Lettre du dimanche · 27 juin 2021
Sylvie P et road trip
Aujourd’hui je vous écris rapidement, alors que je suis sur la route des vacances, de Berlin à Poitiers. On a fait un arrêt à Baden-Baden, près de la frontière française. Un petit bijou d’architecture classique, au cœur de la forêt noire, connu pour ses thermes, dont les premiers ont été construits par les Romains.
Puisque que j’y suis, parlons vacances. Et même grandes vacances, celles des élèves et des profs, qui durent tout l’été. Vous allez aujourd’hui rencontrer Sylvie, une directrice d’école maternelle.
Non, elle ne nous raconte pas ses projets en juillet-aout. Mais comment elle a vécu simultanément deux formes de conflits de générations : l’arrivée de collègues beaucoup plus jeunes dans son école, et le départ à la retraite de son mari.
Pas facile, de se positionner entre ceux qui arrivent et ceux qui partent… Tout à coup, nos fondements s’ébranlent. C’est sûr, ça va toutes nous tomber dessus un jour ou l’autre. Vous en avez déjà fait l’expérience ?
La nouveauté de la semaine, c’est que finalement j’ai craqué : je me suis fait couper ces cheveux que j’avais mis si longtemps à laisser pousser. Décider de ma coiffure m’a vraiment pris la tête récemment, et franchement je suis contente d’avoir fait le pas. L’été aidant, j’ai voulu faire un trait sur l’année confinée. Je ne suis pas la seule.
On est dans une période de renouveau esthétique. Les cheveux blancs, pas de soutien-gorge ni de maquillage, voici la nouvelle tendance XXIème siècle, renforcée (mais pas créée) par l’isolement de l’année passée. Bien sûr, le « naturel », et même le « super basique », sont soigneusement calibrés et véhiculés dans la société dans son ensemble : la simplicité, ça n’a rien de facile.
A comparer avec le XVème siècle en Toscane. Et vous, comment allez-vous vivre votre été ? En cultivant votre look aux petits oignons pour paresser à la terrasse des cafés, ou en conservant votre allure « épidémie 2020-21 », sommaire et sans chichi ? Je vous laisse sur cette fondamentale question existentielle. Et moi je repars vers Fribourg, une autre ville allemande. Manucurée à souhait.
Véronique

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