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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 1er mars 2026

Du futur au passé

Comme c'est agréable, ce soleil ! On sous-estime l'effet de la météo sur nos humeurs, et donc sur nos vies. Je vous en ai parlé de multiples fois, mais il faudrait quand même que des chercheurs décryptent et décrivent l'effet du soleil, du vent, de la pluie, de la neige ou de la grisaille, surtout quand ils sont en quantités inhabituelles, sur notre comportement individuel et collectif.

Je suis persuadée qu'on trouverait une corrélation très forte entre le climat et les mœurs, les inventions, les pratiques religieuses, etc. Peut-être que la nourriture, que la météo autorise à produire, nous conditionne en profondeur ?

Déjà la crise environnementale, c'est à dire les effets de la transformation du climat, nous affecte de façon intime et provoque une véritable crise de confiance dans l'humanité. C'est incroyable comme nous ne sommes que des petites pièces du gigantesque puzzle universel et que nous ne pourrions pas exister sans celui-ci.

En tous les cas, ces rayons de soleil qui pénètrent dans notre corps par la peau et par les yeux après des semaines de pluie sont absolument merveilleux. Et ces plantes qui commencent à fleurir ! Il y a au Costa Rica une vallée centrale où le climat est identique toute l'année, ni chaud ni froid, et où tout pousse indifféremment quelle que soit la saison. C'est une des "blue zones", où les habitants sont supposés vivre bien plus longtemps que la moyenne, avec moins de maladies physiques et sociales.

Je suppose que la planète Terre est un genre de Blue Zone à elle toute seule, un point unique de l'univers où la vie peut se permettre de prospérer - c'est à dire ou des "êtres" naissent et meurent en abondance, comme si les ressources étaient illimitées et infinies ! Un vrai paradis !

Le jour où ça ne sera plus le cas, il faudra bien qu'on arrête le gaspillage et qu'on se fossilise pour pouvoir durer. Il y a déjà des gens qui investissent plein d'argent dans l'immortalité. On se demande pourquoi : qu'est-ce que l'existence va leur paraitre insipide, au bout d'un moment, à force de contempler des pierres et des ordinateurs.

A moins que le monde vivant ne soit entièrement transféré en virtuel ? Ces désirs de mourir le plus tard possible alors que les tempêtes se succèdent et que les ressources se dégradent m'interrogent. Est-ce que ces scientifiques n'y verraient pas l'occasion de refaire la totalité de la surface de la Terre, et en plus ce qu'il y a dessous et dessus ?

Transformer la planète en une grosse machine qui fonctionne de façon autonome et prévisible, ça va bien finir par prendre une forme ou une autre. Ils sont bien en train de créer une intelligence absolue et prodigieuse, et plus vite qu'on ne le croit, alors, pourquoi ne pas rénover le globe terrestre, après tout, pour capitaliser dessus ?

J'aime toujours autant ce qui traite de l'avenir. Mais je n'oublie pas non plus de réfléchir à mon/notre passé et sur les évolutions que nous avons assimilées... ou pas. Sur ce point, j'ai largement repris ma newsletter de la semaine dernière pour vous écrire un article plus clair sur le fond de ma pensée : devons-nous considérer les relations homme-femme selon le code qui était en cours quand nous étions jeunes ou selon la vision actuelle de nos filles ? Et comment intégrer les théories futures qui vont se succéder et qui vont remettre en cause celles qui sont aujourd'hui à la mode ?

Cette prise de tête paradoxale est caractéristique de la crise de la cinquantaine, quand nous réalisons vraiment que les conventions et les convictions de notre jeunesse ne sont plus partagées par les jeunes... que nous avons pourtant nous-mêmes élevés !

Les profs connaissent bien cette distorsion entre l'état d'esprit dans lequel ils ont débuté leur carrière et celui où ils se trouvent quand ils la quittent. Est-ce que ce sont les jeunes qu'ils encadrent qui ont trop changé... ou eux-mêmes qui ne l'ont pas assez fait ?

Comment comprendre la puissance de l'air du temps dans nos vies ? Le temps qui est passé, le temps qu'il fait dehors, tout cela agit largement sur nous, mais souvent de façon souterraine.

Véronique

Une femme en pull rayé profite du jardin botanique ; une petite grenouille est posée sur une pierre au bord de l’eau, près des iris.
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

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