Lettre du dimanche · 23 avril 2023
Un jour, le (petit) enfant parait
Je viens d’apprendre un truc : le mois où le plus de bébés naissent en France est juillet, suivis de mai-juin. Mais ça n’a pas toujours été le cas et avant la seconde guerre mondiale, c’était l’inverse : on naissait en janvier, puis en février-mars.
Toujours est-il que nous les Français, venons au monde surtout la première partie de l’année. C’est pour cela que ces jours-ci, pile pendant les vacances d’avril, on voit des berceaux qui surgissent de partout et des articles sur la maternité et la grand-maternité qui déboulent en masse sur internet.
J’ai une amie de longue date qui va être grand-mère, et lorsque que je l’ai appris, ça m’a presque autant bouleversée que si on me l’avait annoncé à moi. Grand-mère ! J’adore l’idée du premier petit-enfant (et même du deuxième, et de tous les suivants). Mais grand-mère ! Je déteste la réalité de l’expression.
Grand-mère, c’est le signe ultime de la vieillesse officielle. « Grand-mère » + « Retraite », c’est LA combinaison perdante sur toute la ligne. C’est la disparition sociale faite femme ! Pourtant, comme l’idée d’avoir un nouveau bébé dans la famille (et l’idée de cesser de travailler par obligation) me plaisent beaucoup-énormément. Un nouveau petit loulou tout frais + des décennies entières à faire ce qui nous chante, n’est-ce pas le paradis qui s’annonce ?
Mais je hais le vocabulaire. Je ne suis tellement-pas-prête-du-tout à rentrer dans l’une ou l’autre des catégories. Je n’aurais jamais cru en faire partie un jour (peut-être que cela ne m’arrivera pas d’ailleurs, vu que ma retraite se réduit comme peau de chagrin, et que je n’aurai pas grand-chose à voir dans la fabrication de nouveaux rejetons – c’est mon fils qui choisira ou pas d’être papa).
Je profite de cet air de renouveau pour faire le point sur la grand-parentalité. Et me remémorer mes propres aïeuls. Les miens s’appelaient grand-mère et grand père d’une part (nous les vouvoyions), pépère et mémère de l’autre.
Ah ça non alors, il est hors de question que par-dessus le marché, je devienne une mémère !! De ces déconcertantes interrogations existentielles, je parle dans ce nouvel article.
Je me remémore mes années d’écolières, si loin de me douter de ce que deviendrait ma vie. Que vais-je dire, un jour, à ce petit-enfant en puissance, pour qu’il perçoive le lien qui le relie aux générations qui le précèdent ?
Véronique

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