Ménopause et désir, un duo de choc ou un éloignement irréversible ? A la cinquantaine et après, lorsque les règles se terminent, deux événements redoutés peuvent nous tomber dessus : l’accumulation des kilos et l‘étiolement du désir sexuel.
Dans cet article
Cette transformation extérieure et intérieure peut être bouleversante, dérangeante, pour notre moral à nous et dans nos relations. Sans compter que c’est souvent l’âge où les enfants partent, ou en tous les cas qu’ils s’éloignent. Ce qui accentue notre sentiment de déroute affective.
Ne vous laissez pas envahir par la déprime sexuelle au moment de la ménopause. Le désir se tapit toujours quelque part : cherchez-le, entretenez-le, partagez-le.
En couple ou seule dans la vie, il existe des moyens de reprendre confiance en soi physiquement, de rebooster sa libido et de retrouver une intimité épanouissante et une liberté intérieure, pour longtemps… le temps que l’on choisit.
La relation à notre corps, cruciale dans la sexualité
L’arrêt des règles, un vrai soulagement
Quand les règles cessent, on sent bien qu’on met les pieds dans une nouvelle époque. Et c’est régénérant. Car tout n’est pas fini, bien au contraire. A la ménopause, nombreuses sont les femmes qui se libèrent de l’éducation des enfants et des chaines invisibles qui la caractérisent (pas toutes les femmes, bien entendu), et qui ressentent un vrai soulagement :
- Elles ont accompli une mission intime : transmettre la vie,
- Elles ont rempli leur devoir social : peupler la planète pour que notre civilisation perdure,
- Elles se sont pliées aux contraintes quotidiennes : faire tourner le foyer.
Réaliser cela fait partie du processus de renaissance des mères à cette époque de leur existence. Elles sont 50-55 ans, elles terminent ce qui aura été l’époque la plus stressante de toute leur vie, et désormais elles peuvent passer à autre chose :
- A la maison (moins d’obligations liées aux enfants),
- Dans la profession (plus de liberté pour grimper dans l’entreprise, ou créer la sienne, ou changer de voie),
- Sur le plan physique (plus de temps pour s’occuper de son corps et s’affirmer d’une façon générale).
La ménopause est une période désagréable, mais pas toujours. Certaines femmes n’ont jamais eu de douleurs ou de vagues à l’âme ni avec leurs règles, ni au moment de la ménopause. Et la sexualité, au final, ne souffre pas forcément de cette période mouvante autour de 50 ans.
Le corps qui change à la ménopause
Etre nue, se regarder, être à l’aise avec soi-même, se débarrasser définitivement de ses complexes. Oui, vous vieillissez. Inutile de cumuler « complexes physiques » + « fatalité de vieillir », c’est beaucoup trop à supporter… et cela ne vous apporte strictement rien.
Observez votre corps avec un oeil neutre, un oeil d’extra-terrestre. Faites la liste de vos qualités, de vos charmes, plutôt que celle de vos imperfections. Déambulez nue chez vous, dormez nue également. Habituez-vous à vous-même chaleureusement. Vous entretenez votre gêne en vous couvrant : donc déshabillez-vous, si cela vous est possible bien sûr.
Prendre soin de son corps, en maitrisant son poids, en gagnant en souplesse, en force, permet de se sentir bien dans sa peau. N’oubliez pas que les ébats sexuels sont aussi une activité physique, comme une autre : plus vous serez en forme, mieux vous apprécierez de le faire, et plus vous serez performante.
Les organes sexuels, pour cachés qu’ils soient chez les femmes, sont bien des organes qu’on peut aussi utiliser, comme les autres, sans y mêler les appréhensions, le non-dit et le non-appris, accumulés depuis l’enfance.
Il est toujours frappant de voir comme les hommes ont accès à leur pénis sans même y penser tellement il est visible, et tellement il est présent culturellement. Alors que les femmes doivent faire un effort pour atteindre leur clitoris, comprendre comment il fonctionne et s’habituer à s’en servir spontanément.
Connaitre son corps et entretenir son périnée permet de bénéficier d’une sexualité plus facile et spontanée.
Réveiller le désir
Nous sommes la source du désir
Réanimez votre source énergétique à vous ! En matière de sexualité, c’est notre « animalité » qui compte. Notre part instinctive, intuitive.
L’amour part du coeur, le désir part du sexe, ce sont deux sensations distinctes. Qui sont plus puissantes quand elles sont combinées, bien sûr, mais qui doivent être envisagées distinctement, pour être mieux intégrées ensuite.
