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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 1er août 2021

Août et le temps qui passe

On y est. En aout. Comme le temps passe. Les années s’empilent, puis les mois, les jours. Les heures.  Parfois je suis très active, je vis 10 journées en une seule. Parfois je ralentis, comme maintenant au creux de l’été. Et alors je gaspille mon temps, avec une paresse toute professionnelle.

Notre temps, on en fait ce qu’on veut, non ? Mais justement, parfois on ne sait pas ce qu’on veut. Et donc on ne fait rien. On piétine. On veut changer, mais on ne sait pas quoi, donc on ne démarre pas. Mais depuis que j’ai déterminé que je voulais quitter Berlin, et que j’ai réussi à convaincre mon mari, tout s’accélère. J’ai passé la barrière mentale, après avoir tourné en rond pour savoir ce qui n’allait pas.  Souvent, on a du mal à mettre le doigt sur ce qu’on voudrait changer. Est-ce notre look, ou bien la façon dont on nous regarde ? Est-ce notre job ou bien ce que l’on apporte à la société ? Est-ce notre conjoint ou bien l’amour qui nous manque ?

Il est beaucoup plus facile d’aller vers l’avant une fois que l’on détermine nos motivations réelles. Pour cela il faut parler, écrire, à soi ou aux autres. Les mots nous emmènent loin, utilisons-les davantage, exprimons-nous !

Cette semaine, je poursuis ma réflexion sur l’image des femmes quinquas, entamée la semaine dernière. Cette fois-ci, je parle de l’âge. On voudrait bien l’oublier, celui-là. Mais comment faire, alors qu’on apprend à le compter depuis toujours, plus précisément dès que l’on sait mettre une jambe devant l’autre ? Lire, écrire, compter – toute la vie. Les anniversaires, ce sont des moments mémorables quand on est jeune :  qu’est-ce qu’on est fière qu’ils grandissent, nos petits loulous. Et puis vient notre tour. Et là on n’est plus contente du tout. L’âge devient carrément déplaisant. Il nous fait peur. On trouve débile qu’on nous en parle.

« Mais non, enfin, on s’en balance d’avoir 50 ou 60 ans, ce qui compte, c’est ce que l’on est ! ». Vraiment ? Moi, je n’oublie rien. Et surtout pas mon âge. Et je le donne à tous ceux qui voudraient le connaitre. Mais ça n’est pas venu tout seul. Aujourd’hui, je suis sans âge.

J’ai écrit cette semaine tout un article sur la question, sur ces chiffres tant appréciés quand on débute la vie, tant redoutés quand on s’approche de la fin. Ces chiffres dont on ne sait pas trop si on doit les fêter ou les taire : « Sans âge, les femmes peuvent-elle vivre en dehors du temps ? »

Et vous, est-ce que vous êtes bien dans votre âge ? Pour ma part, je ne le changerais pas d’une seule minute. Même au ralenti.

Véronique

Illustration de la lettre « Août et le temps qui passe »
Illustration créée par l’IA pour Les Nouvelles Femmes.

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