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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 10 septembre 2023

La vie d’une femme ou la vie d’un homme ?

C’est fou comme parfois (souvent, en fait) j’adore être au bureau. Je travaille beaucoup mieux, beaucoup plus longtemps et avec bien plus de plaisir quand je vois d’autres personnes qui travaillent aussi. Je sens bien que nos neurones se connectent et se rechargent, en complémentarité.

J’ai cette chance inouïe d’être dans un espace de coworking à 100 mètres de la Promenade des Anglais à Nice, entourée de personnes en majorité jeunes, sympathiques et multilingues. On entend du russe, de l’arabe, de l’allemand, de l’anglais, de l’espagnol, et une espèce de charabia de type anglo-lituanien, ou italo-tchèque, ou encore provençalo-tunisien, que je trouve très joli à l’oreille. Il y a même d’authentiques Parisiens, c’est tout vous dire.

Ces gens-là sont bruyants : la plupart passent leurs appels téléphoniques et suivent leurs vidéo-conférences en pleine salle, donc tout le monde en profite. Alors que moi, je m’enfuis sur la Promenade prendre un bol d’air quand je dois prendre le téléphone (oui, je prends pas mal de bols d’air). Mais bon, avec ce retour au bureau après ces 2 mois et demi passés au pied levé chez mes beaux-parents et parents, j’ai l’impression de rajeunir, je vous jure. Tout arrive dans la vie, même rajeunir en écoutant un Ukrainien engueuler son patron en anglais sous le soleil de la

Donc cette semaine, j’ai repris la plume et j’ai adoré ça. J’ai pu composer, enfin, cet article : « Un monde équitable pour les femmes et pour les hommes », qui jusqu’à présent refusait de se laisser rédiger, sur un sujet qui me tient à cœur : les femmes et les hommes… la maternité et l’argent.

Un savant mélange d’idées et de concepts a priori très différents les uns avec autres, comme j’aime les cuisiner à ma sauce. Ça doit être l’effet « retour au bureau dans le brouhaha de la tour de Babel ». Ou peut-être cette magnifique arrière-saison que nous avons ici, loin de la canicule ?

J’y est mis beaucoup de moi, de mes réflexions à ce stade avancé-mais-pas-trop de ma vie de quinqua. J’ai hésité à le publier, mais… voilà. Pas de retour en arrière. En fait, après avoir vieilli chaque jour et sans faute depuis plus de 55 ans, je dois admettre ceci : nous, les femmes et les hommes, nous faisons tellement aspirés par notre culture et notre génération, leurs automatismes, leurs valeurs à la mode, leurs interdits ou leurs combats, qu’on ne réalise pas à quel point on a oublié la place des mères.

La technologie s’est emballée, la maternité s’est minimisée. Le vivant est sur un terrain glissant en ce moment. Depuis 55 ans ? J’ai l’impression que ça n’arrête pas. On parle abondamment du dérèglement climatique et de la perte de la biodiversité, mais on passe sous silence la baisse de la fertilité humaine, l’individualisation des relations dans le couple, l’incroyable sous-estimation de la vie familiale par rapport à ce qu’est devenue la vie financière.

Mon fils se passionne pour l’intelligence artificielle. Fera-t-il partie d’une nouvelle génération qui saura replacer la vie professionnelle à un niveau équilibré avec la vie relationnelle ?

Je souhaite à ceux qui viennent de renverser la vapeur, et de profiter au maximum de leurs enfants et de leur famille. On peut toujours travailler, et beaucoup, avant et après avoir élevé sa famille (femme ou homme). De toute façon, tout le monde va finir par s’ennuyer avec ces décennies de loisirs qui nous tendent les bras après 60 ans…

Véronique

Une femme réfléchit à son bureau ; dans sa bulle de pensée, un homme vêtu comme elle prononce un discours devant des collègues.
Illustration créée par l’IA pour Les Nouvelles Femmes.

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