Lettre du dimanche · 28 mai 2023
Empowerment ? Féminisme ?? Patriarcat ??
Est-ce que vous vous sentez souvent infériorisée par rapport aux hommes ? Pour moi, a priori, pas trop. Je me suis battue (verbalement parlant) avec mes frères quand j’étais petite, en supposant que tout le monde faisait la même chose. Comme je n’avais pas de sœur, je n’ai pas eu l’occasion de développer une culture « de nana ».
Pourtant avec mes cousins, on était 6 à habiter dans la même maison. Moitié filles, moitié garçons, plus ou moins du même âge. On ne s’est jamais divisés selon nos genres. On se divisait par la taille. Pour pouvoir jouer à notre jeu préféré : « les p’tits contre les grands ». Et ça marchait très bien.
Moi j’étais une grande – et j’écrasais les petits avec application (le vocabulaire, ça me connaissait). On gagnait presque à tous les coups. C’est ça, la sélection naturelle. C’était la société idéale.
J’imagine ce que c’est de grandir dans une population matriarcale : être le petit qui se laisse tabasser mentalement par sa frangine. Aimablement, spontanément, avec philosophie.
Se faire taper dessus, avec ses mots ou avec ses poings, c’est une destinée comme une autre. Taper sur les autres aussi. Je faisais ça avec amour – j’aimais beaucoup mon petit frère. J’étais sûre de mon pouvoir. D’ailleurs à la même époque, j’ai écrit mon premier (et unique à ce jour) roman : « Les filles se défendent ». C’était du sérieux.
Ça a duré quelques années, le temps que les hormones ne fassent pousser mon petit frère. Depuis, il s’est largement vengé. Il a découvert que la classe dominante, en vrai, c’est les garçons – quel que soit leur âge. Désormais, je suis une quinqua vieillissante et lui, avec 3 ans de moins, il est un grand pro. Il me parle avec un peu de condescendance, il me pose des questions un peu humiliantes, et parfois il oublie un peu que je moi aussi, j’ai des trucs à dire. Mais rien n’y fait. Il est clairement en position de force. Et il en abuse. Aimablement, spontanément, avec philosophie.
Bon, je passe mon temps à vous raconter ma vie. C’est ce qui m’a inspiré ce blog, je suppose. Cette fois-ci, je vous ai écrit un nouvel article, où se mêlent des théories et des mœurs, du vécu et des statistiques. C’est sur les hommes et les femmes – qui ne se tapent pas forcément dessus, mais qui se coulent dans des rôles pas vraiment glorieux.
J’y aborde le féminisme, le patriarcat, et surtout l’empowerment. Et j’y parle de ma passion de la famille. Même quand on se tape dessus.
Véronique

La lettre du dimanche
On continue dimanche ?
Chaque dimanche matin, je vous écris sur nos vies après 50 ans. Sur ce qui m’arrive personnellement... sur ce qui nous arrive collectivement.
D’une lectrice à l’autre
Vous pensez à quelqu’un ?
Faites-lui plaisir et faites-lui découvrir Les Nouvelles Femmes !