
J’ai bataillé pour me refaire une identité, une image, à un moment précis de ma vie : au tournant de la cinquantaine, de la ménopause et des années de lycée de mon fils, avant son départ à l’université.
J’avais la sensation que c’était la fin d’une époque, d’un accomplissement… mais je voyais bien qu’il me restait plusieurs décennies à remplir. Que faire ? Pourquoi ? Comment ? J’ai enfilé les interrogations en cascade.
Mais laissez-moi tout vous raconter depuis le début…
Je suis née à la campagne, dans le Poitou. Après un parcours scolaire tumultueux - les problèmes d’orientation, ça n’est pas nouveau pour moi -, j’ai suivi des études en biologie puis en communication, avant de mener une carrière dans une agence de communication et dans l’enseignement supérieur.
Cette vie classique à la française s’est interrompue quand je suis partie m’installer aux États-Unis, d’où mon mari est originaire. C’est là que je suis passée à temps partiel comme free-lance, en rédaction et en édition, tout en m’occupant de mon fils.
À Chicago, j’ai découvert d’autres façons d’organiser une vie de mère : mes voisines avaient repris une activité professionnelle soutenue autour de 50 ans, après avoir élevé leurs enfants. Cela m’a frappée - et cela m’a beaucoup plu.
Des années plus tard, nous avons déménagé en Allemagne. Était-ce l’âge, le changement de pays et de langue, ou l’atmosphère de reconstruction qui règne encore à Berlin ? Je suis entrée dans une période trouble d’interrogation sur mon avenir.
Et j’ai réalisé que je n’étais pas la seule ! Autour de moi, des femmes d’une cinquantaine d’années se remettaient elles aussi en question, parfois douloureusement.
Pourquoi maintenant ?
Je me suis aperçue que l’on sous-estimait cette étape du départ des enfants, alors que l’on survalorise leur arrivée. Non pas seulement parce qu’ils nous manquent, mais parce qu’ils ont occupé une place tellement centrale dans notre vie. Comment nous redéfinir quand nous ne sommes plus mères au quotidien ?
Notre corps change, notre place aussi. Mais on parle peu de ce que cette métamorphose ouvre sur le plan social, intellectuel, professionnel, ou privé. Comment retrouver une trajectoire de vie qui dépasse très largement le fait d’avoir eu des enfants ? Et quelle place prendre dans la vie publique ?
À Berlin, après de multiples soubresauts, j’ai décidé de partager mon expérience et mes questions sur cette période bouleversante de la vie.
Pour moi, ce blog a été aussi - surtout, peut-être - un besoin de me relier à d’autres, d’échanger et de ne plus me sentir seule.
Une fois mon fils parti étudier au loin, nous avons déménagé à Nice, en France. Mais ma vie itinérante n’est pas terminée et me voilà sur le point de repartir à nouveau.
Vous trouverez ici des centaines d’articles et de lettres qui reflètent les discussions que j’ai avec vous : parfois légères, parfois profondes. Et j’y parle beaucoup de mon vécu, car c’est là que je suis le plus crédible.
Je vous souhaite une très bonne lecture, au plaisir de discuter avec vous.
