Aller au contenu
Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 14 janvier 2024

Le lieu et l’instant

Être au bon endroit au bon moment, c’est tout un art. L’environnement et le temps, l’extérieur donc, participent énormément à la création notre bien-être et à l’apaisement de nos frustrations.

J’angoissais à l’idée que mes parents partent chacun 4 semaines, au moment des fêtes et séparément, dans une structure médicale. Et bien, cela leur a fait un bien fou. Ça les a franchement rajeunis, tous les deux. Ils ont pris des vacances, des vraies, sans jamais faire la cuisine ni le ménage, à se laisser dorloter par le rythme très lent et par les visites de la famille et des amis. Ça les a réconciliés avec la grande vieillesse.

J’avais une épouvantable image des établissements pour personne âgées et en convalescence, héritée de l’expérience de ma belle-mère Carolyn qui s’accrochait à nous en hurlant pour qu’on ne l’abandonne pas et qui préférait être peu soignée qu’être soignée au loin.

A Poitiers, mes parents se sont prêtés au jeu pour qu’on s’imagine qu’ils n’avaient pas du tout besoin de nous. C’est, je crois, ce qui nous a le plus soulagés : ils ont su donner le change le cœur serein et profiter de leur sort malgré le manque criant de personnel. Ce qui nous a montré qu’au fond, ils étaient beaucoup moins malades que Carolyn. Ils savaient qu’ils allaient revenir chez eux. Ça n’était pas vraiment le début de la fin. Ou peut-être que si : c’était une étape de cette période de déclin, parfois calme, parfois aiguë.

Décidément être au bon endroit au bon moment, ça aide à repartir. Je me souviens, ça aidait les enfants qui n’aimaient pas leur classe ou leur école : on les transférait, et ça repartait. Ça aidait mes amies qui se morfondaient dans leurs études ou leur boulot. Ça m’a beaucoup aidé moi, par exemple quand j’ai quitté une ville grise pour une ville dorée.

Le tout est d’en faire quelque chose. Une fois que l’on est bien positionnée, que l’on n’a plus à se morfondre de ces conditions de vie qui nous chagrinent, que l’on remercie le ciel chaque matin d’être où l’on se trouve, comment est-ce qu’on va pouvoir donner le meilleur de soi-même ?

Comment s’y prend-on pour rajeunir, donner le change et profiter de son sort ? J’adore regarder les enfants et les personnes âgées, qui tentent jour et nuit de nous dire ce qui leur convient ou pas. Souvent sans mots, juste avec une attitude, plaisante ou pas, qui nous indique le meilleur chemin, même si ça n’est pas celui que l’on s’était imaginé ou que l’on croyait bon pour eux.

Pour bien démarrer ce début d’année, je vous renvoie sur ces deux articles sur le cadre de vie qui vous aideront à vous recaler, côté décor.

Véronique

Illustration de la lettre « Le lieu et l’instant »
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

La lettre du dimanche

On continue dimanche ?

Chaque dimanche matin, je vous écris sur nos vies après 50 ans. Sur ce qui m’arrive personnellement... sur ce qui nous arrive collectivement.

D’une lectrice à l’autre

Vous pensez à quelqu’un ?

Faites-lui plaisir et faites-lui découvrir Les Nouvelles Femmes !