Femme d’expatrié, devenez free-lance tout en vivant à l’étranger

Créer son job, c’est souvent la solution parfaite quand on habite à l’étranger et que la vie, et le marché du travail, sont instables, au gré des mutations et des déménagements. Car souvent on se sent à part, incapable de mener la carrière qui nous était promise si on était restée en France.

L’expatriation, c’est une belle aventure que je vis depuis plus de 15 ans. A condition de pouvoir travailler et gagner sa vie si l’on en a envie.

Typiquement quand les enfants sont grands et que notre rôle principal n’est plus de les guider dans une nouvelle culture, nous les mères pouvons nous reconvertir dans une activité de free-lance.

J’ai vu de nombreuses personnes faire cette démarche. Il s’agit de conserver le maximum d’autonomie pour pouvoir rester disponible pour sa famille, s’intégrer dans un nouveau pays éventuel, et trouver sa voie bien à soi.

Ce cocktail consiste à réunir des exigences qui n’appartiennent qu’aux expatriées. Mais qui ne signifient pas simplement “s’occuper”, et donc renoncer à mener la vie professionnelle dont on aurait rêver. On peut vraiment passer à la réalisation de soi tout en trouvant une mission significative socialement . Et ne plus nous sentir à l’ombre de notre conjoint comme auparavant.

1- Utilisez votre culture et votre savoir-faire typique

1- Acceptez que le salariat ne soit pas une option

Souvent, la première piste solution qui nous vient à l’esprit, la plus logique, est de trouver un job sur place, en tant que salariée. J’ai testée cette option moi-même et j’y ai vite renoncé : on se retrouve en concurrence avec des personnes beaucoup plus jeunes, à un salaire bas, et il est difficile de mettre en pratique notre expérience de baroudeuse touche à tout.

J’aurais pu persister, et d’ailleurs j’ai vu une coach spécialisée dans l’emploi local lorsque je suis arrivée à Berlin, car mon désir premier était de m’intégrer sur place. Le coaching en lui-même m’a beaucoup aidé… notamment à réaliser que je ne voulais plus être salariée, ni reprendre la carrière que je menais auparavant. Je raconte cette expérience dans cet article.

2- Choisissez de valoriser votre langue et culture d’origine

En Europe c’est assez facile si on parle la langue (ou si on parle anglais), et ailleurs ça dépend des circonstances. Un choix vraiment gratifiant, c’est d’utiliser votre culture francophone, et de la mettre à profit sur place, ou en travaillant à distance avec la mère patrie.

Celles qui sont multilingues et multiculturelles ont un avantage supplémentaire, à condition de savoir parfaitement se mettre dans la peau de votre futur client. Il s’agit d’un travail de flexibilité mentale et émotionnelle qui n’est pas si évident, et qui dépasse largement le cadre du langage et de la traduction.

3- Orientez-vous vers l’indépendance en créant votre job

Voici une liste d’entreprises assez faciles à monter quand on est à l’étranger. Attention cependant : chaque pays possède ses propres codes pour pratiquer une profession, et ce n’est pas parce que vous aurez obtenu un diplôme en France que vous pourrez l’exercer ailleurs. Et chaque pays est plus ou moins favorable à la création d’entreprise, sachez où vous mettez les pieds.

Renseignez-vous bien là où vous vivez avant de vous lancer dans une formation que vous ne pourriez jamais mettre en oeuvre. Vérifiez aussi les conditions d’exercice d’une auto-entreprise française. 

2- Travaillez dans le tourisme 

En voyage, on adore suivre des visites dans sa langue maternelle. Musées et offices du tourisme cherchent des free-lance bilingues (on peut suivre un BTS par correspondance pour se former et obtenir un diplôme).

Mais il est aussi possible tout simplement d’ouvrir sa propre agence et de se faire connaitre en créant un blog qui propose des tours et balades prisés par les Français :

  • restaurants typiques,
  • quartiers pittoresques,
  • boutiques d’artisanat,
  • hauts lieux de culture,
  • marqueurs historiques.

