Aller au contenu
Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 16 mai 2021

La deuxième floraison

Les générations se suivent et ne se ressemblent pas. Les femmes changent, les mères changent. On fait des enfants de plus en plus tard, moi la première (mon fils est né alors que je venais de fêter mes 37 ans), et c’est l’objet de l’article de cette semaine : « Grossesses tardives, à 50 ans nos enfants sont ados ».

Sans transition, je réfléchissais ce matin très tôt au fait qu’il est épatant de voir comment on peut se renouveler, inventer, d’un point de vue collectif. Je déteste cette nostalgie qui consiste à refaire ce qui a déjà été fait, à ressortir des placards les vêtements qu’on a portés il y a 25 ans. Mais heureusement cette « deuxième floraison » ne dure jamais. On a besoin d’aller de l’avant. Hier, c’était mon anniversaire. Ça a dû me tracasser plus que d’habitude : la nuit dernière je n’ai pas fermé l’œil, et j’ai ressenti des dizaines de bouffées de chaleur successives.

Ça ne m’était jamais arrivée ; j’avais littéralement l’impression que mon corps se transformait en « autre chose ». J’étais envahie de cette chaleur intermittente et féroce.

Étranges animaux (animales ?) que nous sommes. Je pense aux douleurs des règles, au désir sexuel, aux contractions de la naissance, aux bouffées de chaleur : notre corps est redoutablement puissant, faut-il le contrôler, faut-il se couler dans ses flux ?

Il me semble que nous, qui élevons les enfants, sommes bien plus préoccupées par les questions existentielles que les hommes. Pas seulement par la philosophie, mais par la réalité, la matérialité de la vie. Surtout quand, justement, les enfants partent, et qu’il faut se réinventer. Physiquement. Le temps qui passe se voit dans de minuscules choses. J’ai trouvé cet article sur les emojis très significatif : comment un tout petit dessin inséré ça et là dans un texto peut tout à coup avoir l’air super ringard, ou pas, suivant l’âge de celui qui le voit.

Mais il y a des choses qui ne se démodent pas, et que l’on perfectionne toute sa vie. Par exemple... la recette des frites ! J’ignorais totalement qu’il fallait les cuire deux fois. La « deuxième floraison », ici, fait toute la différence. Allez, on commence à voir le bout du couloir de cette maudite épidémie, profitons de la liberté, du beau mois de mai… et du temps qui passe.

Véronique

Illustration de la lettre « La deuxième floraison »
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

La lettre du dimanche

On continue dimanche ?

Chaque dimanche matin, je vous écris sur nos vies après 50 ans. Sur ce qui m’arrive personnellement... sur ce qui nous arrive collectivement.

D’une lectrice à l’autre

Vous pensez à quelqu’un ?

Faites-lui plaisir et faites-lui découvrir Les Nouvelles Femmes !