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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 9 novembre 2025

Les autres et moi...

Au cours d’une randonnée il y a 10 jours, un ami divorcé de 60 ans m’expliquait que, la sexualité ayant perdu de son importance et de son attrait, il était prêt à reconstruire un couple… platonique. Mais à une condition : que sa conjointe soit « comme lui », avec les mêmes goûts et la même vision de la vie. Ça m’a scotchée. Je n’avais jamais entendu une telle approche de la part d’un homme. Pourtant je ne vous apprends rien en vous disant que nos besoins changent au cours du temps. Une fois qu’on a élevé des enfants, les choix conscients et assumés peuvent (et doivent) devenir différents de ceux de notre jeunesse.

Nous avons besoin d’amour, de beaucoup d’amour, d’en prendre et d’en donner à profusion, de la naissance à la mort - et l’amour se cache sous de multiples formes. Dans le cas de mon ami, la solidité du couple pendant le dernier tiers de la vie s’avère plus importante que l’expression de la sexualité. J’ai trouvé cette remarque très intéressante, signe peut-être d’un tournant existentiel chez les hommes. Nous, les femmes, avons tendance à vouloir plaire à tout prix pour qu’ils s’attachent à nous physiquement - visiblement, ça n’est pas toujours la bonne méthode.

Quoi qu’il en soit, il est essentiel, pour celles d’entre vous qui désirent rencontrer un « autre » et évoluer ensemble, de réfléchir en profondeur à vos motivations et à ce que vous êtes prête à partager ou pas. Une relation romantique, sexuelle, amicale, spirituelle, familiale, fraternelle, intellectuelle, sportive, fusionnelle, distante… tout peut se mettre en place, finalement. Du duo amical au célibat ponctué d’aventures, du couple illégitime au remariage réussi, tout se conçoit et se pratique. Cela devrait rassurer les quinquas seules en quête de l’âme sœur : celle-ci pourrait bien prendre une forme inattendue. Il est aussi intéressant de réaliser que mon ami, contrairement à mes suppositions, n’est pas particulièrement enclin à trouver une compagne plus jeune. Il veut une femme « comme lui » - une double et une égale.

Au XXème siècle, cela l’aurait probablement dévalorisé tant on estimait que les femmes ménopausées étaient croulantes. Aujourd’hui rien n’est moins sûr : les femmes ménopausées que nous sommes sont en pleine forme. Cette semaine, je vous ai écrit le 3ème article de ma série sur la renaissance. Vous l’avez compris, il traite des relations. Pas seulement du couple bien sûr, mais de toutes ces fréquentations qui nous sont essentielles pour nous donner une raison de vivre.

Véronique

Illustration de la lettre « Les autres et moi... »
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

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