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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 28/06/2026

Conversations de juin

C’est le mois d’août en juin ! Sauf que, manque de bol, nous ne sommes pas en vacances. J’observe que tout le monde ou presque - c’est-à-dire ceux qui n’ont pas encore la clim’ et qui habitent ailleurs que dans le sud-est, demande des devis. C’est la ruée vers le froid ! Cela ne m’empêche pas de travailler.

J’adore les conversations et interviews que nous avons par téléphone (de temps en temps en face en face). Cela me rend heureuse de vous entendre, de vous interroger, de vous interpeller, de vous pousser gentiment ou par surprise vers une perspective inconnue. Et de me laisser surprendre de mon côté, bien entendu.

Le dialogue, c’est toujours réciproque. Chacun possède sa façon d’aider. Moi c’est toujours une personne à la fois, en plongeant dans la conversation où nous allons naturellement, au hasard des mots et au fil des idées, main dans la main.

Je pose des questions aussi facilement que je respire. J’ai appris à le faire car je n’avais pas le choix. C’est en déménageant et en me retrouvant dans de nouvelles cultures, dans de nouveaux groupes, seule face à des personnes hostiles, méfiantes ou indifférentes, que j’ai compris à quel point il est important d’observer en détail, de s’imprégner de l’atmosphère… et de s’adresser directement aux gens.

Regarder et demander. C’est un double exercice qui peut être épuisant quand on n’y est pas habituée. Notre éducation ne nous pousse pas à questionner notre voisin de bus pour le plaisir d’entamer la conversation avec un inconnu (surtout s’il est focalisé sur son smartphone). Pourtant la recherche en neurosciences nous montre que ces small talks insignifiants procurent un plaisir réel. Mais vous et moi, ensemble, dépassons vite cette phase d’approche. Nous avançons dans les vagues de la vie, nous nageons de concert vers l’important, le tracassant, le trivial. Mais aussi le limpide, le merveilleux, le léger-profond - un entredeux que l’on adore.

Nous rions bien sûr. Nous récriminons aussi. Nous comparons. Systématiquement. En particulier ce qu’était la vie quand nous étions jeunes, et ce qu’elle est devenue aujourd’hui.

Nous cherchons peut-être des repères pour deviner ce que sera la vie de demain. Cela nous rassurerait qu’elle soit douce, profonde, sensuelle. Oui, nous aimerions tellement profiter de chacun de nos six sens … car on comprend désormais qu’avec la frénésie mentale, on les a souvent laisser s’échapper… alors qu’ils commencent à s’effacer lentement et sûrement de notre corps.

C’est finalement ce que je retiens de nos entretiens et interviews de 2026 : oui, cela compte beaucoup d’entretenir sa vue, son toucher, son odorat, son goût, son ouïe et sa proprioception - tout ce qui nous permet de percevoir et d’apprécier le monde et les autres avec acuité.

Nous cherchons toutes ça, quand j’y pense. Même si pas une seule d’entre nous ne l’a mentionné explicitement.

Bon, je vous laisse méditer sur la question. En espérant que la fournaise ne vous ait pas encore réduite en bouillie.

Véronique

Deux femmes discutent avec animation dans un jardin méditerranéen, tandis qu’une troisième téléphone à l’arrière-plan.
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

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