Car nos concitoyens adorent tout connaitre de la culture et de l’histoire de leur destination. Vous pouvez ainsi faire des videos sur les lieux méconnus, hors circuits, et devenir une spécialiste d’un nouveau genre. Un truc : les Français sont des adeptes de la randonnée et adorent les visites guidées à pied, pour découvrir en profondeur une ville ou un quartier. Travaillez vos itinéraires, et lancez-vous !

3- Enseignez la langue française

Si vous passez le diplôme nécessaire (Français Langue Etrangère, faisable en ligne), vous pourrez enseigner dans une Alliance française ou une école similaire.

Mais je connais beaucoup de femmes qui ont simplement ouvert leur living-room (ou qui donnent des cours dans un café, une bibliothèque, ou chez leurs élèves) pour recevoir des collégiens et des lycéens qui révisent leur examen. Ou des adultes en mal de vacances, qui préparent leur prochain voyage à Paris ou ailleurs. Cette catégorie explose, avec la massification du tourisme (avant Covid…) et la bonne santé des jeunes retraités, qui ne demandent qu’à parcourir le monde.

Des plateformes en ligne de mise en relation prof-élève existent dans de nombreuses villes du monde.

Pour exercer, on ne vous demande en général pas de diplôme particulier, mais une expérience ou une certification d’une alliance française peut aider. ll faut évidemment faire preuve de pédagogie, suivre une méthode d’apprentissage (en ligne, avec un ouvrage, etc.), et s’assurer que vos élèves font leurs exercices.

Proposez le premier cours gratuit, et tachez d’identifier très vite ce dont a besoin votre client : pourquoi au fond veut-il apprendre le français ? Souvent, ça n’est pas pour l’amour de la grammaire…

4- Osez la boulangerie

Boulangerie, pâtisserie et chocolaterie sont des savoir-faire typiquement hexagonaux qui n’existent quasiment pas ailleurs. Dès lors que l’on vit dans une ville assez importante avec une clientèle internationale, il est possible de proposer ces délices difficiles à fabriquer soi-même, et joliment empaquetés.

A condition de rentrer au pays pour se former, puis d’accepter de se lever très tôt pour fabriquer les victuailles, et enfin de travailler le weekend, il est possible de monter une affaire prospère, dont une bonne partie de la clientèle sera… les Français eux-mêmes.

Des siècles de tradition et une image de luxe vous permettront de pratiquer des prix élevés, à condition d’avoir un service irréprochable à l’appui.

5- Lancez-vous dans la restauration

La restauration est aussi un secteur qui fonctionne bien, et qui permet de créer une entreprise toute simple (par exemple une camionnette ou un stand fixe qui vend des crêpes, des tartes flambées et des galettes de sarrasin, ce qui ne demande aucune qualification particulière). 

Le “street food” est à la mode dans de nombreux pays, on peut parier qu’il y a encore des places à prendre pour celles qui aiment cuisiner. En fait de cuisine, les menus sont ultra simples ; votre “plus produit” résidera surtout dans l’art et la manière d’entretenir des contacts chaleureux avec vos clients.

La pandémie et la fermeture des restaurants ont fortement bénéficié aux modes de vente ambulants, qui sont précisément conçus pour ne pas avoir à gérer le service en salle, ni la location du lieu, le mobilier, les cuisines, etc.

Vous pouvez peut aussi vous faire embaucher dans l’équipe de service d’un restaurant chic : votre accent et votre style plairont sûrement à la clientèle, à condition que vous vous entrainiez et que vous ayez l’air très pro.

6- Diffusez des produits typiquement français

Vins, fromages, mode, parfums, coiffure ou cosmétiques se vendent bien à l’étranger. Si l’on habite dans une grande ville où la taille du marché est significative, on peut profiter de cette image de marque “chic” et ouvrir une boutique dédiée, travailler comme salariée dans l’une d’entre elles, ou vendre en direct en développant ses réseaux personnels.

