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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 20 mars 2022

La réussite, quelle réussite ?

Cette semaine, je suis allée à un colloque sur le cerveau. Quelle joie de tout comprendre, dans les moindres nuances, après toutes ces années passées à l’étranger, à tâcher de deviner ce que voulaient dire les intervenants, dans ces langues qui ne sont pas totalement les miennes…Bref. On y parlait notamment de réussite (dans ce colloque).

La pandémie a achevé de transformer ce que notre siècle avait inauguré avec le développement personnel : la réussite est une affaire intime autant que sociale. Mais comment définir ses propres règles alors que l’on est élevé collectivement, pour répondre à des besoins conjoncturels et plus larges que nous ? Cette question m’a longtemps obsédée.

Les femmes de notre génération, en particulier, ont été poussées à se révéler professionnellement et financièrement, notamment pour s’imposer face aux hommes, tout en poursuivant leur « mission naturelle », celle d’avoir des enfants. On l’a fait.  Le boulot et les enfants. On s’en souviendra ! Surtout quand notre boulot n’était pas si visible, si grandiose, si impactant que ça (on avait des gosses à élever, hein ?).

Nos enfants, eux, ont bien observé la liberté sociale que cela nous a donné. Ils ont aussi vu le piège que cela a été, sur le plan personnel. Le déchirement, la fatigue, l’absence, le stress. C’est pourquoi la réussite, aujourd’hui, est ouvertement souple. C’est celle que l’on se fixe soi-même, en tenant compte de son utilité sociale.

C’est une réussite qui nous épouse corps et âme, qui nous va bien, et que l’on mesure selon nos propres critères. Ça peut être celle de ne pas avoir d’enfants (une idée qui se répand à toute vitesse chez les jeunes femmes, qui ont finement décrypté la vie de leur maman… et celle de leur papa). Ça peut être celle de se consacrer uniquement à la famille et à la maison, une idée qui se répand elle-aussi (chez les filles, mais aussi chez les garçons). Ça peut être de vivre sa vie par étapes.

Ça peut être de changer de vie plusieurs fois, ou tous les 10 ans. Ça peut être de ne travailler qu’à mi-temps. Ça peut être de créer son entreprise, de vivre sur un autre continent, de ne travailler que la nuit et le weekend.Je ne crois pas que le cumul pressant et intense que nous avons vécu sera aussi commun dans une ou deux générations.

Et vous, comment voyiez-vous la réussite à 25 ans ?  Alors qu’une génération a passé depuis votre jeunesse, comment la voyez-vous aujourd’hui ? Avez-vous accompli ce qui vous tenait à cœur ? Comment comptez-vous le faire ?

Véronique

Une femme concentrée peint une aquarelle tournée vers elle, près de son livre « Ma réussite », tandis que deux proches préparent la table sur la terrasse.
Illustration créée par l’IA pour Les Nouvelles Femmes.

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