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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 30 mai 2021

Sortir mes cheveux du bois ?

Sortir ou ne pas sortir, that is the question. Êtes-vous prête à repartir de plus belle (ou de moins belle) dans le monde postpandémique ? Je regarde autour de moi, et je vois celles qui sont encore cloitrées, sur les listes d’attente, tenues de faire des tests pour un oui ou pour un non, comme ici en Allemagne. Et celles qui sont passées de l’autre côté du mur, celui de la carte de vaccination.  (Soupir)

Et puis il y a les examens de fin d’année. Parcoursup. Les acceptations (et les refus) d’entrer dans l’université de leur choix – ceux de nos grands loulous. Les stages à trouver pour cet été. Les contrats de travail, hypothétiques. Les chambres à louer, est-ce que cela existe encore ? On ne va pas leur demander de revivre une année comme celle qui vient de se dérouler, hein ?!? Ça fait beaucoup de pression. Sur nous, surtout. Mais attendez. Au bout de la forêt, le soleil se lève. Courage ! Encore un petit effort ! Tenez-bon ! Tout arrive dans la vie, même les bonnes surprises.

Tenez, vous voulez vous changer les idées ?  Pensez à vos cheveux. Oui, oui, à eux, ceux de votre tête. Quand je sature, je m’imagine bonde et frisée, avec une chevelure mega-longue. Ça doit vouloir dire quelque chose, dans mon inconscient bien rempli. Je laisse mes boucles voler dans la brise, telle une princesse de dessin animé, sans s’emmêler, ni casser, ni rien. Ils sont doux. Ils sont soyeux. Ils sèchent instantanément. Ils ne sont jamais gris, car mon inconscient ne vieillit pas. Seul mon corps le fait.

…Sauf qu’en fait, j’ai les poils raides comme des baguettes, qui refusent de pousser au-delà de mes épaules. Ou plutôt, c’est moi qui adore les couper : je me débarrasse des soucis en même temps. Voilà, cette semaine je n’ai pensé qu’à une chose : est-ce que je sectionne ? Est-ce que je laisse ma tête blanchir ?

Comment mes cheveux ont-ils envie d’être, pour fêter la fin de la pandémie ? Je vous ai écrit un article sur ce sujet, « Coiffure : à 50 ans, quelle femme voulez-vous être ? ».

Sortir du bois et retrouver les routes de l’aventure, aussi minime soit-elle, c’est exactement ce qu’on veut. Même tondue. Même barbue. Car les femmes ont souvent dû se travestir pour découvrir les chemins inexplorés. Je vous propose de rencontrer les exploratrices, dont les récits ont consciencieusement été mis de côté, sans raison aucune – autre qu’une effarante misogynie.

Quant à mon inconscient de quinqua, est-il passablement en vrac ? On peut se plonger dans la vision de cette psychanalyste sur la santé spécifique des femmes et le rapport à leur corps. Non, elle ne parle pas de cheveux. Ça manque. Mais vous pouvez quand même lire mon article : je vous assure que du cerveau à la crinière, il n’y a qu’un crâne.

Véronique

Illustration de la lettre « Sortir mes cheveux du bois ? »
Illustration créée par l’IA pour Les Nouvelles Femmes.

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