Vous voulez changer de voie, mais votre conjoint ne vous comprend pas

Mon conjoint ne veut pas que je change : c’est l’une d’entre vous qui me l’a dit expressément. Et elle n’est pas la seule à vivre cette situation. Les couples qui vivent leurs expériences de façon systématiquement synchrone ne sont pas si fréquents que ça.

Peut-être qu’il (ou qu’elle) ne comprend pas l’intérêt de votre projet. Ou qu’il s’y oppose. Qu’il a peur que vous avanciez – ou que vous reculiez. Ou même qu’il est trop débordé pour intégrer vos états d’âme dans son espace mental. Ce sont des divergences récurrentes dans la vie d’un couple.

Pourtant quand les enfants sont grands, il va falloir que vous changiez si vous voulez vraiment vous épanouir, réajuster votre vie à cette nouvelle réalité. Le tout est de ne pas chercher à le persuader à tout prix, mais à ce qu’il se convainque lui-même.

1- Comprendre le point de vue du conjoint qui refuse le changement

1- Quelle est sa position à lui ?

1- Il sait que si vous changez, il devra évoluer aussi

Il n’est pas fou. Vous avez beau lui dire que ça ne concerne que vous, il voit bien, il sait bien, que ça va l’impliquer lui aussi. Le problème, c’est qu’il ne l’a pas choisi. Donc il va devoir faire des efforts d’adaptation pour quelque chose qu’il ne désire pas, et qu’il ne connait pas.

Votre évolution à vous influe sur sa stabilité à lui, et il n’a pas envie de participer. Il vous dit qu’il vous trouve bien comme ça, que vous n’avez rien à modifier, ou des choses mineures, ponctuelles, qui ne vous motivent pas au fond de vous.

Partir en vacances avec votre soeur, aller au théâtre, repeindre le salon, voilà ses propositions. “Tu n’as qu’à regarder la nouvelle saison de The Crown”. “Tu n’as qu’à penser aux cadeaux de Noël”. “Tu n’as qu’à serrer les dents avant le retour du printemps”. Mais il ne s’agit pas de cela, vous le savez, et cela renforce votre perception de décalage entre vous.

Votre conjoint ne veut pas changer, lui. Et le meilleur moyen de ne pas le faire, c’est que vous restiez comme telle.

2- Il a vu une de vos amies faire ça, et les problèmes que ça a posé

Une de vos amies est passée par cette étape, et ça a viré au vinaigre. L’incertitude et la déstabilisation ont gagné toute la famille, qui a vécu un genre de crise pendant plusieurs mois. Et au final, rien n’a aboutit. Par manque de confiance, de solidarité, de préparation ?

Du coup, il est convaincu que vous n’avez pas intérêt à vous lancer dans un nouveau projet, c’est beaucoup trop difficile à mettre en place. Et il n’a pas du tout envie de vous aider, ni le temps.

Là-dessus, il en rajoute dans le genre négatif :

  • “C’est n’importe quoi”,
  • “Il est cent fois prouvé que c’est infaisable”,
  • “Ouvre les yeux deux minutes”,
  • “Profite de ce que tu as, tu n’es pas à plaindre”,
  • “On n’a pas les moyens”,
  • “Franchement, comment est-ce que tu comptes t’y prendre” ?,
  • “Tu as vu ce qui est arrivé à ta cousine Béatrice” ?,
  • “Tu es en train de te faire manipuler”.
  • “Je ne veux pas en entendre parler, débrouille-toi toute seule”,
  • “Et moi là-dedans, tu m’oublies, tu m’abandonnes ?”,
  • “Si tu fais ça, je te quitte !”.

La seule façon de lever ses doutes, c’est d’abord de s’intéresser à lui. Ne nier rien et mettez-vous en retrait, le temps de faire en sorte qu’il s’assouplisse et qu’il soit ouvert à votre changement à vous.

Si vous voulez qu’il vous soutienne, il doit se sentir à l’aise. Sinon il va vous mettre des bâtons dans les roues.

C’est contre-intuitif, mais on n’obtient rien de quelqu’un qui n’est pas en confiance avec lui-même. Rassurez-le d’abord, et il vous encouragera ensuite.

3- Votre indépendance lui fait peur

Vous travailliez de façon routinière, ou peu, ou pas, et “tout à coup” vous voulez trouver une activité, qui va vous amener à d’autres niveaux de pouvoir et de contrôle : ceux liés à la gestion du temps, ceux liés à la rémunération. Il a peur de perdre son autorité.

Ou alors c’est le contraire : votre situation professionnelle vous apporte un gain financier très significatif, et il a peur que vous ne puissiez pas joindre les deux bouts si vous en changez. Il préfère la sécurité financière à la prise de risque. Vous n’avez pas assez de latitude pour vous lancer dans des expériences incertaines, vous dit-il. Et lui ne veut pas assumer plus de responsabilités.

Faites lui exprimer sa peur de vous voir grandir et vous éloigner de lui. Qu’est-ce qu’il redoute au fond ? Et si cela se produisait, étudiez ensemble les possibilités de solutions, une par une.

2- Qu’est-ce qu’il ne veut pas perdre ?

