Lettre du dimanche · 13 juillet 2025
Nouveau départ
Je me souviens très bien. C'était il y a 5 ans. Mon fils allait commencer ses études, au loin, en plein Covid. Quelle aventure ça a été, je vous en ai souvent parlé. Car tandis que lui changeait de vie, moi aussi je connaissais une toute nouvelle étape, qui s'est révélée jour après jour avec ce blog. Et ce matin, surprise surprise ! Je vais conduire mon fils, riche de 5 années supplémentaires, à la gare. Il filera vers Roissy et s'envolera pour San Francisco. Il part travailler ! Sa vie scolaire, débutée quand il avait trois ans - et qui aura donc duré 20 ans - s'achève.
Son premier vrai boulot. Il est devenu un homme, et non plus un jeune homme. Il va devoir suivre de nouveaux ordres, prendre de nouvelles initiatives, construire de nouvelles relations - qui ne viendront plus des profs et des étudiants mais des patrons, des clients, des collègues. Il va gagner de l'argent. Il va louer un appartement. Il va se mettre dans la peau de quelqu'un qui a un métier. De quelqu'un qui a une fonction sociale déterminée par des responsabilités, des missions, des objectifs. Il va prendre de l'importance à nos yeux d'adultes, puisqu'il aura un titre officiel, un pouvoir défini. il sera notre égal - et peut-être même un jour notre supérieur. Il ne sera plus en situation d'apprentissage mais en situation de pratique.
Ses actions auront des effets et des répercutions. Il changera de regard sur nous, et nous sur lui. Au cours de nos années de quinquas, on perçoit chaque jour le changement chez nos enfants, qui passent de stade en stade très vite. C'est une période passionnante, pleine de rebondissements, de découvertes, de séparations, de doutes, de larmes parfois, de merveilleuses retrouvailles. Les choix se font et se défont - on sait que les événements qui s'y déroulent seront déterminants et cela nous tracasse souvent, nous les mères. Mais cela nous porte vers l'avant aussi, car nous vivons beaucoup à travers nos enfants.
Les quinquas ont des vies intenses, n'est-ce pas ? Bonne chance à toutes celles dont les enfants commencent leur parcours professionnel cet été. Nul doute que les rebondissements viendront encore, et c'est formidable - je ne souhaite à personne une vie monotone, lente et prévisible (sauf à celles qui le désirent ardemment bien entendu).
Véronique

La lettre du dimanche
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Chaque dimanche matin, je vous écris sur nos vies après 50 ans. Sur ce qui m’arrive personnellement... sur ce qui nous arrive collectivement.
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