Lettre du dimanche · 30 janvier 2022
Les saisons, est-ce qu’on les aime ou pas ?
Sous nos latitudes européennes, on en a quatre, de saisons, et ces quatre-là marquent toute notre culture. Je me souviens de Singapour, quasiment sur l’équateur, où la météo, la longueur des jours, et même la pluie qui tombe, sont identiques quelle que soit la date. C’est rassurant pour certains, monotone pour d’autres. Quel contraste avec Berlin ou Chicago, où l’hiver est long comme un jour sans pain. Mais la différence entre les deux est notable : à Berlin le ciel de janvier est gris, à Chicago il est bleu.
Les villes, les pays, sont incroyablement marqués par leurs saisons. La position du soleil quelque part sur terre est tellement importante qu’elle fabrique des cultures entières. L’été peut être vert et pimpant, il peut être aussi blanc et brûlé. Le printemps semble parfois multicolore et léger. Il peut aussi être fade, plein d’humidité moisie. L’automne est superbe en Nouvelle Angleterre ou au Québec : « l’indian Summer » brille de mille feux. Mais ailleurs les tempêtes sont sombres – et le vent rend à moitié fou. C’est l’occasion de vous expliquer pourquoi j’ai déménagé de Berlin à Nice.
Je ne supportais plus l’hiver. Je déprimais avec persistance et assiduité, chaque année. Mais je me refusais à prendre des anti-dépresseurs : je ne peux pas raisonnablement accuser le soleil de m’en vouloir et de m’abandonner ! A moi d’aller vers lui. A Nice, en janvier, je déjeune dehors à midi.
Je ne dis pas ça pour vous faire envie, mais simplement pour vous faire remarquer que le temps qu’il fait quelque part, il ne le fait pas forcément ailleurs. Le temps varie, il n’est pas une fatalité. D’ailleurs, certains n’aimeraient pas ça, le soleil quotidien : ils préfèrent garder ces moments magiques pour l’exception, les vacances. Ils veulent savourer les semaines précieuses où l’on vit dehors, quitte à attendre 6 ou 10 mois pour les obtenir. Ils veulent profiter de l’attente. Imaginer, rêver, sans doute.
Moi je suis tout bêtement sujette à la dépression hivernale. C’est un truc de femmes (à 70%), à tel point qu’on en entend certains qui minimisent ou ironisent sur son existence réelle. N’est-ce pas un truc de midinette immature ? Et bien non. C’est du vrai de vrai, qui aurait été étudié il y a belle lurette si ces 70%-là étaient représentés par des hommes. Au fait, quelle chance on a, nous, de sentir chaque molécule de vie pénétrer dans nos veines dès qu’un rayon parait !
En attendant, j’ai repris la plume dans mon blog (quel plaisir) et je vous présente mon témoignage sur la question.
Et vous, quelle est la place de la météo dans votre cœur ? Où sont vos nuages, où sont vos orages, où est votre soleil ?
Véronique

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