Lettre du dimanche · 17 avril 2021
Le couple et la pandémie, ça fait deux
Et voilà, c’est la fin de ce voyage : je vous écris de l’aéroport à Chicago, juste avant de repartir vers Berlin. J’espère que vous aurez l’occasion de vous y rendre, un jour. Ce voyage était le bienvenu, après cette année entièrement passée entre 4 murs. J’ai de la chance, je ne me suis pas (trop) battue avec mon mari, et on n’est pas au bord du divorce. Mais j’ai discuté avec de nombreuses personnes qui ont vécu une année conjugale frustrante, énervante, épuisante.
La pandémie aura tué beaucoup de couples à petit feu, c’est sûr.
Si vous êtes prête à boucler les valises et à partir sans lui pour un grand voyage, sachez que vous n’êtes pas la seule ! Car ce qui nourrit un couple, c’est justement ce que chacun peut apporter de différent, de nouveau, d’interpellant. Souvent cela provient des liens professionnels tissés à l’extérieur, ou des responsabilités associatives. Mais aussi des projets communs, les grands, comme les déménagements. Quand on est face à face pendant 365 jours, que l’on écoute en boucle les news totalement déprimantes, et même s’il y a encore des enfants à la maison, qu’est-ce qu’on finit par tourner en rond ! Par se répéter.
Par se ronger d’ennui, tout bêtement. Et cela, surtout quand on a déjà de la bouteille en termes de mariage. Nous, on vient de fêter nos 20 ans, comme le temps passe… Et je sais bien que c’était les 20 années les plus intenses de notre couple, puisque c’étaient celles où nous avons élevé notre fils.
Dites-moi, quand les enfants partent et que les années s’empilent, comment est-ce que vous vous y prenez pour conserver un couple solide ? Ou même un couple fragile ?
Aujourd’hui, on parle de cette sensation qui nous envahit insidieusement après des années de vie commune.
Je vous laisse méditer sur ce sujet tandis que je m’apprête à aller à la porte d’embarquement de Lufthansa. Pour moi, c’est calé d’avance : on vit sur 3 pays, ça nous laisse de quoi nous renouveler, ne serait-ce qu’en essayant d’aider nos deux paires de parents, si différents, si vieillissants. Allez, il est l’heure. C’est d’accord, je vous emmène en catimini dans ma valise, je sais que vous en rêvez, vous aussi.
Bouclez votre ceinture, et attention au départ…
Véronique

La lettre du dimanche
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