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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 16 octobre 2022

Sortir de la solitude

J’ai reçu beaucoup de messages à la suite de ma dernière lettre, consacrée au vieillissement de ma famille et belle famille. Celles qui m’ont écrit sont souvent des personnes dont les parents sont déjà partis, souvent depuis longtemps…

Les souvenirs resurgissent. Le sentiment de vide, d’abandon, est là, ancré pour toujours. Comment est-ce qu’on se transforme, comment est-ce qu’on évolue à la mort de ses parents, surtout quand ils partent très tôt ? Je reviendrai un jour sur ce sujet.

Vos lettres m’ont interpellée sur la question de la solitude. C’est l’un de vos commentaires récurrents : « je suis très occupée, mais je me sens seule ». C’est en quelque sorte le prix à payer lorsqu’on travaille et qu’on élève ses enfants en même temps. La vie est super pleine, chaque minute est prise puis aspirée par la minute suivante.

On s’occupe sans cesse des autres. Les temps de répit, à l’inverse, sont consacrés à « s’occuper de soi » – une expression typique des années 2000, qui consiste à ne rien faire, à se bichonner ou à faire un truc qu’on ne partage surtout pas. Mais cela ne suffit pas à notre bonheur. Car justement, c’est le partage qui rend heureux. L’échange intime, le rire spontané, la complicité.

Ces merveilleux moments d’insouciance où l’on se retrouve tout à coup avec 40 ans de moins, à glisser des trucs loufoques dans l’oreille de notre copine de classe, et quelques années plus tard à discuter pendant des heures du sens de la vie.

On est légère. On est profonde. On est égales. Dans la cinquantaine, on aspire à sortir de cette coquille familiale exigeante, à se débarrasser de notre solitude conjoncturelle. Pas facile de réouvrir son cœur. Pas facile de retrouver les mots de la curiosité, les mots de la simplicité, les mots de l’allégresse. Il faut se déshabiller, quitter nos manteaux cousus de responsabilités – de mère, de professionnelle, de maman solo ou de « femme de ». Et se retrouver un peu nue, un peu fragile, un peu perdue.

Non, on ne sort pas de la solitude en 2 semaines. Oui, on peut le faire en quelques mois. Et se sentir comblée comme jamais. La solitude, c’est le thème de mon article de cette semaine, un tout nouveau texte sur un très vieux problème.

Comme d’habitude, je passe par des tas de détours : j’aime l’errance littéraire. L’écriture conversationnelle. Donc j’y mets aussi beaucoup de ce que vous me dites, ou de ce que vous essayez de me dire.

Véronique

Dans une entrée lumineuse et chaleureuse, une femme accueille deux amies souriantes qui referment leurs parapluies vert et bleu ; la visiteuse rousse porte une coupe très courte et, derrière elles, la ville pluvieuse est plongée dans une soirée sombre.
Illustration créée par l’IA pour Les Nouvelles Femmes.

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