Lettre du dimanche · 13 février 2022
Des amies pour maintenant ou pour longtemps ?
Les amies, c’est tout sauf naturel. On oublie que lorsqu’on était sur les bancs de l’école, on s’interrogeait déjà sur notre place, sur notre image parmi les autres. Comment suis-je perçue ? Suis-je attirante ? Celle-ci ne m’aime pas, cette autre est collante, celle-ci est sympa mais elle a déjà son tandem.
On fournit de vrais efforts pour tester, oser, s’imposer, choisir. C’est une démarche qui exige de sortir de soi, de passer du temps ensemble, de surmonter des épreuves ensemble, d’avoir des projets ensemble, de se fâcher et de se réconcilier, ensemble, de rigoler, de rêver. De s’apporter quelque chose, de durable. De vivre un bout de vie en commun, comme pour un couple.
Oui, évidemment, deux amies, c’est un couple comme un autre. Moi qui ai beaucoup déménagé, j’ai un critère personnel : les amies, ce sont celles que je reverrai quel que soit l’endroit où je vis. Elles acceptent que je parte vers mon destin, j’accepte qu’elles vivent le leur. Séparément. On est réciproque et on est élastique : on se donne la liberté et le soutien, en même temps. Mais c’est difficile de garder ses amies quand on n’est plus là. La présence compte. D’ailleurs parfois on finit par perdre de vue quelqu’un qu’on a très bien connu. C’est un vrai chagrin Mais cette amitié-là était liée à un endroit, à des circonstances. Pas à une évolution.
Cette rupture, oui, c’en est une, a un goût amer. Je suis toujours un peu surprise de découvrir, après 6 mois, ou quatre ans, ou une décennie au loin, avec qui le contact n’est pas rompu. C’est un peu la loterie.
D’autant plus qu’il faut le vouloir, avoir du temps, s’engager : l’amitié est exigeante. Étant loin, j’ai passé un temps fou à me déplacer pour revoir mes proches. C’est d’ailleurs le contenu principal de mes vacances : je retourne ici ou là, pour voir celles/ceux que j’ai connu.
L’amitié s’entretient, physiquement. Parfois, on se retrouve seule. A la faveur d’une surcharge de travail, d’un déménagement, d’un divorce, d’un licenciement. D’une maladie, d’une dépression, du départ des enfants. Du hasard. On découvre que l’on n’a plus personne à qui se confier. Quel vide ! C’est dur, triste. Et c’est fréquent. Comment est-ce que je le sais ? Car mon article intitulé « comment se faire des amies à 50 ans » est l’un des plus lus de ce blog. Oui, l’amitié est une chose importante, vitale, dans cette société où la solitude s’est installée, où le travail compte plus que tout, où réserver du temps pour de longues conversations, c’est un luxe.
Cette semaine, j’ai repris et largement enrichi ce texte : « Comment se faire des amies à 50 ans ? ». Pour moi, il est d’actualité, puisque je suis nouvellement installée à Nice, où je ne connaissais personne. Et pour vous, il l’est sans doute aussi : c’est bientôt la sortie de l’épidémie, il est temps de redécouvrir ses proches, ou d’en trouver d’autres, en chair et en os. Comment vais-je me refaire un réseau de connaissances, et surtout quelques intimes, désormais ?
Et vous, quand prévoyez-vous revoir vos meilleures copines, vos fidèles complices, vos amies adorées ?
Véronique

La lettre du dimanche
On continue dimanche ?
Chaque dimanche matin, je vous écris sur nos vies après 50 ans. Sur ce qui m’arrive personnellement... sur ce qui nous arrive collectivement.
D’une lectrice à l’autre
Vous pensez à quelqu’un ?
Faites-lui plaisir et faites-lui découvrir Les Nouvelles Femmes !