Lettre du dimanche · 20 juillet 2025
Un peu pluvieuses, les nouvelles
Ce matin il pleut dans le ciel. Quelle étrange sensation. Je n’ai pas vu de pluie depuis des semaines, hormis les déluges de Hong Kong, qui démarraient et s’arrêtaient en un instant, comme déclenchés par un interrupteur divin. Ce matin, il pleut dans mon cœur. Ma mère a été transportée aux urgences vendredi soir, son état s’est dégradé soudainement. Elle ne peut plus avaler quoi que ce soit sans rendre des litres de bile, sortis d’on se sait où. Son interrupteur à elle se dérègle, on ne sait pas comment elle va s’en sortir. C’est une nouvelle difficile à avaler pour nous aussi, alors que mon père est parti il y a tout juste 6 mois.
Va-t-elle remonter cette pente ultra savonneuse ? En tous les cas, nous organisons un retour d'ici 10 jours vers l’Ehpad où elle vit normalement, qui nous semble être un havre de paix comparé à l’hôpital. Un paradis de gentillesse et de sérénité, même, alors que nous sommes en pleine période de vacances et que le personnel manque partout. Maman s’était beaucoup rapprochée d’une infirmière de l’Ehpad, Fanny. Fanny l’a merveilleusement accompagnée après le cataclysme du décès de mon père. Fanny, cette fois-encore, fait tout pour que ma mère soit prise en charge correctement au CHU et revienne à l’Ehpad finir ses jours - puisqu’il semble qu’ils pourraient bientôt s’achever. Elle organise aussi une visite des soins palliatifs, dès lundi.
Au cas où. Qui aurait cru que l’Ehpad redouté d’il y a deux ans devienne si cher à notre cœur à tous ? Qui aurait pensé que maman se transformerait aussi vite ? Elle qui aime tant manger. Sa personnalité aussi s’est transformée, elle se laisse faire comme une petite fille heureuse, sans une once de cette angoisse qui l’a tenaillée toute sa vie... Je vous tiens au courant bien sûr. J’espère qu’il va continuer de pleuvoir, nous en avons tant besoin.
Quant à ma mère, je ne sais pas ce que j’espère, c’est aussi le ciel qui décidera de son sort.
Véronique

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