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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 02/08/2026

Lignées persistantes + interview vidéo !

J’ai reçu beaucoup de messages après ma lettre de la semaine dernière marquant l’anniversaire de décès de ma mère. Je reviendrai un jour sur ces questions de deuil, de transmission et de liens du sang impossibles à rompre, que l’on soit proche ou éloignée de ses parents… ou de ses enfants. Le processus de filiation, qui reconnaît juridiquement l’union d’un enfant et de ses parents (qu’elle soit biologique ou résultant d’une adoption) nous définit pour la vie, purement et simplement.

Il y a décidément quelque chose d’éternellement physique dans la transmission de la vie, quelque chose qui ne s’efface pas, même s’il a l’air d’être invisible. Ces lignées qui s’éternisent pendant des siècles nous captivent.

Le fait que la royauté soit traçable est à mon avis une des raisons majeures pour expliquer la fascination qu’elle exerce sur nous. Ça n’est pas seulement parce que tel roi est riche qu’il est célèbre, c’est parce qu’on sait d’où il vient. Il est riche d’un passé identifié, d’ancêtres que l’on peut nommer, quitte à tricher un peu avec la réalité. Il a traversé le temps, ses descendants feront de même. Il est immortel.

Malgré toutes nos capacités de création, de livres et de techniques, d’art ou d’architecture, la transmission génétique (et le fait que nos enfants portent nos cellules qu’ils infusent dans le futur) nous séduit et nous terrasse, un jour ou l’autre.

Certes, un palais ou un obélisque s’imposent à nos yeux et résistent pendant des siècles, jusqu’à ce qu’ils tombent en poussière. Un humain résistera bien moins longtemps, une goutte d’eau dans le temps qui passe. Sauf qu’il porte et transporte la possibilité extraordinaire de se disséminer.

Chaque roi sait qu’il a un devoir de se reproduire. C’est peut-être son seul devoir, d’ailleurs : ne pas laisser la lignée s’éteindre. C’est la longueur généalogique qui compte, l’intelligence de la persistance au travers des enfants légitimes, des bâtards et si nécessaire des adoptés.

Le cumul de ses descendants créera une œuvre absolument inimitable (et justifie n’importe quel storytelling qui vient renforcer son importance auprès des pauvres errants comme nous, si aisément persuadés qu’ils n’ont pas reçu l’héritage du sang). Elle vient de si loin. Du début du temps ! Et elle ira jusqu’au bout, of course.

L’instinct de vie est irrépressible. Si on le perdait, ça serait la fin du monde. Enfin, la fin du monde des humains. Mais ça n’est pas demain la veille. J’insiste sur ce point, au moment où l’on parle tant des travers de la technologie et des risques de l’intelligence artificielle, et que beaucoup souffrent des effets du bouleversement climatique généré par l’industrialisation du monde : Il me semble que plus les machines seront puissantes, plus les systèmes biologiques se rappelleront à nous - et plus le désir de reproduction sera virulent.

L’artificiel n’éteint pas le naturel - il le renforce. Nous nous agrippons à notre descendance comme le tillandsia à son fil barbelé.

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Bon, pour fêter ce début août, les vacances et la vie douce, je vous invite à regarder une vidéo. C’est Florence Alfonso, encore à peine quinqua, qui m’interview. Elle se lance dans le métier d’accompagnatrice de mères dont les enfants partent, et qui souhaitent redéfinir leur identité.

C’était formidable pour moi de faire le point sur mon expérience après une petite dizaine d’années avec vous. J’espère que cela vous intéressera - et surtout n’hésitez pas à le lui dire !

Véronique

Quatre générations réunies autour d’un album de famille tourné vers elles ; la petite fille porte des lunettes.
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

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