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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 15 septembre 2024

Les pantalons de la physiologie

Après deux mois de grosse chaleur, on s'est pris de sacrées averses à Nice. Mais ce weekend, le ciel rayonne d'orangé et de douceur : c'est le temps idéal. J’en ai profité pour refaire le tour de ma penderie, que je tente d’alléger en prévision de mon déménagement début décembre. Et là, (mauvaise) surprise ! Je ne loge plus dans la moitié les trois-quarts de mes pantalons. Je m’étais pourtant bien dit que j’avais tendance à m’arrondir. Il parait que la chaleur nous incite à nous découvrir et à mincir, mais que trop de chaleur nous irrite et nous incite à manger pour décompresser.

Bref, j’ai ressorti la balance connectée mardi dernier, avant d’avaler mes deux tartines (au lieu de trois). Et je réécris mes menus chaque jour, pour ne pas être prise au dépourvu, sachant qu’ils sont toujours calés sur le même modèle, comme je vous en avais parlé ici. Surtout, je me force à ne prendre aucun gramme de sucre, auquel je suis, je dois le reconnaitre, totalement addictée.

Bon. J’avance à grands pas vers la décennie suivante, celle qui commence par 60 et se termine par 70. Cela me semble absurde, ridicule et incompatible avec tout ce que j’ai pu envisager de moi-même jusqu’à présent. Je ne suis ABSOLUMENT pas prête. Et voilà qu’est parue une étude démontrant que notre corps se transformerait drastiquement à deux âges précis : 44 et 60 ans. Comment ça, je vais changer encore plus dans l’avenir ? Mais pauvre de moi, que vais-je devenir ?

Ça m’a remué. Alors j’ai voulu remettre ça dans un contexte plus large, ce qui me rassure toujours. Et j’en ai fait tout un article sur l’évolution de notre corps de femme, de la naissance jusqu’à la vieillesse, en relation avec l’évolution de notre rôle social. Vais-je pouvoir remettre mes pantalons adorés dans 25 ans ? Ça serait mieux pour l’environnement, de ne pas racheter de fringues. D'ailleurs les modes reviennent rituellement, croisons les doigts pour que ça dure. Et puis il n’y a pas de petites économies, comme dirait ma mère. Pourvu que mon corps soit docile. Pourvu que je ne change pas. Pourvu que ma balance m’aide. Je n’ai pas fini de me tracasser, j’ai l’impression. Mais pas question de se laisser piéger par la déprime ni par la pensée magique. Courage ! Allez, je vous laisse sur cet appétissant programme.

Véronique

Illustration de la lettre « Les pantalons de la physiologie »
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

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