Lettre du dimanche · 6 juin 2021
Ouf, ouf et re-ouf
Cette semaine, c’est celle des fleurs des champs… et de la liberté. A Berlin, les terrasses rouvrent, sans test ni vaccin. Et notre imagination se déploie en même temps. Mes rêves de voyage reviennent, c’est un rituel chez moi. J’en ai fait un nouvel article : « À 56 ans, tout lâcher pour partir aux quatre coins du monde devient une nécessité ».
Oui, bien sûr, évidemment, que le désir de liberté nous assaille après ces mois de confinement. L’interdiction de se retrouver ensemble, de partager un repas, on en a soupé. Aller au restau, c’est presque une épopée, que l’on savoure largement autant que le menu. Mais le top du top, c’est de savoir que nos enfants vont pouvoir enfin partir, faire leur vie, sans la crainte de revenir squatter notre domicile pendant plusieurs mois – en partageant très généreusement leur déception (leur horreur ?) à l’idée de rester scotcher chez papa-maman.
Dans la cinquantaine, ce passage obligé de la séparation se fait tantôt facilement, tantôt dans la douleur. Mais il est indispensable pour intégrer notre nouvelle étape : la vie post-maternité. Et il est essentiel pour changer de trajectoire, partir sur de nouveaux projets, débuter ces changements que l’on a tellement désirés, mis de côté depuis des lustres, en attendant notre heure.
Cette fois, on se prend une double dose de liberté, celle d’après la pandémie et celle d’après les enfants. Et en plus, notre conjoint va enfin délaisser la table du salon sur laquelle il a télétravaillé depuis des mois, sans bouger d’un pouce. OUF, OUF, et RE-OUF.
C’est clair : en juin, on veut être tranquille. On veut des fleurs des champs, de la simplicité. On veut de la solitude, totalement choisie. Et totalement appréciée. Qu’on nous laisse en paix ! Mais au fait, que faire pour notre plaisir : voyager, sortir, où, quand ? J’ai actualisé pour l’occasion un article déjà publié il y a quelques mois… juste avant la rechute covidienne.
Et pendant qu’on se balade sous le soleil, on écoute un super replay « à 50 ans, trop jeune pour être vieille », le cri du coeur de Joëlle Goron, journaliste de 77 ans, sur France Bleu. « Elles sont sympas, elles ont de l’énergie, elles rigolent… » et pourtant « c’est un peu dérangeant, ces femmes de 50 ans qui sont bien dans leurs baskets ». « Ni dame ni fausse gamine », on a « de la tenue dans son cerveau et dans son physique ». Merci à Joëlle, pour son peps et son pragmatisme.
Véronique

La lettre du dimanche
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