Lettre du dimanche · 28 mars 2021
In the air
Aujourd’hui, je vous écris alors que je suis dans les airs. Oui, dans un avion (ça existe encore), en route pour Chicago, la ville ou j’ai longtemps vécu avant de venir à Berlin. Chicago, j’y ai élevé mon fils : ça sera toujours chez moi.
Si un jour on rouvre les portes des voyages et que vous ne savez pas où aller, ne cherchez pas midi à quatorze heures. Allez à Chicago. Le spectacle est extraordinaire pour quelqu’un qui arrive d’Europe, beaucoup plus qu’à New-York. Le lac (on dirait la mer), les dizaines de plages, les jardins luxuriants, les gratte-ciels audacieux, les quartiers résidentiels manucurés…
Le contraste avec Berlin-la-sauvageonne est stupéfiant. Et cerise sur le gâteau, on y mange bien. Super bien. Quand il fait un temps méga-glacial, il n’y a qu’une chose qui réconforte : explorer les lieux ethniques que l’on ne connait pas encore. Ou les restaurants américains qui pratiquent la cuisine « fusion », un mélange intercontinental et interculturel, la plupart du temps aussi plaisant pour les yeux que revigorant pour le ventre.
Le problème, c’est la taille des assiettes. Oui, c’est vrai, les Américains mangent trop. Ils ont même pris près d’un demi-kilo par mois (oui, par mois) pendant la pandémie. Et ils ne sont pas les seuls. Les cinquantenaires aussi. Nous, quoi !
C’est normal : nos ancêtres ont galopé pendant des milliers d’années à la recherche de leur pitance, et dévoraient tout ce qu’ils pouvaient pour anticiper les jours de famine. Nous, c’est la même chose. C’est un vrai sport que de résister. On est poussé à avaler tout ce qui se présente, tout ce qui est sous nos yeux. Par exemple ce qui est rare et qui nous rend euphorique à coup sûr : le sucre. Sauf qu’au XXIème siècle, le sucre a le même don d’ubiquité que les mauvaises herbes. Il nous envahi à petit feu.
Mais comment changer ses foutues habitudes alimentaires ? Je vous ai préparé tout un article dessus. C’est un sujet que je connais bien, j’ai bossé dessus pendant des années. Je sais qu’il est impérissable, tant il est difficile physiquement de modifier nos routines.
Une idée 🤔: à chaque fois que vous êtes tentée de manger trop, ou mal, oubliez un instant toutes les théories en vogue. Pensez à nos ancêtres qui ont super galéré pour s’approvisionner. Et qui nous regardent avec pitié.
Soyez aussi courageuse qu’ils ont été, lorsqu’ils devaient attendre des jours et des jours avant de manger. Et abstenez-vous. En toute conscience. Purement et simplement.
Voilà. Quand vous aurez lu cette lettre, je serai peut-être déjà aux USA. Je contacterai les amies que je n’ai pas prévenu de mon arrivée. Mon cœur bondit de joie par avance, après ces années passées sans les voir. C’est d’ailleurs Valérie, rencontrée à Chicago, qui m’a recommandé de voir cette video. Un documentaire puissant, vraiment, sur Women Wage Peace, l’alliance de femmes israéliennes et palestiniennes de toutes origines sociales, générationnelles et confessionnelles, décidées à mettre la paix en œuvre.
Quelle force lorsqu’on se serre les coudes ! Quelle fierté lorsqu’on fait preuve de courage !
Véronique

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