Lettre du dimanche · 21 mai 2023
C’est quoi, votre réputation ?
Il y a quelque chose que vous me dites de temps en temps. Et même plus souvent que ça. C’est « je me moque totalement du regard des autres ». « Je suis comme je suis ». « Je m’en balance, de ce que les autres pensent ». Et juste après, vous vous lancez dans des heures d’explications. De justifications. Sur la façon dont autrui ne vous regarde pas, la manière dont votre voisine vous traite (ou votre mère), ce que vous êtes obligée de faire au travail pour qu’on vous prenne au sérieux – d’ailleurs, est-ce que vos enfants vous voient encore ? Et votre conjoint ??
Bref, vous vous moquez du regard (ou de l’absence de regard) des autres… pendant 2 petites minutes. Et après il vous envahit. Est-ce que je suis bien ce qu’ils voient – ce qu’ils croient ? Mais ils se trompent, pour qui me prennent-ils ? Ces gens sont aveugles – et moi je suis transparente, et seule au monde.
Je suis passionnée par cette question de l’image que l’on renvoie. De notre réputation. Au travail, à la maison. Avec nos amies. Dans notre immeuble. Il me semble que notre génération-de-mères-dont-les-enfants-sont-grands réalise d’un seul coup que hors du foyer, où l’on espère régner encore, on n’est pas grand-chose.
L’extérieur ne nous connait pas. Les collègues nous devinent plus ou moins, mais on n’a pas le temps de s’occuper d’eux. On va au plus vite et on coupe au plus court – du coup, ils nous craignent un peu. Entre 50 et 60 ans, il va falloir se refaire une beauté sociale. Se bâtir une réputation, consciente et maitrisée – mais pas fausse ni artificielle. Dedans et dehors : en privé et en public.
Je vous ai écrit un article entier sur ce sujet. J’espère qu’il vous aidera à sortir de votre univers familial douillet (ou peuplé de cactus) … alors qu’il se transforme jour après jour, avec le départ des enfants, celui des parents, la perspective de la retraite et de la vieillesse inéluctable…
Véronique

La lettre du dimanche
On continue dimanche ?
Chaque dimanche matin, je vous écris sur nos vies après 50 ans. Sur ce qui m’arrive personnellement... sur ce qui nous arrive collectivement.
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