Lettre du dimanche · 30 novembre 2025
Thanksgiving in Ohio 🇺🇸
Ça faisait des années que je n'avais pas participé à un Thanksgiving aux USA. Bien sûr, nous ne manquions pas la dinde, la cranberry sauce et le pumpkin pie quand nous habitions à Berlin et à Nice, mais ils n'avaient jamais la même saveur. Et puis en France, on privilégie le décor et le service, on s'assied tous ensemble à la même table, on fait suivre les plats les uns derrière les autres et on ne regarde pas les matchs de football américain tout en se goinfrant. Ici, dans une banlieue éloignée de Columbus, Ohio, tout le monde y va de son plat préféré que l'on dépose sur l'immense ilot de la cuisine.
On s'assoie au hasard (ou bien on reste debout) et on mange des choses incroyables et délicieuses dans des assiettes en carton avec des couverts en plastique. Pas de vin au menu mais des cocktails savants, en plus des canettes de sodas de rigueur. J'adore ce côté anti-protocolaire des Américains. La nourriture est bien plus variée et sophistiquée que ce que l'on imagine, mais l'atmosphère ressemble nettement plus à des retrouvailles d'étudiants qu'à un banquet du troisième âge. Qu'est-ce que ce pays change vite. J’ai la sensation que chaque nouvelle tendance se répand à une vitesse prodigieuse et que les mœurs diffèrent de plus en plus de nos habitudes europeano-provinciales.
J'ai toujours pensé que les Américains auraient dû inventer une autre langue après la séparation d'avec l'Angleterre, et qu'ils auraient aussi dû changer de couleur de peau - quel que soit leur pays de provenance. Ces gens sont parfaitement distincts de tout ce qui se trouve sur Terre. Pour pouvoir vraiment prendre conscience à quel point ils sont uniques, il faudrait s'imaginer qu'ils sont verts et qu'ils parlent martien. Entre ces maisons cossues en bois peint, on ne trouve ni murs ni haies ni barrières (totalement interdits) mais des arbres immenses et des kilomètres de sentiers accessibles PMR sillonnant au travers d'une pelouse parfaitement verte et parfaitement tondue, malgré les températures frigorifiques.
Tout respire la tranquillité chaleureuse et ostensiblement hospitalière. En apparence, on est loin des cris vindicatifs du Président - en réalité, on s'en préoccupe quand même beaucoup. Je vous envoie cette lettre ce samedi soir pour qu'elle vous trouve pimpante pour votre petit-déjeuner. Wish you a wonderful Sunday and a great week!
Véronique

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