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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 25 avril 2021

Comment sortir du trou ?

On n’avait pas prévu ces « rallongements à rallonges », les couvre-feux variables selon les pays, les vérifications débiles aux frontières, les masques autorisés ou pas, les dates et délais de vaccination (suivant de mystérieux critères) et les tests, obligatoires et datant du jour même quand on veut entrer dans un magasin et s’acheter une robe de printemps à Berlin !

On pensait qu’un jour, hop, tout s’arrêterait. Et que l’on reviendrait, fraiches, heureuses - et immunisées - sur le front de la civilisation. Sauf que ça va prendre un an.

… Que de jolis souvenirs, et comme on va bien les reconnaitre, nos lycéens, dans 20 ans, sur les photos de classe où tout le monde, prof compris, porte un masque. Très peu ajoutent une pancarte à leur nom – sont-t-ils ceux qui ont peur de s’oublier eux-mêmes, ou de disparaitre dans l’anonymat généralisé ? Quand on les regarde, on a l’impression qu’on leur a coupé la parole. Comme aux otages. En réalité, ils peuvent parler… mais ils ne peuvent pas s’approcher l’un de l’autre : le contraire de ce qu’affichent ces photos.

Comment désormais interagir avec les autres ? Comment la solitude nous affecte-elle physiquement ? Tout le monde y va de sa prophétie. Que vont devenir les relations sociales au Québec ? En France ? Aux Etats-Unis ?

Ce qui m’a frappée au cours de mon récent voyage, c’est la diversité des comportements de nos amis proches : certains ont brisé leur isolement juste pour nous voir, d’autres n’ont pas voulu du tout sortir de chez eux, d’autres encore vivent comme si de rien n’était. Mais ceux qui se sont enfermés ont vraiment souffert. Je pense ici à mes beaux-parents, dont l’amertume et l’irritation se sont retournées l’un contre l’autre. Ils sont en guerre. Et ils n’ont personne à l’extérieur pour vider leur sac, alors ils se battent à coup de phrases méchantes et définitives, d’inflexibilité.  Pas facile d’être pris au milieu de leur tourmente et de devoir jouer le rôle de la personne mature, alors que l’on a une génération de moins.

J’avais justement écrit un de mes premiers articles sur notre rôle de conseillère, et ce qu’en dit la science. Je serais curieuse d’avoir votre avis sur la question.

Finalement je voudrais vous interpeller sur « le cycle féminin », une nouvelle appellation des règles, et de leur impact sur notre comportement. La péri-ménopause, c’est un genre de pandémie personnelle : on souffre sans savoir pourquoi, on n’en voit pas le bout, mais une fois qu’on en est sortie, qu’est-ce qu’on respire mieux.

La péri-ménopause peut être éreintante, comme je le disais dans cet article ; « 50 ans, bientôt la fin des règles pour les femmes ». J’ai eu souvent l’occasion d’en parler avec vous récemment, et je vous le redis ici : l’arrêt des règles change la vie. Et pas que la vie personnelle : tout serait influencé par notre cycle, y compris la façon dont on vote !

Voilà pour ce dimanche, mes chères lectrices. Je reprends dès demain l’écriture après ce long voyage aux Etats-Unis. Dites-moi ce qui vous préoccupe une fois passées vos 50 ans, mais glissez-moi aussi vos espoirs, vos coups de cœur, vos buts tangibles. Je fais ma petite cuisine de la diversité de vos vies, et j’essaie de vous donner des repères fiables. Pour que nos chemins soient plaisants et créatifs malgré tout, et qu’ils nous conduisent bien là où nous voulons aller. Et le cas échéant, pour nous sortir du trou.

Véronique

Illustration de la lettre « Comment sortir du trou ? »
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

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