Lettre du dimanche · 13 avril 2025
Du choix et des serrures
Je discutais l’autre jour avec mon fils. Il était confronté, une fois de plus, à un choix cornélien. Plusieurs options intéressantes s’offraient à lui simultanément, et il s’interrogeait sur la façon de sélectionner la meilleure. Il fait partie des gens qui ont le choix. Je pensais, pendant notre conversation, que pour ma part, je n’ai jamais eu ce type de problème : des sollicitations multiples qui déboulent en même temps, le principal problème étant de distinguer le super du meilleur. Comme je suis en train de visiter des appartements à Nice (totalement hors de prix, soit dit en passant), tout cela m’inspire une analogie immobilière.
A son âge (22 ans), mon problème à moi était bien plus de créer les opportunités que de les sélectionner. C’était de se persuader qu’en tâtonnant, qu’en se démarquant, oui, on trouverait une ouverture qui pourrait nous mener quelque part. Même s’il fallait rencontrer un mur porteur indémolissable (l’inégalité de traitement, le machisme…) et les voies sans issue. C’était comme si pour sortir de notre appartement clos, il fallait se retrousser les manches et ouvrir soi-même une porte. A la pioche. Lui, mon fils, il a des tas de portes déjà ouvertes droit devant lui. Il est déjà dans le bon bâtiment, avec des ascenseurs partout, qu’il suffit de mettre en branle. Il pourrait facilement se prélasser dans les corridors et ne jamais en sortir, mais ça n’est pas du tout son genre. Il sait profiter de sa chance.
Il veut poursuivre l’agrandissement du site, dessiner les plans, les accès, les raccourcis et les sous-sols. Il pourrait même connecter les bâtiments entre eux, faire des rues, des quartiers, des villes entières ! Je suis fascinée par les gens qui mettent vraiment en œuvre leurs talents et leur savoir-faire. Je sais aussi que c’est une caractéristique typiquement masculine : supposer (et accepter) que l’on peut se consacrer corps et âme à un objectif ambitieux, de long terme. Nous les femmes, avons été formatées pour le court terme, le quotidien, la mise en œuvre.
Pas la conception architecturale. Est-ce la culture, est-ce l’instinct, est-ce le caractère, est-ce la pression familiale, est-ce la génération, est-ce tout cela à la fois ? En tous les cas, je constate encore et encore que les femmes, et surtout les mères, assurent sur de multiples fronts tout en demeurant tapie dans leur appartement pas forcément modèle, jusqu’à ce que leurs enfants quittent l’immeuble. Alors elles peuvent ouvrir les yeux et partir à la découverte de dédales inconnus, percer de nouvelles fenêtres, construire des terrasses où un monde immense apparait sous leurs yeux.
Certaines le font, d’autres pas. Certaines y sont obligées. D’autres sautent sur l’occasion. D’autres n’oseront jamais. Mais cette opportunité est unique. C’est celle de la cinquantaine, quand on a encore tous nos muscles et plein de force - et qu’une bonne idée de ce qu’on peut vraiment apporter dans le monde, hors les murs, se met à nous titiller. Si, vous aussi, vous voulez agrandir votre intérieur et aérer votre vie mais que vous ne savez pas comment vous y prendre, Si, vous aussi, vous aimeriez un jour être multi-sollicitée au point d’avoir l’embarras du choix, alors appelez-moi et commençons ensemble à faire les plans de votre avenir.
Véronique

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