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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 6 août 2023

Ce ventre, qu’est-ce qu’il nous agace !

Ça m’énerve, je prends des kilos dès que je mange trop. Et mon ventre grossit. Et mon ventre, c’est moi – donc JE grossis. Qu’est-ce que ça m’horripile. Avant je pouvais laisser courir, ma taille retournait à la case départ sans trop d’efforts. Mais là, je commence à comprendre ce que signifie être ménopausée (enfin ça fait un moment que j’aurais dû comprendre, vu qu’il y a plusieurs années désormais que je le suis). Ça veut dire que côté ventre, je ne peux plus faire d’écarts. Et moi, j’adore les écarts !!!

Non seulement j’adore petit-déjeuner, déjeuner, goûter et diner – mais j’aime beaucoup aussi grignoter, picorer et me resservir de toutes ces jolies choses si tentantes qui constituent l’apéritif estival à la française.

Je me souviens, quand j’étais petite, je n’aurais jamais essayé de manger en dehors des repas. Le tabou, chez mes parents, était massif. C’était comme si le frigo était verrouillé par un cadenas. On mangeait à des heures immuables et parfaitement déterminées. Et si on avait faim avant, il fallait ATTENDRE. Pourtant j’étais obstinée et je piquais des biscuits dans les paquets dissimulés par ma mère, que je refermais soigneusement ensuite comme si elle les avait achetés à moitié vides. C’était totalement idiot de ma part, mais c’est vous dire à quel point j’aimais (et j’aime toujours) manger.

Depuis, j’ai rencontré mon mari américain. Quand lui était petit, sa famille ne dinait jamais ensemble, ils avaient tous des tas d’activités qui les empêchaient de se retrouver autour d’une table. Alors il prenait tout seul ses cornflakes quand il rentrait de l’entrainement de la piscine.

Je trouve ça horrible. Et je ne sais pas si la torture provient du fait de manger seul, ou debout, ou de devoir avaler des cornflakes bien froids, ou de ne parler à personne. Ou de se farcir un entrainement à la piscine tous les jours ? Et pourtant. Le concept de manger seul ce qu’on veut quand on veut est désormais bien installé en France, et du coup on se force à se contrôler pour ne pas se laisser tenter.

C’est une des raisons pour lesquelles je passe mes journées dans un espace de coworking, alors que je pourrais facilement travailler à la maison : c’est parce qu’il n’y a ni frigo, ni peanut butter à l’horizon.

Je ne suis pas particulièrement traditionaliste, mais question horaire des repas, l’ancien concept me convenait nettement mieux. La liberté de manger trop, ce n’est pas terrible après la ménopause.

Mon ventre en pâtit, c’est clair. Cette semaine, je vous ai écrit un nouvel article : Aimons notre ventre à la ménaupause , ce truc bombé qui se voit comme le nez au milieu de la figure.

Que représente-il ? Pourquoi voudrait-on qu’il disparaisse ? Car il prend un maximum de place, au propre et au figuré, dans nos vies de femmes quinquas. J’adore quand vous m’écrivez, n’hésitez pas à vous lancer, je réponds toujours et avec grand plaisir. Car en vrai, la raison pour laquelle j’écris, c’est bien pour que vous m’écriviez aussi. Ça me manque drôlement, ces lettres qu’on s’envoyait entre copines, il y a des milliards d’années, quand on était jeunes et qu’on n’avait pas le droit de se servir dans le frigo…

Véronique

Trois amies échangent avec animation autour d’un apéritif sur une terrasse provençale.
Illustration créée par l’IA pour Les Nouvelles Femmes.

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