L’explosion d’Internet a permis l’essor des free-lance qui vendent des produits importés à la clientèle francophone locale, comestibles ou pas. Avec un bon entregent, vous pouvez aussi toucher les entreprises et les services culturels où travaillent vos compatriotes.

7- Offrez des services aux francophones

Quand une famille s’installe dans un pays inconnu, de nombreux services peuvent s’avérer cruciaux pour sa bonne intégration. Avoir un correspondant francophone constitue un confort extraordinaire et cet appui personnalisé convient bien aux femmes qui veulent créer leur job.

Faites le tour du marché des services en français, et créez le vôtre si vous sentez qu’il y a un manque. Sont très utiles notamment les activités suivantes :

  • Traduction et interprétariat,
  • Aide à la relocalisation : choisir un quartier, comprendre le système scolaire, louer ou acheter un logement,
  • Appui administratif (pour régler les papiers officiels),
  • Conseil fiscal, juridique, assurances,
  • Evénementiel (organisation de meetings, mariages, conférences, etc.),
  • Coaching, que ce soit pour faire du sport, s’orienter à l’université ou destresser,
  • Psychologie, médecine alternative et tous les secteurs de la santé (qu’il est rassurant de trouver une gynécologue qui parle notre langue, ce qui est mon cas ici à Berlin !),
  • Webmarketing, pour aider les entreprises françaises à se faire connaitre sur place.

8- Travailler sur le web

La rédaction web est un métier qui se développe à grande vitesse, où il vaut mieux être curieuse et cultivée. C’est donc l’idéal pour des mères qui ont bourlingué et ont accumulé une grande expérience, sur tout.

J’ai fait un article entier sur ce sujet. Vous y découvrirez d’autres jobs liés à la création de sites web qui sont assez aisément accessibles, après s’être formée en ligne bien sûr.

9- Faites le point sur vos objectifs avant de vous lancer

Je ne peux m’empêcher de vous faire une mise en garde. Je suis moi-même expatriée, et j’ai rencontré de nombreuses femmes qui voyaient leur temps se libérer quand leurs enfants devenaient autonomes, et voulaient en profiter pour créer leur propre affaire. Ou même s’organiser bénévolement de façon efficace, pour être vraiment utile.

Il est facile d’avoir beaucoup d’idées et de se décourager aussi vite. Créer son job, cela signifie trouver le bon créneau, le bon statut et se sentir à l’aise dans ses baskets, pour longtemps. Il ne s’agit pas simplement de remplir son temps : si l’on veut vraiment se réaliser, l’engagement est tel qu’il faut identifier ses motivations profondes, et surmonter ses doutes, tout aussi significatifs.

Vous avez mis des années à étudier et à vous former avant de trouver votre premier travail, il vous en faudra probablement moins cette fois-ci, mais vous ne trouverez pas le job de vos rêves instantanément. Prenez votre temps, accrochez-vous, soyez patiente et tenace et vous aboutirez.

Pour réussir et s’épanouir à long terme, une vraie préparation est nécessaire. Une préparation qui soit exactement adaptée à votre cas, et qui vous consolide pour que vous puissiez aller loin ensuite. Faites-vous accompagner pendant cette période, je vous le recommande chaudement.

10- Créer son job quand on est expatriée : le récapitulatif

  1. Mettez votre culture multinationale à profit
  2. Travaillez dans le tourisme
  3. Enseignez le français
  4. Formez-vous en boulangerie/pâtisserie
  5. Pensez à la restauration, notamment ambulante
  6. Commercialisez des produits français
  7. Proposez un service spécialisé aux francophones de votre ville
  8. Créez votre business sur le web

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Et vous, avez-vous créé votre job alors que vous étiez expatriée ?

Comment avez-vous fait ? Quelles ont été vos difficultés, ou vos bonne surprises ? 

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