeune et se termine de plus en plus tard dans la culture occidentale. A ce stade, on est socialement autorisée à nous comporter à la fois comme des enfants et des adultes, suivant les circonstances.

Par exemple aux USA, l’âge de la maturité sexuelle (mais pas du consentement, qui est fixé à l’âge de 12 ans !), de la consommation d’alcool, du permis de conduire ou du droit de voter peut varier entre 16 et 21 ans selon les sujets et selon les Etats, soit une période de 5 ans.

Mais aussi une ambition personnelle

Notons que le modèle de “la femme” peut être difficile à saisir quand on grandit, ce qui pose un problème d’identité marqué. Se réduit-il au statut de mère, au fait de mener une carrière, à la silhouette séduisante, au désir sexuel, à la capacité de recul émotionnel ou intellectuel ? Plusieurs classifications ont été proposées, selon que l’on parle sexualité ou histoire, ça vaut le coup de s’y pencher.

Quelle femme vouliez-vous devenir, quand vous n’aviez que 18 ans ?

Pour moi c’était une énigme. Mais à 50 ans, une fois que mon rôle de mère se dissipait, la question m’a rattrapée, et il m’a été très utile de m’y pencher sérieusement. C’est quelque chose que je développe dans mon coaching et mes formations : quelle personne voulez-vous être, mais aussi quelle femme voulez-vous devenir ?

2ème transition : de jeune femme à mère

De nouveau, le modèle de “mère” m’a glissé entre les doigts pendant longtemps. Je sentais que ça n’était pas pour moi, ou plutôt je ne m’identifiais pas aux mères qui m’entouraient.

Et puis un jour, je suis tombée enceinte. J’ai le souvenir très net de sortir du laboratoire d’analyses médicales qui venait de me l’annoncer, et de marcher vers mon immeuble.

Soudainement, je me suis multipliée par deux. J’ai pris pleinement conscience que j’avais quelqu’un d’autre dans mon ventre, et cela m’a galvanisée. C’est à cet instant que je suis devenue mère, bien avant la naissance. J’ai regardé la vie beaucoup plus intensément, avec 4 yeux et 4 oreilles, j’ai vu et entendu des choses que je n’avais jamais perçues auparavant. Mon univers, intérieur et extérieur, s’est énormément élargi.

Une fois mère, on l’est entièrement. On n’est jamais mère à mi-temps. On additionne d’autres activités, beaucoup ou peu, mais on est prête à bondir si nos petits souffrent. C’est parfois oppressant de se sentir aussi pleinement responsable, pendant ces deux premières décennies de leur vie.

Ça ne nous empêche pas de faire autre chose, bien entendu, et c’est souvent cette “autre chose” qui nous tient en équilibre mental : conjoint, boulot, amies, ou juste … ne rien faire pendant quelques heures.

Mais cette période passe à la vitesse de la lumière. On a à peine le temps de savoir ce que l’on veut transmettre à notre enfant, quelles relations on veut établir avec lui, comment on veut se comporter, nous.

Quelle mère vouliez-vous être, quand vous n’aviez que 31 ans ?

3ème transition : de mère à femme mûre

Un jour, soudainement ou progressivement, on prend conscience que cette mission d’élever nos enfants s’éclipse. Que l’on attende ça avec impatience, ou que cela nous attriste énormément, c’est inéluctable. Vos petits, qui ne regardaient que vous, ne peuvent plus vous voir. Car ils regardent ailleurs. Ils vous reverront un jour, au sens symbolique bien sûr, le jour où ils se sentiront parents à leur tour.

A vous de “récupérer votre image”, de la contempler différemment, plus intensément, avec vos yeux à vous, vos oreilles à vous.

Placez-vous devant un miroir

Quelle femme voulez-vous être, maintenant que vous avez 50 ans ?

Vous êtes au faîte de votre vie. Vous avez acquis la maturité physique, intellectuelle, émotionnelle. Et maternelle : vous savez vous occuper des autres, vous mettre en retrait pour que eux, grandissent. Imaginez que vous ayez un drone qui tourne autour de vous, dans tous les angles, qui entre à l’intérieur de votre corps.

Quel est votre état général ?

  • Comment vous sentez-vous, comment agissez-vous ?
  • Quelle différence constatez-vous entre ce que vous pensez, ce que vous ressentez, ce que vous faites ?

Pensez à ce qui est devenu inutile, obsolète. Et réfléchissez à ce que vous voulez monter, transmettre, construire. Quelles valeurs conservez-vous pour poursuivre votre vie ?

Le corps et ses marques de vieillissement, le poids, le look, les rides, sont très souvent un sujet de préoccupation, voire d’obsession, au moment de la ménopause. Ces quelques années sont celles où l’on prend des kilos, où l’on perd de l’énergie et de la vitalité, et cela est visible sur la peau (et invisible dessous).

Qu’est-ce que vous acceptez de conserver, qu’est-ce que vous voulez changer ? Concentrez -vous sur une seule chose, et donnez-vous 6 mois ou un an pour réussir. Ensuite, vous pourrez passer à une autre “amélioration”.

4ème transition : de femme mûre à vieille femme

Progressivement, on perd l’envie et l’énergie de faire les choses banales de la vie quotidienne. On ne cherche plus à s’améliorer soi-même, à accomplir un objectif. On vit au jour le jour.

C’est ça la vieillesse : une diminution inéluctable des forces physiques et mentales, un ralentissement général de notre être intime et de notre participation au monde. Un retour dans une bulle, nécessaire et rassurante.

Vivre bien maintenant, dans 10 ans et plus tard, cela implique aussi de préparer cette étape. De tisser un cocon affectif protecteur, pour ne rien regretter et vieillir paisiblement.

ENVIE DE CHANGER à 50 ans et + ?

Inscrivez-vous à ma newsletter du dimanche, et bénéficiez de conseils uniques et efficaces !

Ces autres articles du blog vont vous intéresser

Et vous, comment vivez-vous les étapes de la vie d’une femme ?

Est-ce que vous êtes passée d’un stade à l’autre sans heurt ? Comment avez-vous résolu les incompréhensions, les rejets des normes, ou au contraire leur manque ? Partagez votre expérience, ou écrivez-moi directement pour me faire part de vos préoccupations sur le sujet.


Leave a Reply

Your email address will not be published.