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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 24 mars 2024

Hommes-femmes, la suite…

J’ai reçu de nombreux messages suite à mon dernier texte sur les hommes, un peu enflammé sans doute, sur mon ras le bol de voir les femmes affirmer qu’elles sont des victimes. Vous étiez plutôt septiques, arguant que les plaintes sont fondées et qu’il est normal de crier son malaise en public. Cela m’a fait beaucoup réfléchir.

L’ère est à l’oppression et au ressentiment. Le dérèglement climatique, les guerres, le patriarcat, l’immigration, la religion, tout y passe. Les gens sont accablés, et les femmes clament qu’elles le sont davantage que les autres.

Des centaines d’experts nous expliquent que les systèmes sociaux sont des constructions basées sur des biais, privilégiant certaines catégories d’individus plutôt que d’autres. Les hommes blancs occidentaux sont les plus coupables, car ce sont eux qui les auraient créés.

La société dans son ensemble passe par une phase d’amertume et de ressentiment. Au lieu de regarder devant, elle regarde derrière, tâchant de trouver une explication, une justification, une structure cohérente à ces complots tentaculaires dans lesquels on se serait retrouvées imbriquées historiquement, malgré nous.

Dans un des commentaires de l’article de la semaine dernière, la fille de l’une d’entre nous a déclaré à sa mère : « Pour toi les hommes c’est la sécurité, pour moi c’est le danger ». Cela m’a profondément troublée.

D’abord parce qu’aujourd’hui en France, jamais les hommes n’ont été aussi tranquilles et collaboratifs. Il y a moins de chance que jamais de se retrouver pénalisée en tant que femme, que ce soit comme collègue ou comme conjointe, surtout chez les jeunes. Et puis parce que les hommes, pour nous, ont été (et sont toujours) beaucoup plus que de la sécurité. Ils ont été une acceptation de la différence, une appréciation de la différence. Avec les hommes, on a fait donnant-donnant. Cela nous a obligé à composer, à communiquer, à nous remettre en question, à aller quelque part sans y laisser notre âme.

Aujourd’hui, les hommes ne représentent pas plus un danger que les femmes. C’est la relation que nous formons avec eux qui est plus ou moins saine, épanouissante, constructive, ou au contraire éprouvante, inéquitable, bancale.

Cette semaine, je vous ai concocté un nouvel article retraçant l’évolution de la relation homme-femme et de la vision que les femmes ont d’elles-mêmes. Du couple à l’individu, il y a deux générations… et beaucoup d’inventions, qui ont été cruciales.

Je réitère ici mon message, celui que je dispense partout au travers de ce blog : Nous ne sommes pas des victimes, nous ne sommes pas invisibles, nous ne sommes pas les bonnes à tout faire. Pas plus que n’importe qui d’autre !

Nous sommes fortes, utiles, intelligentes, créatives, et devons montrer l’exemple. Nous sommes capables de nous allier aux hommes, et cette alliance est toujours fructueuse, même si elle est ardue.

Arrêtons d’adhérer à des théories qui alimenteraient nos déboires, et qui feraient de nous des oubliées du monde. Ce serait mépriser toutes celles qui ont vécu avant nous, qui n’ont pas été plus idiotes.

Ce serait aussi nier notre responsabilité en tant que mères, qui ont élevées des fils… devenus des hommes.

Véronique

Illustration de la lettre « Hommes-femmes, la suite… »
Illustration créée par l’IA pour Les Nouvelles Femmes.

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