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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 21 août 2021

Fin ou début ?

Derniers jours d’aout, ça sent la fin. Ou le début ? Pour nous les mères, le démarrage de l’année, c’est toujours en septembre. Janvier, c’est juste régime, rhume et rangement. Mais septembre, c’est frénésie, achats et planification. L’école rythme notre vie, même si on n’y met plus les pieds depuis des lustres. Est-ce que vous avez des enfants scolarisés ? En études supérieures ? Sur le départ pour trouver un travail au loin

On a toujours un serrement au cœur de les voir partir. Vont-ils se faire des amis ? Aiment-ils les cours, le boulot, ou est-ce qu’ils font ça pour nous faire plaisir ?  Est-ce qu’on ne se trompe pas, en les envoyant toute la journée se barber à écouter des inconnus parler de sujets si éloignés de la vraie vie ? Est-ce qu’on ne se trompe pas, en les incitant à prendre des postes dont on sait pertinemment qu’ils seront insatisfaisants ? Et la vraie vie, est-elle vraiment intéressante ? Équitable ? Stimulante ?

Je me suis tellement ennuyée sur les bancs de l’école, que j’ai développé depuis toujours un discours super positif (probablement très déconnecté de la réalité) pour que mon fils s’accroche. Ça a marché, il aime étudier. Pour ma part, je préfère nettement apprendre aujourd’hui ; à 18 ou 20 ans, j’aimais beaucoup plus l’action, j’étais incapable de rester en place. Et surtout, je n’avais personne pour me dire de m’accrocher et que ces années-là sont déterminantes. Résultat, j’ai largement tourné en rond. La vie n’est pas toujours bien fichue.

On ronge son frein quand on est jeune, et l’ennui nous rattrape quand on vieillit. Pour ces derniers jours de vacances scolaires, j’ai voulu vous redonner un coup de boost. Eux partent vers leur avenir, ce grand inconnu, fait de hasard, de courage, de renoncements et de recommencements. Et nous aussi. Partons en même temps, vers notre avenir à nous. Faisons un vrai point sur notre vie, et supprimons ce qui nous pèse, construisons ce qui nous manque.

On n’a qu’une vie, et elle s’ouvre en grand quand nos enfants quittent la maison. Saisissons l’opportunité de nous réorienter, de nous renouveler, ou de nous conforter sciemment dans un parcours global. Alors aujourd’hui, on parle d’ambition. Pas facile de mettre des mots sur ça. Cela vous stimule, vous énerve, vous frustre ? Choisissez les mots de votre ambition, bien à vous. Je vous ai écrit un article étrange, sous forme de liste. Une liste de mots à couper, compléter, raturer.

Il y a mille façons d’être ambitieuse après 50 ans, et c’est à nous de les définir et de les formuler. Pour l’occasion, je vous remets ce texte sur la reconversion des mères. Faites le point, en cette fin aout, après 18 mois de pandémie isolante et stressante. Prenez votre temps, parlez-en à votre conjoint, vos amies. Parlez-en à vos enfants. Après tout, c’est toujours d’eux dont il s’agit. Mais connaissent-ils vos buts, à vous ? Il est rare qu’ils nous regardent avec fierté, ou même qu’ils nous regardent tout court.

Pourtant je n’aimerais pas du tout que mon fils me considère avec dédain ou déception. Non, je suis fière de lui et je veux qu’il soit fier de moi. Ça me pousse pour avancer. Ça me pousse à être ambitieuse, à ma façon.

Véronique

Illustration de la lettre « Fin ou début ? »
Illustration créée par l’IA pour Les Nouvelles Femmes.

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