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Les Nouvelles Femmes

Lettre du dimanche · 22 juin 2025

Drôle de petit-déjeuner pékinois

Bien arrivée à Beijing, dans la chaleur et l’humidité, les vélos, les mini-mini-scooters, les centres commerciaux gigantesques, les boulevards périphériques concentriques et interminables, les campus verdoyants. C’est la première fois que je viens en Chine - j’ai beaucoup fréquenté l’Asie du Sud-Est il y a plusieurs décennies - et je suis absolument enchantée. Nous sommes dans la capitale quelques jours avec mon fils, qui y a effectué un master « Global leadership » aux côtés de 143 autres étudiants débarqués des quatre coins de la planète. La remise des diplômes aura lieu dans deux heures.

J’adore, j’adore, j’adore découvrir l’inconnu. Pour certaines d'entre nous, 50 ou 60 ans, c'est l'âge des premiers vrais grands voyages au loin. Profitons-en, rien ne nous rajeunit autant que de bousculer nos rythmes et notre train-train. La première chose que je note, c’est la faiblesse du niveau sonore comparé à Nice, où les motos et les mobylettes font un boucan d’enfer. Ici, les véhicules électriques de toutes tailles roulent lentement et la circulation dense n’épuise pas le cerveau des passants. Vivement l’obligation de rouler moins vite et sans essence en France !

La deuxième chose, c’est la sveltesse des habitants qui ont l’air en pleine forme, à défaut d’être souriants. On est loin de cette impression de malaise quand on arrive à Chicago et que nos yeux doivent apprendre à ne pas remarquer les super-obèses qui se déplacent dans l’aéroport en fauteuil roulant XXL. La troisième chose, c’est mon ventre qui la perçoit : la variété alimentaire est absolument incroyable. Nous sommes allés diner, le jour de notre arrivée, dans la cafétaria de l’université. Chacune des 31 provinces de Chine est représentée par des dizaines de plats locaux, préparés en continu par une armée de cuisiniers invisibles, le tout sur 3 étages grouillants d’étudiants agrippés d’une main à leurs baguettes et de l’autre à leur téléphone portable.

Ici tout est digitalisé, bien plus qu’en Occident. Installés dans le lobby de notre hôtel, on suit en direct sur notre téléphone le décompte des secondes qui restent avant que le feu de notre taxi, à 3 km de là, ne passe au vert et qu'il redémarre. Impossible de faire quoi que ce soit sans smartphone, à commencer par payer. C’est ainsi que je me régale de petits-déjeuners composés de légumes uniquement. Sautés, connus ou mystérieux, algues élastiques, champignons tortueux et tofu pétri comme de la pâte à modeler, sous de multiples formes et couleurs. Je termine par trois sortes de patates douces… et quelque chose qui ressemble à des salsifis, avec un clin d’œil à ma grand-mère paternelle qui nous les réservait pour les grandes occasions.

Trop cool.

Véronique

Illustration de la lettre « Drôle de petit-déjeuner pékinois »
Illustration créée avec l’IA pour Les Nouvelles Femmes, sous la direction de Véronique Mokski.

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