Les femmes qui possèdent cette capacité de créer le désir chez autrui sont souvent celles qui savent d’abord créer le désir en elles-mêmes. On devient désirée lorsqu’on est désirante. La sexualité part de soi et se diffuse vers l’autre, tout comme l’amour d’ailleurs.
Les hommes conservent ce pouvoir de façon automatique plus longtemps que nous, alors que nous vivons plus longtemps qu’eux. Bien entendu, il y a des hommes qui ne ressentent plus de désir sexuel très jeunes, même s’ils ont de l’amour pour leur femme.
A nous d’utiliser les techniques à notre disposition pour entretenir notre flamme interne, et donc éventuellement capter sexuellement l’attention d’autrui.
Utilisez votre clitoris
En réveillant vos organes sexuels, en les utilisant, vous réveillez l’intérêt instinctif d’autrui. D’abord vous, ensuite l’autre.
Les boules de Geisha sont utilisées pour tonifier le vagin. Elles seraient également efficaces pour renforcer tous les muscles du périnée et du plancher pelvien. Pourquoi ne pas s’en servir ?
Les femmes qui veulent attirer devraient d’abord provoquer cette résurgence du désir dans leur corps, en le créant puis en l’entretenant. La masturbation clitoridienne est le vecteur idéal. D’ailleurs, toute fonction vitale du corps peut s’entretenir (un certain temps et même un temps certain, et pourquoi pas toute la vie) : les muscles, la mémoire, etc.
A vous de savoir si vous êtes prête à réactiver votre désir sexuel de façon à vous rendre attractive, ou si vous ne l’êtes pas (et il n'y a rien d'obligatoire là -dessus). Ce n’est pas seulement leur âge ou leur allure qui attirent les hommes chez les jeunes femmes, c’est le désir qu’elles possèdent dans leur corps ; cette sorte de batterie qui se recharge toute seule.
Trouver l’équilibre entre les normes et l’envie
Le manque de confiance, ou le manque de connaissance ?
Il est intéressant de constater que les femmes qui anticipent la baisse de la libido et qui maintiennent leur force sexuelle ne se sentent pas rejetées par la société. Ce qui ne veut pas dire qu’elles plairont à tout le monde, évidemment. Mais fatalement, elles finiront par toucher un autre.
C’est simple : le désir attire, car il est l’expression d’une force de vie, qui active la vie chez les autres.
Ce sont celles qui n’ont plus de désir qui se sentent à part : elles pensent que c’est la libido de l’autre qui va les réveiller, elles attendent qu’autrui leur apportent cette pulsion qui leur fait défaut. Alors que c’est sur leur propre corps qu’elles doivent s’appuyer.
Ou elles renoncent. A force d’attendre et de ne rien voir venir, à force de lire ces articles où on les persuade qu’elles ne sont plus attirantes, à force d’écouter les autres, plutôt que de s’écouter elles-mêmes.
Peut-on vivre heureux sans sexe ?
Bien sur que oui, d’ailleurs ça nous arrivera peut-être à plus ou moins longue échéance. Le sexe est beaucoup moins obligatoire que de payer ses impôts ! Le manque de sexe n’est pas frustrant si on n’en ressent pas le besoin. Ce qui est frustrant, c’est la pression sociale continuelle qui veut nous faire croire que le sexe indispensable, que sans lui l’on n’est plus une femme, mais une vieille personne.
Alors que la sexualité ne concerne qu’une partie de la vie. Une personne qui ne serait que libido, autrement dit obsédée, nous révulse. On pense à certains hommes, mais je suppose que cela arrive aussi aux femmes. C’est un vrai handicap, pas nécessairement celui d’avoir une sensualité débordante, mais celui de ne pas développer d’autres facettes de sa personnalité : manque d’attention, de respect, de douceur.
Remarquons que l'absence d'attirance sexuelle, l'abstinence choisie et une variation du désir sont distinctes. Mais il faut bien reconnaitre que l’asexualité est désormais ouvertement revendiquée par les jeunes, tout comme d'ailleurs tout ce qui se rapporte à la sexualité, qui s'est considérablement banalisée.
Le poids des normes chez les quinquas
Aimer le sexe, être désirante, est devenue une nouvelle norme une fois la ménopause atteinte. De même que rester mince ou méditer au réveil. Toutes ces injonctions nous touchent dans l’intimité, et on y est forcément sensible. Si on ne les suit pas, quelque chose en nous sonne l’alarme : « attention, tu vas te laisser distancer et te faire rattraper par la vieillesse ».
