Lettre du dimanche · 27 novembre 2022
Les liens du couple
Aujourd’hui, parlons de durabilité du couple. D’équipe. D’union. De partenariat. Comment ça marche, pourquoi certaines s’y plaisent et d’autres pas ? Je ne parle pas de vie sexuelle (d’ailleurs dans un couple qui existe depuis des années ou des décennies, c’est surtout le contact physique qui soude, la tendresse exprimée). Et je ne parle pas non d’amour. Quand on atteint la cinquantaine, tout le monde a compris que le sexe et l’amour sont des éléments essentiels, de l’attraction et de la joie d’être ensemble… mais qu’ils jouent beaucoup moins sur la durée.
Un couple dure surtout parce qu’on le construit : on a des aspirations, des buts, on les met en œuvre et on continue. Sous le soleil et sous l’orage. Certaines études montrent même que le secret du couple durable, c’est avant tout l’art d’éviter l’escalade des reproches. Ça n’est pas très glamour, mais c’est très efficace (c’est si efficace que ceux qui renoncent à leurs aspirations communes, ou ceux qui ne les ont pas identifiées, font souvent une croix sur leur destin commun).
Pour cela, on combine nos ressources. Nos caractères, nos forces et nos faiblesses. Notre estime. Notre confiance. Nos illusions. Nos revenus. Gloup – qu’ai-je dis ? En commun, vous êtes sûre ?
Ah, mais non mais non, qu’est-ce que vous me racontez, je veux tracer ma propre voie, surtout maintenant que je n’ai plus d’enfants mineurs dans les parages. Vous ne comprenez pas : le « commun », j’ai déjà donné. La seule chose que je veux, c’est du « personnel ». Penser à moi. Le monde et Moi : c’est ça mon couple !
Vous aussi, vous sentez ce déchirement dans votre cœur ? Vous voudriez faire ce que vous voulez, et surtout ce que votre conjoint n’aime pas ? Être indépendante. Solide comme un roc. Ou bien, laissez-moi deviner. Vous rêvez d’un amant qui garde sa vie à lui et qui partage les weekends avec vous. Style vie étudiante. Retour dans le temps, celui de la liberté. Remplacer la solitude par des diners aux chandelles.
… Nos envies de couple sont comme les saisons : elles changent. Selon l’époque, l’âge, la pression sociale. Aujourd’hui, on aspire à une vie conjugale juxtaposée. Un peu « in », un peu « out ». On a tout ce que les hommes ont. Donc on n’a donc plus besoin d’eux. Sauf pour le fun bien sûr. Cette semaine, j’ai pris ce désir à contrepied et j’ai travaillé sur les liens : ces attaches dont on ne peut pas se défaire si vite, ces liens conjugaux qui sont plus grands que nous, plus forts aussi. Ceux qui nous obligent à mettre des forces dans autre chose que nous-même. Et à aller plus loin.
Véronique

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