Après 50 ans, est-ce que l’âge nous aide ou nous pénalise ?

Etre sans âge, et choisir son époque selon nos desirata, est une idée séduisante. Elle permet d’éviter la catégorisation, surtout après 50 ans ou 55 ans, quand on est supposée s’acheminer doucement mais surement vers l’ombre, puis vers l’oubli. C’est vrai, notre condition physique diffère énormément au fur et à mesure de notre vieillissement, et celles qui s’en sortent bien préfèreraient qu’on oublie leur année de naissance.

Les jeunes femmes sont souvent fascinées par les femmes « qui vieillissent bien » ; cela les rassurent. La vieillesse fait peur, elle est associée à la maladie, la dépendance, la solitude. En fait, elle ressemble à une forme d’échec. Au contraire, rester sans âge, en flottant indistinctement entre les générations et les clichés, est perçu comme un engagement public : celui de la résistance au temps. Mais vieillir bien, est-ce que cela signifie avoir l’air plus jeune que l’âge de ses artères ?

1- La perception du vieillissement est subjective

1- Etre plus mâture que son âge… seulement quand on est jeune

Pourtant ça n’est pas si simple. Dès leur naissance, les bébés sont observés sous toutes coutures. Les critères de croissance, selon le nombre de jours, puis de mois d’existence, sont fondamentaux pour connaitre leur état de santé. Déjà, in-utero, ils étaient l’objet d’intenses auscultations pour déterminer, entre autres données, le jour de leur conception !

Ça n’est que le début d’une longue série de comparaisons, de classements, tous basés sur l’âge. Quand on est jeune, la précocité est un atout. A l’école, on s’empresse de savoir si vous êtes du début ou de la fin de l’année. Celles qui ont un an d’avance sont valorisées. En France, c’est un signe de maturité intellectuelle, et croit-on, de réussite professionnelle. Pourtant dans d’autres pays, on pousse les enfants à être les plus vieux de leur classe d’âge, car la maturité physique et émotionnelle comptent davantage dans la vie affective et sociale.

Celles qui ont une année de retard, par contre, auront du mal à développer une estime d’elles-mêmes sur le plan intellectuel. On ne peut pas être en retard quand on est jeune – par contre c’est beaucoup mieux de l’être quand on est vieille !

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2- Ne pas faire son âge… un impératif ensuite

Car plus on vieillit, plus on voudrait oublier les classements. Adulte, la précocité n’est plus du tout dans notre camp. Qui voudrait se mettre avec les quinquas alors qu’elle est toujours quarantenaire ? L’apparence prend de plus en plus de poids.

On ne veut plus « avoir 54 ans », on veut désormais « avoir l’air d’en avoir 49 ». Plus question d’avouer son âge, mieux vaut afficher la joie et la fantaisie d’une personne plus jeune. Car les personnes âgées n’ont intrinsèquement ni joie ni fantaisie, c’est bien connu.

Et tant pis si cela veut dire avoir l’air plus immature. Passé 50 ans, ne pas faire son âge est le plus grand compliment que l’on puisse nous faire. C’est une vraie reconnaissance sociale, en fait, qui montre que :

  • On a fait l’effort de rester digne, présentable,
  • On a pris en compte le regard des autres dans notre attitude,
  • On est encore présente dans l’espace public, et non pas en retrait dans la sphère privée.

Lisez mes articles sur le look après 50 ans : Changer de style à 50 ans : du look au vocabulaire et encore Coiffure : à 50 ans, quelle femme voulez-vous être ? x 

2- Des facteurs génétiques entrent en compte

Les études scientifiques sur le vieillissement montrent qu’on peut agir sur l’âge que l’on parait (voir plus bas). Mais certaines personnes paraissent plus âgées que les autres. Elles sont porteuses d’un gène spécifique qui leur donne une apparence de deux années supplémentaires par rapport à « la normale ». Plus largement, le mécanisme de vieillissement est dû à une combinaison complexe de facteurs génétiques et biologiques, comme on le voit ici.

D’après cet article récapitulatif, deux actions sont efficaces pour le ralentir : réduire l’apport calorique à chaque repas, et faire du sport. On voit que l’on est très loin des compléments alimentaires et des crèmes anti-rides, qui nous réconfortent bien plus qu’ils ne nous soignent. Mais prendre soin de notre beauté contribue largement à notre représentation et donc à notre insertion sociale et professionnelle, même si l’on aimerait l’oublier. L’habit fait le moine dans la plupart des situations, et plus on vieillit, plus on en est consciente.

Entre d’autres termes, qui dit ralentissement du vieillissement dit automatiquement entretien de son image globale :

  • Celle que les autres ont de nous,
  • Celle que l’on a de nous-même.

L’effet est clairement double. Et là on touche à beaucoup plus que notre look objectif, mais au bien-être et à l’équilibre que nous transmettons.

