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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 14 mars 2021

Y’en a marre

Oui, je voulais vous le confirmer : tout le monde en a marre, ras le bol. Vous n’êtes pas la seule. On veut toutes que ça cesse, cette pandémie, ces restrictions. Ne rien faire, rester dans son coin, c’est absolument épuisant.

Crions un bon coup : y’en a marre !!! Et profitons de ce que l’on a : une nouvelle saison qui arrive, les bourgeons, les fleurs, les bestioles la pluie. En attendant le retour de la liberté, j’ai fait le bilan de ma vie d’adulte et de mes choix. En voici un résumé dans cet article qui est paru pour la journée internationale des droits des femmes : « Enfants, carrière, à 55 ans, j'ai déjà eu plusieurs vies et je sais que ça n'est pas fini ».

Le journal a d’ailleurs publié plusieurs témoignages célébrant les femmes d’une cinquantaine d’années, dans le but honorable de « nous sortir de l’invisibilité ». A lire ici. J’y évoque l’un de mes sujets favoris : les alternatives au fait d’être strictement investie dans le travail et la famille. Je me serais terriblement ennuyée (même en ayant un emploi du temps super plein) si je n’avais pas pu partir à l’étranger, et organiser l’éducation de mon fils. Mais j’aurais pu aussi choisir de mener une vie itinérante sur les planches, par exemple, ou dédiée à la politique.

Car le problème du duo « travail + foyer », c’est qu’il nous contraint énormément en termes géographiques.

C’est drôle, quand j’y pense, j’étais prête à travailler moins et à gagner moins d’argent… mais jamais à voyager moins ! Je me souviens très bien, il y a 5 ans exactement, de cette soirée où j’ai annoncé à des amis américains que nous allions déménager en Allemagne, pour que mon fils découvre l’Europe. Mon amie Arpita m’a regardé, totalement interloquée : « Mais moi, je n’aurais même pas le temps d’imaginer pouvoir le faire » ! Elle était tellement prise dans sa vie quotidienne qu’elle n’avait aucune opportunité de simplement se projeter dans autre chose. Je l’ai toujours connu jonglant avec les responsabilités et tentant de deviner à quelle sauce elle allait être mangée. Sans pouvoir prendre de recul, littéralement sans avoir le temps de le faire. Et cerise sur le gâteau, elle avait (elle a encore) un poste qui couvrait toute la planète, donc aucun temps de répit. Elle est brillante et assurément mène une superbe carrière, mais sans jamais cesser de manquer de temps pour planifier à long terme.

Qu’en conclure pour les femmes qui n’ont pas de type de parcours, qui rament, qui s’ennuient ? Le sentiment de ratage peut être réel, ou de passer à côté de sa vie, de ne pas avoir vraiment pris le temps de choisir. Souvent, on ne planifie qu’une fois que les enfants partent. On a bloqué 20 ans pour eux, et ensuite… on inspire. Puis on expire. Et comme cela 50 mille de fois de suite.

OUF ! Oui, c’est dans la cinquantaine que l’on respire enfin. Et ça ne veut pas dire que l’on se tourne les pouces, bien évidemment. On cherche. Et on trouve. Si vous avez besoin d’identifier votre voie et votre raison d’être, attardez-vous sur le concept de l’Ikigai que j’ai abondamment détaillé ici.

Vous pouvez aussi trouver l’inspiration avec cette très belle exposition virtuelle organisée par l’ONU, « I lead by exemple – je prêche par l’exemple ».

Et vous, quel exemple offrez-vous à autrui, où est votre originalité, quelle est votre différence ? Cette pandémie si horripilante, elle nous oblige à sortir de notre train-train miniaturisé pour injecter une bonne dose de créativité et de fun dans nos vies. Profitez-en !

Véronique

Sous la pluie, une femme en manteau jaune ouvre les bras sur son balcon, chaussée de bottes en caoutchouc.
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

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