Lettre du dimanche · 21 juillet 2024
L'héritage, ça vous dit quoi ?
Je ne me suis jamais intéressée aux thèmes de l'héritage et des successions, jusqu'à ce que ma belle-mère décède - et que remontent à la surface d'étranges choix conjugaux. Il faut dire que ma famille à moi n'est pas particulièrement argentée, même s'il faudra un jour qu'on décide du sort de la maison de mes parents, de la grande armoire poitevine qui trône dans le salon, ou des multiples pots de fleurs qui bordent la terrasse - enfin, si mon père, mes frères et moi ne sommes pas obligés de les vendre prématurément, pour financer l'Ehpad où réside ma mère. Et puis mes parents ont déjà donné tout ce qui n'était plus utile ou en bon état.
Bref, je ne voyais pas l'héritage comme un gros truc, une cause de déchirement, une raison soudaine de s'enrichir ou une occasion manquée : celle de se rassurer financièrement au moment de la retraite. Sans grand patrimoine en jeu, on peut dormir sur ses deux oreilles, en fait. C'est quand on n’hérite de rien que l'amertume peut surgir, alors qu'on apprend que cette collègue que l'on fréquente depuis douze ans se retrouve désormais propriétaire d'une résidence secondaire à la Baule. Mais bon, on s'y fait assez vite, à ce nouveau décalage. Peut-être qu'elle nous y invitera, après tout ? Ou alors, quand les comptes en banque se multiplient et que les bijoux de famille sont nombreux, les futurs bénéficiaires deviennent fébriles.
Étrange situation où des êtres aimés (ou pas) doivent mourir pour que l'on puisse accéder à leur fortune. Mélange de culpabilité et de soulagement. Car cela en aiderait beaucoup, celles qui ont élevé seules leurs enfants avec des salaires franchement moyens... alors que leurs parents ont des biens qui pourraient drôlement les dépanner... et que la retraite est dans 5 ans et qu'elle ne sera pas énorme...
Ces situations qui a priori sont en notre faveur peuvent vite tourner au vinaigre quand les autres héritiers ne sont pas sur la même longueur d'onde que nous. Et puis, reconnaissons-le franchement : notre génération compte sur le patrimoine de nos parents. Car ils ont su économiser (c'était la génération née autour de la seconde guerre mondiale) et que nous, on a voulu s'émanciper. Leurs valeurs, c'était de se construire économiquement. La nôtre, c'était de se libérer socialement. Tout cela ne rapporte pas la même chose.
Cette semaine, je vous ai préparé un article sur l'héritage, ce moment unique de la vie, où le couple argent/famille s'emballe, et parfois dérape.
Véronique

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