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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 2 novembre 2025

Endiablée

Il y a une semaine, j'ai eu ma grande crise annuelle : celle de ne plus pouvoir sortir marcher à ma convenance à cause du changement d'heure. J'ai passé du temps à me remuer les méninges pour savoir comment remplacer, en partie, cette activité-là, qui pour moi combine le mouvement, la méditation, la photo, la réflexion professionnelle intense... et les appels téléphoniques avec vous. (Mon temps de marche, à ne rien faire en apparence, est résolument productif). J'ai visionné des vidéos en pensant me mettre à la zumba, au yoga ou au vélo électrique de mon père qui prend la poussière dans le garage. Et finalement, j'ai décidé de faire à ma façon.

Chaque matin depuis une semaine, je me lève donc à 5h30 (je n'ai pas changé d'heure), j'enfile direct mes vêtements de gym et mes écouteurs, je me branche sur une de mes playlists (concoctées précédemment au cours de mes marches en forêt) et je file dans une chambre libre. Et là je danse, je m'étire et me déhanche pendant 45 minutes, comme une ado extatique. Je mouline des bras, je saute sur mes jambes, je m'accroupis, je ralentis, j'accélère, je serre mes abdos et surtout, surtout, je m'amuse un max. Et je n'ai absolument pas peur du ridicule 😄. Je baille bien encore un peu le temps que ça dure, mais pas beaucoup, je vous assure. ...

A 6h25, je suis quand même drôlement contente d'arrêter, d'aller mettre la cafetière en route et de souffler un moment sous la douche. Ensuite, je savoure ma chance : mon corps est souple, j'ai accumulé plein d'énergie, je n'ai mal nulle part car je ne force pas, j'ai écouté de la super musique... et j'ai encore toute la journée devant moi. Il fait nuit noire dehors mais j'ai réussi à mettre du soleil dans ma vie. Je vous en ai parlé mille fois : je suis ultra-sensible à mon corps, à ce qui s'y déroule, à ce que je n'arrive pas à en faire, à ce à quoi il ressemble.

Cette semaine, je vous ai écrit le deuxième article promis sur la renaissance après 50 ans. Il s'agit bien sûr de la renaissance du corps. De la réintégration, parfaitement consciente, de notre enveloppe, et de tout ce qu'elle renferme, dans notre vie de tous les jours, dans nos relations, dans notre travail, dans nos projets. Il me semble que nous pourrions écrire toute notre histoire uniquement du point de vue de notre corps : croissance, cycles menstruels, maternités, ménopause, maladies, sport, vieillissement. Vie assise, vie couchée, vie debout. Dehors, dedans. Ça change tout, quand on y pense.

Véronique

Une femme de 58 ans danse librement au casque dans sa chambre, avant l’aube.
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

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Chaque dimanche matin, je vous écris sur nos vies après 50 ans. Sur ce qui m’arrive personnellement... sur ce qui nous arrive collectivement.

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