1- La facilité et la sécurité

Avec les enfants, la vie était intense et parfois conflictuelle. Maintenant qu’ils partent, on peut savourer sa tranquillité. Il pense que ça n’est pas le moment de vous voir dans tous vos états, passant par des hauts et des bas alors que vous voulez vous lancer dans un nouveau futur.

En plus, les effets cumulés de la ménopause, de la crise du milieu de vie et du syndrome du nid vide, cela le déroute. Lui n’a pas tout ça. Il craint qu’il ne s’agisse d’une forme de révolution, de guerre contre le passé, d’un retour du féminisme après deux décennies de maternité.

Vous n’avez plus les enfants sur les bras, vous n’êtes plus son copilote et vous reprenez une force sociale aussi grande que la sienne. Il faut qu’il s’habitue. Parlez-lui de tout ça précisément mais calmement, pas sur un ton revendicatif, excédé ou condescendant.

2- La peur de changer, l’incertitude

Au fond, il ne veut pas vieillir. Et donc il ne veut pas que vous changiez. Il voudrait garder son environnement tel quel, et sa femme aussi.

Il voudrait que vous abandonniez votre projet, que vous sacrifiez votre ambition pour préserver le status quo. Il pense ainsi vous protéger : puisque les petits changements ont parfois de grandes répercutions, autant les éviter.

Rassurez-le sur votre amour, et parlez réciprocité : vous le soutenez dans sa position, il vous soutient dans la vôtre.

Prenez le temps, beaucoup de temps, pour en parler. Eviter le sujet augmente drastiquement la sensation d’éloignement, d’isolation, et aide à franchir le pas de la séparation. Mais en parler ne veut pas dire l’ensevelir sous vos arguments passionnés ou intransigeants.

Mieux vaut passer moins de temps à exposer votre point de vue, et tenter plutôt de comprendre le sien. Vous connaitrez ses faiblesses et ses doutes, et votre stratégie n’en sera que meilleure. Vous ne pourrez peut-être pas tout faire, mais au moins vous pourrez faire quelque chose.

On ne peut pas changer l’autre, mais on peut montrer qu’un changement bien mené sur soi-même est une source d’épanouissement pour les deux. Etre soi-même un exemple constructif, c’est souvent une stratégie de réussite à deux.

3- Est-ce que lui-même pense à son avenir ?

1- Il a un projet pour lui et ne vous en a pas parlé ?

Il y a cette possibilité de promotion au sein de son entreprise. Ou ce risque de fermeture : par les temps de Covid, l’économie n’est pas top, ça n’est pas le moment de se remettre en question si ça n’est pas dicté par les circonstances.

Vous entendre parler “avenir” le met dans un état de franche insécurité. Lui-même souffre au travail et voudrait changer, mais ne voit pas comment. Il n’est vraiment jaloux de vous, mais il est trop centré sur ses propres problèmes pour s’intéresser aux vôtres.

Si vous voulez qu’il adhère à votre projet, et de surcroît qu’il vous encourage, il va falloir aussi s’occuper du sien. Vous aurez peut-être deux projets à mener de front, mais au moins vous vous serrerez les coudes, et vous aurez plus de chances d’aboutir, l’un et l’autre.

2- Il veut partir en retraite, et quitter votre ville

Vous faites des projets de reconversion, lui fait des projets de retraite. Dans 5 ans, il peut partir – et il veut partir. Il considère que c’est lui qui a bossé le plus, et donc qu’il a bien le droit de s’arrêter dès que possible.

Oui, il veut que vous changiez… pour déménager avec lui à Lisbonne ou à Annecy. Des lieux où vous pensez n’avoir aucune chance de bâtir votre nouvelle activité. Pour vous qui pensiez faire de la politique et profiter de votre connaissance des lieux et des gens, c’est raté.

Les divergences de choix d’habitat alors que l’on se croit libre de vivre où l’on veut, c’est plus fréquent que l’on ne pense. Et cela pose de vrais problèmes. On l’a vu pendant le confinement, quand les couples se séparaient temporairement pour s’enfermer dans deux lieux distincts. L’un en ville l’autre à la campagne, par exemple.

Là encore, demandez-lui pourquoi il veut partir, et utilisez ses critères pour défendre ensuite votre propre projet.

2- Formuler votre point de vue

1- L’évolution de votre vie de mère

Reprenez les choses au début. C’est à dire les étapes de votre vie. Quand vous êtes devenue mère, et qu’il est aussi devenu père. Vous avez beaucoup étudié le sujet. Discuté. Investi. Et maintenant que les enfants sont grands, vous voulez défaire ce modèle-là et en tricoter un autre. C’est normal.

Pour vous, la phase “maternité” a été marquante, clairement identifiée dans le temps. Vous avez organisé votre vie autour des enfants. Mais pas lui. Ou en tous les cas, beaucoup moins que vous. C’est vous qui avez mis votre ambition professionnelle en retrait, la plupart du temps. Mais c’était il y a tellement longtemps qu’il l’a oublié.

