Lettre du dimanche · 21 avril 2024
Le ventre et les pieds et le reste
Vous le savez, enfin celles qui me suivent depuis belle lurette : je suis persuadée que le bonheur tient à l’utilisation optimale de notre corps. A l’extérieur, on met en œuvre nos muscles et nos neurones pour qu’ils accomplissent des projets utiles, des plus petits aux plus grands. Et à l’intérieur, on entretient nos boyaux, comme on le ferait du moteur d’une voiture de luxe.
Il me semble qu’on sous-estime cet intérieur : notre ventre, nos intestins, notre digestion, notre plancher pelvien. C’est fou le nombre d’articles que je trouve sur le web qui concerne notre cerveau, nos relations, notre force physique. Mais peu finalement s’intéressent à tout ce qui se transforme continuellement, à petit bouillon, au milieu de nous-mêmes. C’est trop intime. Et puis c’est franchement dérisoire par rapport à ce que l’on tire de nos sensations et de notre pensée – de ce qui fait la noblesse de l’espèce humaine.
Les intestins évoquent ce que l’on ne garde pas en nous, ce que l’on met à la poubelle. La décomposition, l’inutilité, l’inconfort. Ce qui n’est pas créatif et surtout, ça n’a pas d’intérêt puisqu’on le rejette, au sens propre et au sens figuré. Et pourtant, qu’est-ce qu’on se sent bien quand on digère bien.
On s’oublie soi-même, et c’est une vraie joie. Je vous en ai déjà parlé, mais cette vérité me saute aux yeux régulièrement, surtout quand je suis en contact avec les enfants, les femmes enceintes, celles qui ont leurs règles et les personnes âgées : la vie nous tourmente quand notre ventre ne fonctionne pas bien, la vie nous sourit quand il est bien entretenu.
Oui, un abdomen, cela s’entretient aussi. De même qu’un périnée, qui est constitué des muscles qui supportent nos viscères. Même si on frisonne ce matin (une sacrée surprise, cette chute des températures), on va vers les beaux jours, ceux où l’on a envie d’être belle. Commençons par embellir notre ventre et ses périphériques, et voyons comment tout cela nous donne envie d’être au top de notre forme.
Pour l’occasion, je vous renvoie à mes articles sur le sujet, que j’ai un peu repris cette semaine.
Je suis de retour à Nice, mais pour combien de temps ? Mes parents, qui avaient trouvé une relative tranquillité, sont de nouveau dans une phase de déclin.
Mon humeur s’en ressent, et vous ne manquez pas de me le dire. J’ai des phases de tristesse et « d’aquabonisme ». En fait j’ai un peu peur du futur, je le réalise en écrivant ces mots. J’ai toujours aimé m’élancer vers l’avenir, mais là j’ai tendance à piétiner.
Je réalise aussi que dans 13 mois, j’aurai 60 ans, et cela me tracasse, alors que je n’ai jamais accordé d’importance aux anniversaires. Mais il parait que la perspective de franchir une grosse décade provoque souvent des crises existentielles, que ce soit à 20 ans qu’à 40 ou à 80.
En tous les cas, vous comprenez pourquoi je prends soin de mes intestins, qui seraient le siège de nos humeurs. Et je marche plus que jamais. C’est la saison idéale, quand il ne fait pas trop chaud et que les orangers du Mexique embaument…
Véronique

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