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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 2 octobre 2022

Wonder Woman

Cette semaine, c’était à mon tour de me sentir accablée par la tonalité des news, à la fois à la télé et dans ma famille.  Pourtant je suis une résistante. Si on croyait à tous les prophètes de malheur, si on ne croyait pas en la capacité humaine à se réinventer, alors quel serait l’intérêt de vivre ?

Je suis toujours plus intéressée par les solutions que par les problèmes. C’est peut-être parce que j’ai franchi tant d’étapes dans ma vie, j’ai tellement évolué sur le plan personnel et social, que je sais bien… que c’est possible. Pour me doper, j’ai relu cette histoire qui circule depuis des lustres sur Internet, et que je trouve particulièrement émouvante (vous la connaissez probablement, mais je ne résiste pas à l’idée de vous la remettre)

Un jour, un enfant rentre de l’école avec une lettre pour sa mère. Il lui dit : « Mon instituteur a demandé que je te donne cette lettre, à toi, uniquement à toi. » Sa mère ouvre alors la lettre, la lit silencieusement, puis déborde de larmes…Elle décide ensuite de lire la lettre à son fils : « Votre fils est un génie. Cette école est trop petite pour lui et nous n’avons pas d’assez bons enseignants pour l’instruire. Veuillez le faire vous-même. »

La maman décide donc de prendre en charge son enfant. Entre temps, son fils devient un scientifique de renom. Il invente l’ampoule électrique, le télégraphe, le phonographe, la centrale électrique, la caméra, etc.

Après le décès de sa chère mère, alors qu’il fouille dans les vieux souvenirs de famille, il trouve une lettre pliée dans une boîte.  Il s’agit de la lettre qu’il avait donnée étant enfant à sa mère de la part de son instituteur.  Elle disait ceci : « Votre fils est un cancre. Il est déficient. On détecte chez lui une maladie mentale. Nous n’autorisons plus votre fils à revenir à l’école. »

Cet enfant, c’était Thomas Edison, l’un des plus grands scientifiques, si ce n’est le plus talentueux, de son époque.  Il pleure pendant des heures et il ajoute ceci dans son journal : « Thomas Edison était un enfant nul et déficient, qui, grâce à une mère héroïque, est devenu le génie du siècle. » Voilà un bel exemple de ce qui est appelé l’effet Pygmalion à savoir que le regard que l’on porte sur un autre être humain influence sa réalité et son futur.

Les mémoires de Thomas Edison La mère héroïque qui défie les prédictions et transforme l’avenir d’autrui, c’est nous. Les quinquas (plus ou moins, vous êtes de tous les âges à me lire) ont cette capacité à déjouer les statistiques. A déceler ce qui est utile, et à s’y consacrer. Sans se laisser démoraliser, influencer, manipuler par des considérations secondaires. Distinguer l’essentiel, et s’y plonger corps et âme : c’est désormais notre mission.

Les jeunes ne voient pas ces nuances, ils sont se plongent pour des causes et des phénomènes avec passion mais sans recul. Ils suivent les modes collectives sans réaliser qu’il existe d’autres courants. Les vieux savent ce qui compte vraiment, mais ils perdent l’intérêt dans la société. Leur monde se rétrécit, ils ne veulent plus participer à ces vagues qu’ils savent cycliques, ils finissent par perdre les mots et l’énergie pour transmettre.

Nous on est les « intermédiaires ».  Dans tous les sens du terme : intermédiaire en âge, et intermédiaire en action. On collecte, on trie, on sélectionne et on transmet. On donne le meilleur de nous-même pour les autres. En sachant pourquoi. C’est une belle mission. Pour ma part, je l’adore. Qu’il y a-t-il de plus beau que d’aider autrui à grandir, à croire en l’avenir sans douter, inlassablement, même quand les circonstances clament le contraire ?

Le soutien inconditionnel. Ceux qui en bénéficient vont très loin. Ceux qui le donnent aussi. Et pour alimenter vos méninges, voici mon article sur « l’image des femmes à 50 ans » réactualisé, avec notamment un lien vers un texte très intéressant sur l’âgisme.

Véronique

Une jeune fille très abattue reçoit le soutien d’une femme mûre devant une maquette dans un atelier.
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

La lettre du dimanche

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