C’est pourquoi beaucoup d’entre nous s’y plient : on obéit à notre époque et à notre génération, ce qui contribue à notre bien-être. Mais certaines n’y arrivent pas, ou ne veulent pas, ou s’en balancent. Dans le cas du sexe, on touche à des peurs ou des envies très intimes, parfois très douloureuses. Chacun (chacune) doit suivre son instinct et écouter son coeur. Et garder la tête froide sur les sujets tabous, qui sont avant tout des constructions mentales.
Oui, il est possible que l’orgasme, le yoga ou la course à pied ouvre les portes du nirvana… mais rien n’est moins sûr. Restons sélective et curieuse à la fois, au moment de la cinquantaine particulièrement, quand on ne sait plus si les portes de la vie s’ouvrent ou se ferment. Mais si vous êtes prête, foncez !
Trouver du plaisir pour une femme après 50 ans
Jouir, pour raviver le manque de désir ?
Le désir provoque l’attraction. Quand on ne ressent plus de désir, on n’attire plus autant. On perçoit physiquement ce détournement de la flamme sexuelle masculine (ou féminine) qui ne s’arrête plus sur notre corps à nous. Donc on ne se sent plus désirable.
Les hommes dédaignent les cinquantenaires, parait-il. On ne les attire plus, à cause de notre baisse de libido, qui découle notamment des changements hormonaux. Notre peau se ride, on est moins naïve, on est moins (beaucoup moins) manipulable, on est plus critique. Du coup, ils sont séduits par les femmes plus jeunes, qui elles ressentent encore cette fièvre dans leur ventre… et qui ne remettent pas en question leur orgueil ou leur autorité.
Quelle injustice : sans rien faire, les hommes ressentent du désir sexuel plus longtemps dans la vie ! Même si plus âgés, ils devront compter sur le Viagra ou ses substituts dans leurs relations physiques. Notre chance à nous, lorsque notre corps nous répond de moins en moins bien, ce sont les vibromasseurs, qui sont très efficaces pour nous aider à jouir.
Réactiver le plaisir donne confiance en soi, et stimule cette source d’énergie, cet appel vers l’autre, que nos hormones ont délaissés.
Les fantasmes, quand l’imaginaire intervient
Il est difficile de comprendre pourquoi on a besoin de fantasmes. Cette expression de l’imagination libre et sans limite (de décence, de conventions), est indispensable à une sexualité épanouie. L’entretien du corps et l’entretien de l’imagination vont de pair.
D’ailleurs il toujours fascinant de voir que la littérature, érotique ou pas, crée un accès direct au plaisir sexuel. Les fantasmes sont un défouloir indispensable, puisqu’ils permettent d’oser penser et de vouloir des choses que l’on se refuse consciemment dans la réalité.
Ils sont utiles dans la tête, ils sont néfastes dans la rue. Jouer avec les fantasmes dans la réalité, c’est comme pratiquer un sport à haut risque, qui contient énormément de règles, de pièges et de dangers. Mais les interdits ne le sont que dans la réalité ; dans l’imagination, vous faites ce qui vous chante.
A ce titre, développer sa fantaisie sexuelle est très important pour équilibrer sa personnalité : être libre dans ses fantasmes permet de rester contrôlée dans son comportement.
J’ai souvent pensé que les femmes entretiennent le plaisir avec l’érotisme littéraire ou créatif, le pouvoir des mots ou des dessins étant très développé chez nous. Tandis que les hommes sont plus strictement des visuels, qui regardent la réalité (dans la rue, les films, les vidéos, etc.).
L’orgasme… et son absence
Ne pas avoir d’orgasmes au cours d’un rapport sexuel est fréquent chez les femmes (et chez les hommes), et cela n’est pas la mer à boire. En vieillissant, on met plus de temps à jouir… et souvent on n’y arrive pas naturellement. En vieillissant, jouir devient surtout une question de patience.
Si le plaisir orgasmique vous manque, vous soulage physiquement, utilisez un vibromasseur. Cela reste un substitut mécanique en plastique, qui ne remplacera jamais un partenaire, son odeur, ses mains, tout son corps. Mais faire l’amour avec une vraie personne tout en utilisant sex toy, c’est aussi très satisfaisant après 50 ans, et c’est tant mieux comme ça.
Si vous êtes seule, son utilisation ravive l’envie de faire l’amour, puisqu’il permet plus facilement de jouir. Donc profitez-en. Vous serez moins frustrée, vous vous sentirez plus attirante… et vous le serez. La masturbation constitue le premier pas vers l’épanouissement sexuel quand on est dans la cinquantaine, et cela vous conduira dans la direction de la complicité intime, et de l’amour d’un autre. Les douleurs et la sècheresse vaginale sont améliorées également. Ça compte.
