Lettre du dimanche · 12 septembre 2021
20 ans avant, 20 ans après
On vous a bassiné toute la journée hier avec la commémoration de la tragédie du 11 septembre 2001 ? Pour moi c’était une journée très particulière. Ce jour-là, il y a 20 ans, j’étais occupée sur un salon en Bretagne, en train de recruter les futurs élèves de l’école d’ingénieurs où je travaillais. Et je venais d’apprendre que j’étais enceinte.
Lorsque la nouvelle des attentats est tombée, tout s’est arrêté. Le salon a fermé. En quelques heures à peine, la panique s’est installée sur la planète. Pendant ce temps, mon mari, américain, tentait frénétiquement de contacter sa famille et ses amis sur place, au Colorado…
20 ans après, je réalise que la vie a filé à toute vitesse. Mon fils est né, a grandi… et est déjà parti. Il a vécu ces 20 années dans un monde angoissé par la menace terroriste, mais cela ne nous a jamais paralysé.
Je n’imaginais pas ce que serait d’avoir un enfant, ni de l’élever, de déménager plusieurs fois, de changer de langues et de cultures. Et pourtant 20 ans, c’est seulement une petite partie de notre vie.
On peut y répéter sans cesse les mêmes routines et les mêmes expériences, choisies ou pas. On peut vivre des épreuves dont on n’arrive pas à sortir, ou accomplir des rêves. On peut rester dans le même environnement. Ou ne plus rien reconnaitre, ni personne, de ce qu’était notre vie à l’époque.
Regardez 20 ans en arrière, imaginiez-vous ce qui allait se produire ? Qu’attendiez-vous de votre vie ? Quel bilan en tirez-vous ? Aujourd’hui je vous propose de réfléchir concrètement à ce que vous voulez pour la (longue) période à venir. Je sais, on ne fait pas ça souvent. On se projette sur un trimestre, jusqu’aux prochaines vacances, parfois plusieurs années, dans le meilleur des cas.
Pourtant c’est en s’imaginant loin en avant que l’on distingue le mieux ce que l’on attend de la vie. Oui, on ne se voit distinctement que lorsqu’on se regarde depuis l’horizon. Le court terme est tellement bardé de deadlines et d’obligations, il remplit tellement notre tête des soucis et des satisfactions du quotidien, qu’il nous empêche de nous dépasser. Pour avancer, il faut sortir de son espace-temps, et faire un vrai bond, celui qui dure presque une génération.
Alors, dans 20 ans, qui voulez-vous êtes ? C’est un sujet qui m’a toujours passionnée. Pour trouver votre vocation, je vous recommande cet article sur l’ikigai. Contrairement à son titre, il est très pratico-pratique. Et la méthodologie japonaise de l’ikigai est remarquable. Si vous préférez réfléchir plus largement à votre place dans l’humanité, et découvrir ce que les scientifiques ont identifié sur ce sujet, regardez celui-ci.
Enfin, je suis très attachée à notre rôle à nous, les femmes, notre capacité à enfanter, à nous renouveler, à guider, en fonction des différentes phases de notre vie. Lisez ou relisez ce texte sur « Nos étapes de vie », et notre renaissance après 50 ans.
20 ans après le 11 septembre 2001, je réalise que l’existence de mon fils a décidé de mon avenir plus que n’importe quoi d’autre.
Aujourd’hui, je suis prête à passer à autre chose. Et vous ?
Véronique

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