Lettre du dimanche · 6 avril 2025
Coup de pouce, coup de fil !
Récemment, j’ai eu plusieurs d’entre vous me posant des questions pressantes, ou demandant me parler le jour même, ou de façon urgente. Je réalise que non seulement je trouve que c’est un bon réflexe de votre part, mais que c’est aussi très utile. Parfois, on renonce à partager ou à se faire aider, car il faut prendre rendez-vous et que l’on sent bien que ça n’est pas la semaine prochaine qu’il nous faudra résoudre une difficulté - c’est maintenant. Autrement dit, ça n’est pas toujours la semaine prochaine que l’on sera dans un état d’esprit propice au progrès, aux interrogations, aux aveux, au renoncement, au besoin de solutions : c’est tout de suite que l’on est prête à rebondir, en direct branchée sur les soucis du moment. C’est quand même formidable, quand j’y pense, de pouvoir être boostée sur le coup.
De partager son désarroi alors qu’on est en plein dedans. Comme quand on rentrait de l’école et qu’on pouvait déverser sans crainte sa joie ou sa colère sur une personne bien réelle et présente qui nous attendait à la maison, exactement préparée à recevoir toutes nos émotions et nos interrogations – n’importe lesquelles. Celles d’entre vous qui n’avaient ni mère, ni grand-mère, ni grand frère, ni chien, ni chat pour cueillir et éplucher leur ressenti savent combien cela manque. La spontanéité compte beaucoup pour évacuer les vicissitudes de la vie, mais aussi pour cultiver les bonnes idées qui traversent notre esprit ou tempérer les humeurs envahissantes. Il y en a parmi vous qui aiment préparer et se préparer, qui attendent que je les questionne, qui se régalent de ce moment longtemps à l’avance.
Les grandes questions stratégiques ou existentielles peuvent attendre – et elles gagnent à être résolues dans la lenteur, dans la réflexion. Et puis il y a celles d’entre vous qui fonctionnent à l’impulsion ou qui se sentent prêtes à certains moments et pas à d’autres. Elles ont besoin d’un éclairage tactique - de sortir d’une impasse ponctuelle, de dépasser un dilemme, de faire preuve d’inventivité soudaine, de retrouver une perspicacité qui leur échappe, de faire un saut créatif, de décider entre plusieurs options, de formuler ce dont elles ne trouvent pas les mots.
Toutes ont besoin d’en parler avec un tiers – en l’occurrence avec moi. Pour peser le pour et le contre, évaluer le risque et le bénéfice, mesurer leur avancement ou leur recul, se préparer aux bonnes et aux mauvaises nouvelles. Parfois nous parlons d’un futur qui ne durera que deux heures… parfois on s’étend sur un futur qui durera quinze ans. Tout ce qui est important n’a pas la même durée, mais cela vaut toujours vaut le coup d’en discuter, de le partager, de le comparer. De s’entendre réfléchir tout haut. Cet échange fructueux aide énormément. Ce dimanche matin, je voulais donc insister sur l’art d’intervenir au bon moment - celui où vous en avez besoin.
Celui où l’on peut redresser très vite une situation avant qu’elle ne se détériore, corriger un mauvais geste, rectifier une communication malencontreuse, interpréter un dialogue sous un autre angle, se mettre en condition pour un événement sensible, réinfuser de la motivation manquante, comprendre ce qui parait opaque. … Ce petit coup de pouce propulsé de l’autre bout du téléphone, il remet sur les rails pour la journée, la semaine, voire beaucoup plus. Ce petit coup de pouce, vous avez peut-être eu la chance d’en bénéficier quand vous étiez petite. Ou peut-être pas. C’est une histoire de confiance mais aussi de soulagement : on s’exprime, on prend du recul et on passe sereinement à autre chose.
À 50 ou 60 ans, on a toujours autant besoin de s’adapter aux sautillements intempestifs de l’existence - pas seulement de planifier une longue trajectoire de vie. Tout cela pour vous dire que je prends vos appels à n’importe quel moment, si je suis dispo bien sûr. Alors n’hésitez-pas si vous en avez besoin. J’adore être présente, exactement au bon moment.
Véronique

La lettre du dimanche
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Chaque dimanche matin, je vous écris sur nos vies après 50 ans. Sur ce qui m’arrive personnellement... sur ce qui nous arrive collectivement.
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