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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 25 février 2024

Est-ce que les mots nourrissent ?

Pas étonnant que le menu-pilule revienne régulièrement sur la table. On prendrait un comprimé ou deux, ou peut-être même une perfusion mensuelle, et on n’aurait plus besoin de manger. Ni de faire les courses, ni de cuisiner, ni de débarrasser. Fini, le garde-manger, l’ilot central, le lave-vaisselle, la salle à manger. Ça transformerait la vie. Le paysage urbain et le paysage campagnard. Les métiers, les ambitions, les syndicats, les salons de l’agriculture.

Les relations sociales. La maternité, la St Valentin, le mariage et toute la vieillesse. On gagnerait, combien ? Trois heures supplémentaires par jour ? Et notre sommeil réduirait d’autant, la vie nocturne étant largement occupée par la digestion.

…Des heures créatives, où l’on serait libre de faire ce qu’on veut. Car en plus on serait drôlement performantes, moins centrées sur notre corps, occupées à améliorer ce monde injuste et imprévisible où ceux qui fabriquent la nourriture gagnent si mal leur vie… tout en nous rendant malades … tout en se rendant malades.

Bon, on n’en est pas là. Si un jour cela arrive, on ne sera plus du tout animales, tout juste un peu humaines. Est-ce que ça vaut le coup ? La nourriture nous définit, à l’extérieur et à l’intérieur. Mais elle nous emprisonne aussi. L’obésité réduit les PIB, les troubles alimentaires détruisent leurs hôtes. Les diktats envahissent nos neurones, ce qui dérègle nos instincts - on en a parlé la semaine dernière.

Mais manger, c’est si bon ! Ça nous réchauffe le cœur et le corps. Ça nous conforte, ça nous structure, ça nous excite, ça nous apaise. Cela nous fait même réfléchir. Manger nous faire vivre, de toutes les façons possibles. Alors on ne l’aura jamais, ce menu-pilule. Enfin, pas tant que nous sommes en vie.

Pour pallier cette très mauvaise nouvelle (car enfin, on voudrait bien l’obtenir, cette tranquillité alimentaire, enfin moi - parce que vous, cela ne vous tracasse pas toujours autant si j’en juge par les courriers que vous m’avez envoyés cette semaine), donc pour pallier cette nouvelle pas terrible, je vous ai préparé un menu idéal.

Le menu idéal post 50 ans. On y mange bien, facile et pratique et selon les normes actuelles. De façon répétitive mais pas ennuyeuse. Et bien sûr on y parle beaucoup (enfin moi, of course), car entre manger et converser il n’y a qu’un pas.

Véronique

Une femme asiatique en blouse jaune partage un repas et une conversation animée avec trois amis.
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

La lettre du dimanche

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Chaque dimanche matin, je vous écris sur nos vies après 50 ans. Sur ce qui m’arrive personnellement... sur ce qui nous arrive collectivement.

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