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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 3 septembre 2023

Allez, on s’y remet, courage !

Encore une. Une rentrée, bien sûr. Ça nous a marqué toute la vie, en tant que fille. On était meilleure à l’école que nos frères, on aimait les cahiers et les crayons tout neufs, on jouait des heures durant à la maitresse. Ça nous a marqué autant en tant que mère, la chef d’orchestre de ce monde parallèle qu’est l’éducation. Aujourd’hui, retrouvons l’enthousiasme de notre enfance.

Je vais revoir les copines. Avec un peu de chance, je vais avoir des profs sympas, et peut-être que l’un d’entre eux sera passionnant. Je vais drôlement m’amuser, apprendre, travailler, souffrir, rigoler. Cette fois je n’hésite plus : je vais donner un coup de pied à ce garçon horrible qui m’agace à chaque récré. Je refuse catégoriquement de poursuivre le latin. Je suis une grande. Une Grande.

Septembre, c’est un feu d’artifice de couleurs, de rendez-vous, de frénésie. Pour vous qui avez encore des lycéens ou des étudiants dans les parages, c’est le moment de lire attentivement la définition du mot patience.  Pour celles qui se retrouvent seules, haut les cœurs, il s’agit de refaire votre vie, ou au moins une partie de celle-ci, la partie évidée de vos enfants.

Chaque femme, chaque année, se transforme un peu en septembre. On s’ajuste, on se réajuste, on observe l’extérieur pour mieux se couler dedans. On fait peau neuve, de cette nouveauté qui nous gonfle d’espoir et de crainte. Même celles qui n’ont pas de famille contemplent le soleil qui brille tandis que les feuilles tombent.

Un mélange de beauté et de tristesse – de cette sensation poignante que le temps passe et que vite, vite, vite, il faut mettre nos rêves estivaux en œuvre… avant qu’ils ne s’évaporent… ou ne se transforment à jamais en regrets.

Un jour nous étions des filles, nous courions comme des malades dans les cours de récré pour capter le piment de la vie qui s’enfuyait devant nous.

Aujourd’hui nous sommes des quinquas. Nous courons toujours, tentant de nous défaire discrètement de cette monotonie que nous avons si bien mise en place. Pour remettre nos pendules à l’heure, la fièvre dans nos baskets et notre vocabulaire à jour, je vous invite à lire cet article qui parle de notre condition féminine aujourd’hui, un thème que tout le monde adore évoquer à notre place. Nous avons largement eu le temps de nous faire une petite idée sur le sujet, même s’il y a drôlement longtemps que nous sommes sorties des salles de classe.

Demain, je me remets à plein temps à l’écriture après cet été ultra-total-familial. J’ai tellement envie/besoin de retourner travailler. De retourner à l’école en fait, puisqu’écrire, c’est toujours un peu ça : on s’assoit sur un banc et on contemple le monde… tout en galopant à toutes jambes pour tenter de saisir une ardeur vitale… et échapper à la routine, aux conventions, aux clichés, aux mille manies de nos vies superbement programmées.

Véronique

Une femme âgée aux cheveux argentés court joyeusement vers l’école avec une jeune fille.
Illustration créée par l’IA pour Les Nouvelles Femmes.

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