2- Votre besoin de passer à une nouvelle phase

Vous vous êtes coupée en deux pendant 10 ou 20 ans pour gérer la famille et le boulot, et maintenant vous voulez retrouver votre intégrité mentale et émotionnelle. Vous recomposer, en une personne plus évoluée, plus affirmée.

Vous vous retrouvez dans la position que vous aviez au lycée, en quelque sorte : qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ? Avez-vous besoin d’apprendre (et de retourner à l’école), de vous poser de nouveaux challenges, de voyager (même sur le plan figuratif), de vous faire de nouvelles relations, de bâtir votre propre activité, de gagner votre propre argent ?

Expliquez-lui ce questionnement qui vous préoccupe. Faites-lui comprendre que votre parcours n’a pas été guidé de la même façon que le sien.

3- Votre capacité à mener votre projet et à être en couple

Non, vous n’allez pas le laisser tomber. Ça n’est pas parce que vous voulez vous engager dans une nouvelle voie que vous envisagez de le lâcher en bord de route. Vous allez travaillez vos liens de couple, tout en construisant votre vie à vous.

Vous l’avez déjà fait avec la famille : vous vous occupiez de vous, de lui et d’eux. Vous devez le refaire, mais différemment.

Je vous invite aussi à lire cet article sur les théories du changement, utilisées notamment pour changer les comportements en matière de santé publique (alimentation, sport, alcool, cigarette, etc.).

3- Trouver un nouveau projet commun

1- Définir vos objectifs partagés pour les 20 prochaines années

Vous avez déjà défini des objectifs ensemble, au moins implicitement. Quand vous avez fondé une famille, vous saviez que c’était pour la vie, même si vous vous sépariez.

Cela a impliqué une organisation familiale, professionnelle, financière. Mais aussi le choix d’un logement, d’un réseau, d’écoles. Le fait d’élever des enfants construit littéralement la vie sur le plan pratique pendant deux décennies.

Peu de couples envisagent cela comme un projet global, et laissent les adaptations se faire petit à petit. Mais désormais, si vous voulez réussir pleinement, vous avez intéret à imaginer et à planifier en profondeur. Vous avez déjà l’expérience du passé : ce que vous bien mené, ce que vous n’aviez pas du tout prévu, ce qui a foiré.

Vous savez que pour réussir, il faut à la fois de l’ambition et du pragmatisme, de façon à passer du rêve à la réalité. Sans ambition, on ne va nulle part ; sans pragmatisme on ne fait rien.

Réaffirmez votre volonté de poursuivre ensemble le chemin de la vie, et d’avoir des objectifs tangibles en commun pour les années à venir, en plus de vos objectifs propres. Vos enfants ont été un lien fort entre vous, de gré ou de force ; qu’est-ce qui va vous souder, désormais ?

2- Construire quelque chose ensemble qui remplace les enfants

Construire un nouveau projet, de même que vous avez créé et élevé votre famille, voilà ce qu’il vous faut. Donc quand votre famille cesse d’être votre projet central, deux voies sont à suivre :

  • Votre chemin à vous seule : profession, réseau amical, hobbies, etc.
  • Votre chemin à vous deux : rapprochement du couple, projets multiples, à court, moyen et long terme.

C’est l’occasion de penser à la raison qui vous a fait vivre ensemble, en dehors de la construction familiale. Qu’avez-vous en commun ? La découverte du monde, l’implication sociale, la vie intime, l’attachement familial ?

Mon mari et moi aimons rénover nos logements et voyager en autonomie. Nous formons une très bonne équipe sur ces deux aspects, qui nous rapprochent systématiquement quand les divergences de nos vies respectives apparaissent. Quels sont les vôtres ? Ce sont parfois de toutes petites choses qui soudent les couples : danser ensemble, lire les mêmes livres, parler politique. Faire les courses au marché. Jardiner. Organiser de grandes fêtes.

Trouvez ces actions que vous menez mieux ensemble que séparés, et mettez-les en pratique. Dans ces moments de partage, il vous sera plus facile de renouer un lien, d’échanger, de vous comprendre l’un l’autre. Et d’accepter vos projets respectifs.

Ces étapes rallongent le processus de changement que vous pensiez très personnel, mais elles renforcent votre couple et vous aideront à atteindre vos ambitions mieux et plus longtemps.

5- Mon conjoint ne veut pas que je change : le récapitulatif

Remémorez-vous les trois stades d’échanges avec autrui, et tâchez d’appliquer consciemment le dernier.

  1. Argumenter : batailler pour imposer ses idées, ses raisons, ses chiffres. Se transforme très vite en dispute et souvent n’aboutit nulle part.
  2. Persuader : faire en sorte que l’autre suive votre point de vue et vous obéisse. Efficace pour mener une action jusqu’au bout. Mais le cumul de données et de faits rationnels n’est jamais suffisant pour changer.
  3. Convaincre : transformer en profondeur l’attitude de l’autre en l’aidant à puiser dans ses propres ressources émotionnelles. Ecouter, comprendre son attitude, et l’aider à surmonter ses propres faiblesses.

Donc pour résumer, si vous vous sentez limitée par votre conjoint qui ne veut pas que vous changiez, ne vous concentrez pas sur votre situation, mais sur ses propres limites à lui.

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