3- Décider de son âge idéal… quand on en a besoin

Assumer son âge, c’est reconnaitre que l’on projette une image, qu’elle nous précède et qu’elle nous suit à la trace. Plutôt que je vous comparer au passé, à vos photos de mariage ou à la naissance de votre premier enfant, je vous propose de passer résolument vers l’avenir. Eh oui, il est impossible de revenir en arrière… et il est tout autant impossible de ne pas aller vers l’avant.

J’ai publié un grand témoignage sur ce saut en avant volontaire, vers la vieillesse, la maturité, la sagesse… l’équilibre. Je préfère très largement anticiper avec plaisir, que de me retrouver coincée dans mes regrets, hors de mon temps.

Voici cet article, que je vous incite à lire attentivement : Oublier mes 46 ans et me focaliser sur mes 63

4- Etre sans âge, ou la personnalité plutôt que l’apparence

On a toutes un curseur personnel qui détermine où l’on se sent bien, entre l’apparence et la personnalité. Pour celles qui comptent sur le regard des autres pour vivre pleinement, lutter contre les signes de l’âge est fondamental. On veut pouvoir rester quelque part dans le coin de leurs yeux, on ne veut pas ne plus être vue. Je suis de celles-là. Je ne voudrais pas disparaitre de la collectivité, crier dans le désert, m’évaporer dans un nuage sans que personne ne s’en soucie.

Mais je suis aussi du côté des autres. Celles qui veulent renforcer leurs choix, leur desirata, leurs projets personnels. Qui veulent s’imposer et affirmer leur potentiel, sans souci du regard des autres, du qu’en-dira-t-on, réel ou imaginaire. Celles qui assument leurs différences et poursuivent seules si c’est nécessaire, sans avoir besoin de la bienveillance d’autrui. La bravoure est une forme d’isolement, mais c’est aussi une pulsion qui nous révèle et nous enrichit.

Réfléchissez ici à votre image, à ce que vous dégagez : Bâtir sa réputation, en public et en privé et encore Récit de vie : toutes ces histoires qui nous forgent 

Etre sans âge, c’est exactement ça : cet arrangement que nous faisons avec nous-même, la dose d’intérieur/ extérieur qui nous définit. Mais que nous devons modifier au fur et à mesure de l’avancée de notre vie, de nos besoins, des conditions dans lesquelles nous sommes. C’est un âge de grâce, durable, où nous sommes pleinement dans l’action ET pleinement dans la réflexion. Qui nous porte loin et pour longtemps.

Pour terminer, lisez mon article qui vous incite à vous dévoiler : A 55 ans, je montre mon corps donc je suis !

La totalité de ce blog est consacrée au renouveau des femmes et des mères après 50 ans : ménopause, vieillissement, alimentation, carrière, amies, sexe… Je traite de la multitude de sujets qui nous préoccupent, sur une centaine d’articles. Mais avant tout, abonnez-vous à ma newsletter du dimanche matin : je me lève tôt pour vous donner des idées, du courage et de la joie !

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Et vous, vous sentez-vous sans âge ou vous inscrivez-vous dans un temps défini ?

Votre expérience m’intéresse. N’hésitez-pas à décrire ce qui vous motive ou qui vos préoccupe sur ce sujet.


    2 replies to "Sans âge : les femmes peuvent-elles vivre hors du temps ?"

    • Christine Bodineau

      Et bien pour ma part, c’est nouveau, je me sens curieuse de ce vieillissement : il y a quelques jours, j’ai réalisé que j’avais plus de cheveux poivre et sel, et en toute modestie, plutôt que les trouver moches, je les ai regardés comme quelque-chose de nouveau, d’ailleurs, c’est bien nouveau quand çà arrive et cette nouvelle image est un début de quelque-chose d’autre, même si début de vieillesse, un début est jeune de quelque-chose par définition donc positivons ! Mais en toute conscience de la réalité bien sûr. Comme on ne peut pas lutter, mieux vaut faire avec et y trouver un intérêt. J’ai donc regardé mes nouveaux cheveux comme on regarde une nouvelle teinture de tissu, un tissu découvert, on se dit « qu’est-ce que je vais pouvoir en faire de joli ? », regardé comme on peut voir la nature changer : les feuilles qui passent de vert à orange, bon d’accord, mes cheveux ne vont pas redevenir blonds c’est sûr 🙂 De toutes façons est-ce que je voudrais qu’ils redeviennent blonds ? Ben pas forcément alors ce n’est pas un problème. Je pense vraiment qu’on devrait avancer dans l’âge avec plus de curiosité et donc de plaisir vers ce nouvel inconnu !

      • Véronique

        Avancer dans l’âge avec curiosité, quelle excellente expression ! Merci Christine pour ce témoignage très intéressant.

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