Lettre du dimanche · 16/08/2026
Cette savante pression de femme à femme
Aujourd’hui on voyage ! Je vous emmène dans l'espace où je travaille sur mon blog. Dans cette époque où nous désirons tant fréquenter des tiers-lieux (ni le domicile ni l’entreprise), je ne vois rien de mieux qu’une bibliothèque. Il y a tout pour se vider la tête, mais aussi tout pour la remplir. Un nettoyage de l’esprit, une évasion mentale, entourée de jeunes et de vieux, de pauvres et de riches, de femmes et d’hommes. Tous venant se ressourcer par la connaissance et par l’imagination.
On peut y parler, doucement bien entendu. Écouter de la musique, visionner des films, s'amuser aux jeux de société, se relaxer et s’adonner au people watching en sirotant une eau tiède du robinet. Il n’est pas interdit de s’endormir occasionnellement, comme Trump dans le cabinet ovale. C’est ce que pratique mon voisin d’en face, d’ailleurs.
Ah, j’oubliais : on peut y lire. Et y écrire. On nous promet un espace café-snack dans celle que je fréquente, à Nice. La France ne possède pas ce type d’endroits à ma connaissance, ou très peu, mais en Allemagne ou aux USA, il y a longtemps qu’ils existent.
Avec un peu de chance, on pourra aussi y commander une bière en fin d’après-midi. Ou un mojito cubain revisité. Ça serait top. Un peu d'alcool aide les gens renfermés à partager des phrases avec autrui. N’est-ce pas aussi la vocation d’une bibliothèque, après tout ? Mais cela ferait ronfler davantage mon voisin. Il faudra peut-être limiter les mojitos, quand j’y pense.
Je me souviens de l’époque où mes parents nous interdisaient de lire à table, mes frères et moi. C’était la pire des règles familiales. Nous adorions lire, et manger, et discuter, en même temps - et nous conservions les magazines en douce sur nos genoux pour ne pas qu’un autre (comprenez : un de mes vachards de frères) nous les pique. Il n’y a pas de meilleure éducation que celle d’interdire avec doigté.
Si on m’avait obligée à lire, je suis sûre que j’aurais résisté de toute mon âme. Je me serais peut-être aventurée du côté des chiffres et des calculs. Mais ouf, je n’en ai pas eu l’occasion. Et je suis restée imperméable à la comptabilité 😅.
On est conditionnée par tant de rites, de croyances, de clichés. Je m’en rends compte chaque jour qui passe. Nous sommes constituées d’une somme de principes, auxquels nous avons un mal fou à résister. Malgré les heures et les heures passées à tenter de s’en défaire, à la bibliothèque et ailleurs.
Cette semaine, je vous ai écrit un article sur une forme fondamentale de ce conditionnement : celle de devenir mère, grand-mère et plus. Cette pression nous colle à la peau, littéralement.
Véronique

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