Lettre du dimanche · 20/09/2026
24 + IA + vidéo = équation du jour
Je me souviendrai longtemps de cette période.
Ou peut-être que non, finalement, je vais m’empresser de l’oublier dès que l’occasion se présentera.
Nous devons quitter cet appartement prêté par des amis dans 10 jours pile pour quelques semaines avant de revenir mi-novembre.
Et nous ne savons toujours pas dans quelle direction nous allons.
Quelques jours en Italie dans le Chianti, ça c’est sûr et certain, pour revoir Kim, une vieille amie du Colorado qui arrive en vacances.
Sans doute aussi en Espagne, Valencia, pour voir si on s’y plairait pendant toute l’année 2027. Oui, nous devons partir pendant un an pour des raisons administratives dont je vous épargne le détail.
(Nous avons aussi lancer une demande de carte verte pour moi aux USA mais on ne sait pas quand nous aurons une réponse. Il est possible que nous rentrions nous installer là-bas... mais il est impossible de savoir quand !)
Vais-je aller à Paris voir mes frères, au cas où nous n’y retournerions pas avant notre départ de janvier ?
Ou alors on pourrait rester à Nice puisque nous avons tant à faire, mon mari et moi ? Le boulot s’accumule pour chacun d’entre nous et nous n’avons pas assez d’heures éveillées pour tout terminer.
Au milieu de toutes ces attentes, prévisions et contretemps divers et variés, nous avons eu un formidable break cette semaine : mon fils était de passage avec l’un de ses amis. Ils sont installés à San Francisco et mènent une autre vie, que nous n’aurions pas pu avoir à leur âge, ni au nôtre d'ailleurs.
Quand nous avions 24 ans, pas une seule personne sur terre ne s’imaginait qu’elle travaillerait un jour dans « l’intelligence artificielle ».
Quelle combinaison de mots parfaitement étrange.
Voila un concept, un métier, une menace, une technologie, une avancée, un pouvoir, une arnaque, une opportunité, un complot, une révolution... un vaste bouillon de cultures qui nous remue au fond des tripes et au fond du cerveau.
Mon mari et moi sommes un peu comme l’IA, en ce moment.
Il ne doit pas y avoir beaucoup de parents de notre âge qui sont dans le même état d’esprit, en train de faire des mega-plans qui changent et qui rechangent.
En fait c’est nous qui avons 24 ans !
Cela nous maintient dans une sorte de jeunesse à l’envers, une jeunesse inattendue, inespérée, qui me rappelle qu’être dans la vingtaine, c’est un concentré d’espoir, de débuts, de déroute, de changements et d’essais en tous genres.
C’est une super période pour ceux qui sont bien entourés et bien formés. On y vit une sorte de prospérité humaine qui est grisante, avant qu’un jour, peut-être, on s’installe en couple et en famille.
C’est une période stressante, et même éprouvante, pour ceux qui rentrent dans la vie d’adulte avec des trous partout - dans leur portemonnaie, dans leur entourage, dans leurs diplômes.
Cette frénésie, ces découvertes, ces contradictions et ces craintes, ce que que je vis en ce moment. Mon coeur bat au rythme de l’IA, finalement, et il bat aussi aussi au rythme d’une vie a posteriori de vingtenaire.
Et je vous le dit : ça va, je tiens le coup et c’est même tout à fait intéressant.
J’aime mieux, beaucoup mieux, ma vingtaine d’aujourd'hui que ma vingtaine d’il y a trente ou quarante ans. Mais quand même, parfois, j’ai une espèce de boule au ventre. Mais j’ai appris à la maitriser, depuis le temps.
Allez, je vous laisse pour aujourd’hui. Je veux vous présenter mon nouveau site la semaine prochaine et j’ai encore beaucoup de travail en perspective.
Mais avant : vous vous souvenez de Florence, avec qui nous discutions du départ des enfants et de la ménopause il y a quelques semaines ?
Nous revoilà ensemble dans une nouvelle video consacrée... aux grands voyages, de ceux dont on se sait pas quand on va revenir.
Si on va revenir.
Florence part s’installer au Japon.
Elle prépare ce séjour minutieusement.
... Beaucoup plus que mon mari et moi, c’est très net.
Mais bon, vous l’avez bien compris : dans l’écriture comme dans la vie, j’emprunte de larges détours, des routes mystérieuses et d'invisibles raccourcis, et je finis toujours par retomber sur mes pieds.
J’ai une boussole dans la tête.
Et vous aussi, vous en avez une, bien sûr que oui ! Et je vous engage à bien en comprendre le maniement, et à vous en servir souvent.
Bon dimanche, excellente semaine à toutes !
Qui sait, vous allez peut-être vous mettre à préparer votre propre drôle de voyage ?
Ne manquez pas la vidéo !
Véronique

La lettre du dimanche
On continue dimanche ?
Chaque dimanche matin, je vous écris sur nos vies après 50 ans. Sur ce qui m’arrive personnellement... sur ce qui nous arrive collectivement.
D’une lectrice à l’autre
Vous pensez à quelqu’un ?
Faites-lui plaisir et faites-lui découvrir Les Nouvelles Femmes !